Pierre Ferracci : "La Ligue a évoqué une demande de dérogation pour ne pas aller au bout du confinement. On va se ridiculiser"

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Auteur·e : France tv sport
Pierre Ferracci, le président du Paris FC
Pierre Ferracci, le président du Paris FC | MAXPPP - Anthony Massardi

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Président du Paris FC, actuellement 17e de Ligue 2, Pierre Ferracci ne décolère pas. Il estime que la Ligue de football professionnel (LFP) ne va pas assez vite pour prendre des décisions dans cette période tumultueuse et incertaine. Mais surtout, il regrette ce qui s'est passé lors du dernier bureau où on "a évoqué de demander des dérogations au Ministère pour ne pas aller jusqu'au bout du confinement. On n'est pas sérieux, on marche sur la tête…"

Est-ce vital de terminer le championnat pour l'avenir des clubs professionnels français ?
P. F : "Il y a deux hypothèses pour la fin de la saison : d'abord celle qui permettrait de terminer le championnat, mais pour cela il faut fixer une date de fin de championnat impérative, et donc à partir de là, fixer également une date impérative de redémarrage des 10 matches qui restent à jouer. La 2e hypothèse est l'arrêt définitif du championnat avec les conséquences économiques et financières. Tant que l'on n'arrêtera pas l'une de ces deux hypothèses, on s'empêche de négocier correctement avec les diffuseurs et à partir de là, on leur laisse prendre des initiatives qui peuvent nous coûter encore plus cher. L'initiative de Canal qui consiste à ne pas régler l'échéance d'avril et l'échéance de juin, nous donne un signe. Par conséquent, il faut à tout prix  se mettre à la table des négociations avec BeIn, Canal, et MediaPro. Parce que plus on tarde, plus on va déstabiliser la saison suivante, poser des problèmes à MediaPro et en même temps on reste dans l'incertitude pour BeIN et Canal. Cela n'est pas acceptable et il nous faut travailler plus vite.

Je vois tous les autres sports reporter ou annuler leurs compétitions et nous le football professionnel continue à gérer de l'incertitude, ce n'est plus possible. Je crois savoir que depuis 48h, le ministère a demandé à la LFP d'étudier l'hypothèse de l'arrêt des championnats."

La L1 et la L2 à 22 clubs

La saison blanche, évoquée en premier par Jean-Michel Aulas,  serait ainsi une hypothèse crédible si l'on arrête dès maintenant les championnats ?
P. F :  "Je suis évidemment pour que l'on termine le championnat mais s'il ne doit pas se terminer, la question est de savoir quelle fin nous donnerons à chacun des championnats. Moi je crois que dans les scénarii à envisager, et même si je suis contre la saison blanche que Jean-Michel Aulas a évoquée, il a raison d'intégrer l'hypothèse que le championnat ne pourrait aller à son terme. Je suis plutôt pour que l'on arrête la photo à la 28e journée et qu'à partir de là, on ne fasse pas de descentes mais que des montées. Ce qui va amener la Ligue 1 et la Ligue 2 à 22 clubs, ça va certainement en faire hurler certains. Mais enfin après une telle crise, chacun peut faire des efforts et passer une saison à 22 avec 4 descentes l'année suivante. Ou 3 descentes si on étale ça sur deux ans."

Une solidarité devra-t-elle être nécessaire entre la Ligue 1 et la Ligue 2 pour s'en sortir ?
P. F : "Il faudra une solidarité entre la Ligue 1 et la Ligue 2, également à l'intérieur de la Ligue 1 entre les clubs riches et les clubs plus modestes, comme il faudra une solidarité entre le football professionnel et le football amateur. Parce que le National est l'antichambre de la Ligue 2, il faut aussi y penser."

"On marche sur la tête"

Le chômage partiel peut-il vraiment aider les clubs à s'en sortir ?
P. F: "Il ne sera pas suffisant, le chômage partiel est plafonné à 4 fois et demi le SMIC, c'est à dire à près de 7000 euros ce qui est déjà un salaire important, mais on sait très bien que dans le football professionnel, en Ligue 1 comme en Ligue 2, il y a des salaires bien supérieurs à ça. Donc c'est une aide de l'Etat qui n'est pas négligeable mais elle ne suffira pas à répondre aux difficultés de trésorerie que connaissent les clubs professionnels. Donc il nous faut au plus vite trouver des solutions pour récupérer des droits TV, il nous faut assurer un mercato estival, afin de préserver la saison prochaine parce que plus on attend, plus on va déstabiliser la saison prochaine au risque de la massacrer. Mettons-nous au plus vite autour de la table, clubs, diffuseurs, la Ligue, tout le monde devra faire des efforts pour que l'on s'en sorte tous. Le dernier bureau de la Ligue a évoqué de demander des dérogations au ministère pour ne pas aller jusqu'au bout du confinement. On va se ridiculiser auprès de la population, le footballeur qui dérogerait à la règle et s'entraînerait dès avril. On n'est pas sérieux, on marche sur la tête…"

Michel Goldstein

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