Thierry Gomez : "Le Mans en Ligue 2, ce n'est pas complètement fait"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Michel Goldstein
Thierry Gomez
Thierry Gomez, le président du Mans. | PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Philippe Renault

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Alors que l'assemblée générale de la Ligue de football professionnel (LFP) a décidé, cet après-midi, de ne pas appliquer de relégation à l'issue de la saison de Ligue 2, le président du Mans, Thierry Gomez, se veut satisfait mais prudent. Car son équipe, 19e de L2, comme celle d'Orléans, dernière du championnat, pourraient se maintenir en Ligue 2. Mais la décision définitive ne sera donnée que par la FFF, qui pourrait revenir dessus.

Comment s'est passée cette assemblée générale qui était très attendue cet après-midi ? 
Thierry Gomez :
"Plusieurs sujets ont été abordés, dont un sujet important qui nous concerne sur le vote du passage de la Ligue 2 à 22. Une majorité s'est dégagée et je pense que c'est une très belle victoire pour l'ensemble du football. Face à cette période dans laquelle on vit depuis deux trois mois, c'est un vrai élan de solidarité de la part des clubs. Il faut le signaler et on tient à les remercier. C'est aussi un vote qui est en parfaite conformité avec la convention qui existe entre la FFF et la LFP qui permet à la Ligue 2 de pouvoir s'organiser dans un format entre 16 et 22 clubs.

"Je souhaite vraiment que la FFF se saisisse du dossier parce qu'il faut que ce soit la victoire de tout le football"

Maintenant, on est très respectueux du règlement et on pense que la FFF va sûrement se saisir du dossier. Ainsi, on a pris cette première victoire, bien sûr, avec beaucoup de joie parce que c'est important de montrer ce type de solidarité dans le monde du football. Mais on l'a aussi prise avec beaucoup d'humilité et on attend patiemment que la FFF se saisisse du dossier. D'ailleurs, je souhaite vraiment qu'elle s'en saisisse parce qu'il faut que ce soit la victoire de tout le football."

Cette décision de passer à 22 est un geste de solidarité, mais est-ce que cela va être viable ? 
T. G :
 "Oui bien sur, pourquoi cela ne serait-il pas viable ? A l'étranger, de nombreuses divisions sont à 22. Et c'est à titre exceptionnel ? Tout le monde est d'accord pour dire que, ce qu'on vit depuis deux mois, est une crise inédite. Il était légitime que le football montre cette solidarité. Et la solidarité existe aussi dans le monde amateur. Dans les ligues régionales aussi il y a des changements de format, certaines divisions sont passées de 14 à 16 équipes par exemple. On est donc en pleine cohérence avec ce qu'il s'est passé dans les ligues régionales. 

Est-ce que vous pensez que Noël Le Graët, qui n'était pas partisan d'une ligue 2 à 22, va faire marche à arrière et exhausser votre voeu ? 
T. G :
 "Non, ce n'est pas forcément faire marche à arrière. Je pense qu'il fallait attendre qu'il y ait un vote à l'AG. C'était le premier point important. Maintenant, il y a eu ce vote avec l'ensemble des clubs professionnels, de l'ensemble des familles : entraîneurs, administratifs, joueurs. Donc c'est quand même un vote fort qui montre une solidarité. C'est une étape clé. On l'a toujours dit, il fallait se concentrer étape par étape."

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C'est important pour Le Mans de rester en Ligue 2 ?
T. G : "
Oui bien sur, tout comme Orléans. On a un vrai projet qui est dans les cartons pour recréer notre centre de formation, projet d'investissement de plusieurs millions d'euros, on a des emplois qui attendent pour trouver ce centre de formation et son agrément, donc forcément c'est important pour Le Mans. Et on l'a montré, on a eu une des meilleures moyennes de spectateurs cette année. On a rempli le stade à de nombreuses reprises. Et c'est un vrai besoin en Sarthe, au Mans. On a un vrai rôle à jouer dans le domaine économique et aussi dans le domaine social. Ce matin, tous nos supporters, qui pour certains sont au RMI, ou au chômage, et qui vivent à travers le football, ont décoré toute la ville avec des banderoles de soutien. Depuis tout à l'heure, le téléphone n'arrête pas de sonner et je reçois de nombreux messages de soutien. Mais on prend ces messages avec beaucoup de recul et d'humilité parce que Le Mans en Ligue 2, ce n'est pas complètement fait."

Dans le championnat amateur, il y a eu une obligation de descente, alors qu'en Ligue 2, Le Mans et Orléans seraient maintenus. Est-ce vous trouvez que cela est normal par rapport au monde amateur ? 
T. G :
"Le monde amateur a changé ses formats de division, donc on est en parfaite osmose avec cela. Et ensuite, ce changement de format a été possible parce qu'une convention existe entre la FFF et la LFP qui permet à la Ligue 2 de passer à 22. Même si il n'y avait pas eu de crise, on aurait très bien pu changer ce format et il aurait pu y avoir des descentes dans le monde amateur. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est l'existence de cette convention qui permet de passer à 22, et qui peut dans 2 ou 3 ans faire passer à 16 équipes, et dans ce cas là, il y aura plus de descentes comme en amateur."

"Même s'il y a eu quelques soubresauts ces derniers temps, c'est important de retravailler ensemble et d'avancer ensemble"

Quelles sont les décisions qui ont été prises pendant cette AG ?
T. G : "
Il y aura une publication de la LPF, c'est son job. Moi, je réagis sur le dossier des 22 car ça nous concerne en premier chef, mais c'est une réunion qui a été constructive et je pense que, là aussi, tout le monde a conscience de l'image que doit envoyer le football, de l'importance du football dans notre société... Même s'il y a eu quelques soubresauts ces derniers temps, c'est important de retravailler et d'avancer ensemble. Car il y a une grande attente du public qui a envie de retrouver ses équipes et d'aller au stade. Nous avons un rôle très important dans notre pays, il ne faut pas l'oublier. Et on endosse pleinement ce rôle."

Michel Goldstein