Sébastien Desabre : un "Renardeau" au chevet des Chamois

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Auteur·e : Manu Roux
Sébastien Desabre, lors d'un match de la CAN entre l'Ouganda et le Sénégal, le 5 juillet 2019
Sébastien Desabre, lors d'un match de la CAN entre l'Ouganda et le Sénégal, le 5 juillet 2019 | AFP

Style impeccable, propre sur lui, la raie bien au milieu. Carte de visite copieusement garnie en Afrique et au Moyen-Orient. Le look et le parcours de Sébastien Desabre ne sont pas sans rappeler ceux de Philippe Troussier ou plus sûrement d’Hervé Renard, de huit ans son aîné, toutes proportions gardées bien sûr. Le voilà intronisé entraîneur des Chamois niortais (Ligue 2), son premier club professionnel en France.

Avec Niort, ça fera 13 ! 13 équipes différentes entraînées en 10 ans... On n’ira pas jusqu’à dire que Sébastien Desabre change de club comme Hervé Renard de chemise, mais presque. Depuis qu’il a quitté l’ESC Rocheville en 2010 (après avoir mené le club des Alpes Maritimes de la première division de district au CFA 2), ce natif de Valence a incontestablement la "bougeotte" et s’est mué en véritable globe trotter du ballon rond avec une prédilection pour le continent africain, à l’instar de l’ancien coach du LOSC. Côte d’Ivoire, Cameroun, Tunisie, Angola, Algérie, Égypte, Maroc : Sébastien Desabre a entraîné des clubs dans tous ces pays, y remportant quasiment à chaque fois titres et trophées.

"Un excellent communicant"

Mais son plus beau coup, c’est incontestablement à la tête d’une sélection qu’il l’a réalisé. Après avoir permis à l’Ouganda de se qualifier pour la CAN 2019, le jeune technicien (43 ans) hisse ce petit pays d’Afrique de l’Est coincé entre la RD Congo, le Kenya et le Rwanda pour la première fois de son histoire en 8es de finale de la compétition;  les "Grues" (nom donné à la sélection ougandaise) ne s’inclinant finalement que sur la plus petite des marges devant les Lions de la Teranga Sénégalais, futurs finalistes (1-0). De quoi faire monter en flèche la cote de Sébastien Desabre, sollicité par la suite par le Pyramids FC (Égypte) avant un deuxième passage au Wydad Casablanca, achevé en début d’année.

"C’est un très bon communicant, très ambitieux, limite carriériste, qui a toujours eu le souci de son image et s’appuie sur son excellent relationnel, ses réseaux. C’est d’ailleurs un peu grâce à eux qu’il est apparu récemment dans la short-list pour la sélection ivoirienne", confie un entraîneur qui l’a côtoyé durant son périple. "C’est quelqu’un de très organisé, très rigoureux. Mais je le vois plutôt comme un théoricien, un manager que comme un véritable entraîneur. Dans la construction, il prône un jeu plutôt basique, pas très ambitieux. Mais c’est difficile de le juger véritablement car il a souvent fait des 'morceaux' de saison partout où il est passé." Une instabilité qui ne semble pas avoir effrayé le club des Chamois niortais, lui-même gros "consommateur" d’entraîneurs (6 différents ces 7 dernières saisons, sans compter les intérims).

Objectif maintien 

Sébastien Desabre connaît déjà sa mission dans les Deux-Sèvres pour les deux saisons à venir (plus une en option) comme son contrat l’indique : le maintien, péniblement décroché par les Chamois la saison dernière (Niort était barragiste au moment de l’arrêt du championnat en raison de la pandémie de Covid-19). "Je souhaitais revenir en France mais pas dans n’importe quel club. J’avais déjà été en contact avec Niort en janvier dernier mais je ne souhaitais pas m’engager en cours de saison, sans préparation", concède le nouvel entraîneur des Chamois lors de son intronisation mardi.

"C’est vrai que j’ai eu un parcours atypique jusqu’ici, qui m’a conduit à entraîner à la fois des joueurs jeunes et des plus expérimentés qui ont disputé des Coupes du monde. Mais je suis ici pour m’investir et faire bonifier le projet. Niort est un club qui correspond à mon dynamisme", assure-t-il. "Sébastien est venu ici pour construire", se risque même Karim Fradin, président des Chamois, que les fréquents changements de clubs de Sébastien Desabre n’ont visiblement pas refroidi. En souhaitant au nouveau coach des Chamois niortais plus de réussite en France qu’Hervé Renard.

Manu Roux ManuRouxJO