Le milieu de terrain Gareth Barry à terre comme City battu à Dortmund en LDC
A l'image de Gareth Barry, Manchester City est tombé à Dortmund (1-0) et quitte la Ligue des champions sans victoire | CHRISTOF STACHE / AFP

Ligue des champions : Manchester City n'y arrive pas en Europe

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Manchester City n'avait cessé de grandir depuis son rachat par le Cheikh Mansour en septembre 2008. Une coupe puis un championnat d'Angleterre étaient venus valider les colossaux investissements consentis par son propriétaire émirati. Sa précoce élimination en Ligue des champions, d'où elle sort sans la moindre victoire, est un véritable coup d'arrêt. L'autre club de Manchester n'est toujours pas un grand d'Europe.

Premier club anglais incapable de glaner le moindre succès en phases de groupes de la Ligue des champions. Tel est le dernier fait d'arme d'une équipe de Manchester City pourtant plutôt habituée aux succès ces dernières saisons. En s'inclinant à Dortmund (1-0) hier soir, les Citizens terminent fanny la phase de groupes de la Ligue des champions. Derniers de leur groupe, les hommes de Roberto Mancini quittent prématurément la scène européenne, perpétuant la récente malédiction du champion d'Angleterre en titre dans la compétition. Couronné sur le sol de Sa Majesté en 2011, le voisin et rival honni Manchester United avait connu le même sort l'an dernier, dans un groupe bien plus abordable. Mais eux s'étaient tout de même qualifiés pour la Ligue Europa. Une maigre consolation que les "Skyblues" n'ont pas été capables de décrocher en Allemagne.

85 minutes à Bernabeu et c'est tout

Placés dans le "groupe de la mort" en compagnie du Real Madrid, du Borussia Dortmund et de l'Ajax Amsterdam, les Citizens ont seulement fait illusion 85 minutes lors du match inaugural face aux Espagnols. Pour le reste, City a toujours couru après le score à domicile, s'épuisant pour décrocher trois matches nuls, ses seuls points dans la compétition (0-1 puis 1-1 contre Dortmund, 0-2 puis 2-2 contre l'Ajax, 0-1 puis 1-1 contre le Real). Cette force mentale, éprouvée lors de l'obtention de son titre de champion l'an dernier (but décisif à la 93e minute du dernier match de la saison) mais également à domicile sur la scène européenne, n'a pas eu le même écho à l'extérieur.

Un mental friable loin de l'Etihad Stadium

Lors de la 1ère journée, Kolarov donnait l'avantage aux siens à la 85e à Bernabeu. Une victoire de prestige semblait se dessiner, mais Benzema (87e) puis C. Ronaldo (90e) en privaient les coéquipiers de Samir Nasri. Sur la pelouse de l'Ajax, malgré l'ouverture du score par le Français, les Britanniques avaient sombré corps et biens (3-1). Au Westfalenstadion ils n'ont même pas combattu. "Il y avait de l'intensité, mais elle a disparu une fois qu'ils ont marqué, ce qui est dommage dans la mesure où nous avons déjà prouvé que nous sommes une équipe capable de renverser la situation", a déploré Joe Hart. Le gardien mancunien a d'ailleurs été le seul au niveau, en attestent ses 28 arrêts sur la phase de groupes qui en font le portier le plus sollicité du Continent.

Des cadres hors-sujet

A l'inverse, les autres cadres ont failli, à l'image d'une attaque en panne sèche. Le quatuor de fines gâchettes Balotelli, Tevez, Aguero et Dzeko, terminent avec un famélique bilan comptable (4 buts, 1 passe décisive en 6 matches). David Silva, Yaya Touré et Samir Nasri n'ont guère fait mieux (2 buts, 1passe décisive). Enfin, Joleon Lescott et Micah Richards, hommes de base du technicien italien l'an passé ont peu joué (2 et 1 match), au profit de Nastasic, jeune défenseur inexpérimenté de 19 ans. Une inexpérience que Man City n'a cessé de payer. Si l'échec est cuisant au vu de l'effectif et du pouvoir financier des Citizen, il faut se souvenir que l'autre club de Manchester n'a redécouvert la Ligue des champions que l'an dernier. Dans le groupe du Bayern et de Naples, les troupes de Mancini avaient flirté avec les huitièmes de finale (3e avec 10 points). Pour franchir ce cap, outre un peu de chance au tirage, il faudra à l'actuel deuxième du championnat anglais attirer des joueurs mieux rompus aux joutes européennes. Yaya Touré et un Maicon vieillissant sont les deux seuls joueurs de l'effectif à avoir soulevé la "Coupe aux grandes oreilles". Dans un club qui ne l'avait plus disputé depuis 1969 avant sa réapparition la saison dernière. La culture de la Coupe d'Europe ne s'inculque pas en un jour. Encore moins en deux ans.

Jérôme Carrère

Jerome Carrere