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Reprise du RC Lens: Gooré prêt à jeter l'éponge

Publié le , modifié le

L'homme d'affaires ivoiro-omanais Charles-Kader Gooré, l'un des deux candidats à la reprise du RC Lens (L2), a décidé de retirer son offre, estimant que les nouvelles conditions posées par le conciliateur pour que l'offre soit recevable, à savoir que les fonds investis proviennent d'une banque européenne, était trop contraignante pour lui. Ce qui, selon son avocat, l'a conduit à se retirer du projet... sauf si cette condition était levée d'ici l'audience de mercredi devant le tribunal de comerce.

Trois jours après le renoncement de Grégory Maquet, le président de Century 21 Benelux, et suite à la mise hors jeu de l'ancien propriétaire Hafiz Mammadov, alors que le tribunal de Paris, dont dépend la holding RCL, doit décider le le 18 mai prochain de la cession de la société et donc du nouveau propriétaire du RC Lens, il n'y avait à ce jour que deux offres sur la table: celle de la société luxembourgeoise Solferino, dont les actionnaires sont l'Espagnol Ignacio Aguillo (dirigeant de l'Atlético Madrid) et le Français Gilles Fretigne (dirigeant d'Amber Capital UK, un fonds spéculatif), et celle de l'Ivoirien Charles-Kader Gooré (CKG Group) qui semblait tenir la corde.

Des conditions "discriminatoires"

Mais ce dernier a jugé "discriminatoire" le fait que le conciliateur exige que les viennent d'une banque européenne. Comme l'a précisé l'avocat de Gooré, Me Pardo "nous sommes une société africaine. Depuis le début, notre banque est une banque nigériane, la banque ACCS (Access Bank Pic Nigeria). C'est une des premières banques d'Afrique, qui plus est bien connue. Nous considérons que cette condition est discriminatoire. En conséquence, si cette condition est maintenue, nous nous retirons alors que nous avons l'évidence des fonds. Tout le monde sait que CKG est une société africaine. L'une des motivations de Charles-Kader Gooré est de démontrer que les entrepreneurs africains peuvent parfaitement proposer des solutions pérennes pour des clubs comme Lens. Ce n'est pas parce que M. Mammadov n'a pas tenu ses engagements que nous ne sommes pas capables de les tenir. C'est comme si on disait à une société française, "vous pouvez faire un investissement en Afrique mais avec une banque africaine." Donc, on peut accepter que des grands footballeurs soient africains mais pas de grands entrepreneurs? Qu'on vienne nous dire qu'on ne veut plus d'Africains dans le football alors. Et cela est dirigé contre nous. Car je viens d'apprendre que dans le projet (concurrent) Solferino, c'est Gervais Martel qui serait président du club. C'est un jeu dans lequel nous ne rentrerons pas. Attendons que cette conditions soit retirée et espérons que ce n'est pas l'Etat français qui exige cette condition. Il faut bien comprendre que M. Gooré veut dynamiser le centre de formation et montrer qu'un africain est capable de réussir là où un européen a échoué.»

Christian Grégoire