Ligue 2 : Privé de football, Lens espère retrouver Bollaert et la Ligue 1

Publié le , modifié le

Auteur·e : Matisse Bourdelle
Lens Bollaert Ligue 2

Mis à l'arrêt par l'épidémie de coronavirus, le Racing Club de Lens est stoppé dans sa course à la Ligue 1. Supporteurs et dirigeants tentent de relativiser et de résister aux vents contraires qui semblent les repousser inexorablement de l'élite. L'épidémie de coronavirus et ses conséquences vues depuis ce club historique du football français.

"Est-ce qu'on ne serait pas le club chat noir ?" Comme beaucoup de supporteurs lensois, Arnaud, 42 ans et abonné en tribune Marek depuis 20 ans, se demande si les dieux du football n'en veulent pas au Racing. À la manière du PSG qui semble avoir vaincu ses démons en rejoignant les quarts de Ligue des champions, le RC Lens n'a jamais été aussi proche de remonter en Ligue 1. Deuxième à un point du leader, le club artésien est désormais à l'arrêt. La faute à la pandémie de coronavirus. "On vit toujours quelque chose qui ne va pas, rit jaune Arnaud. La fois dernière c'était des soucis financiers, là, il y a cette épidémie... On mange notre pain noir depuis longtemps." 

Bollaert en mirage

Cette crise sanitaire éloigne tout le peuple sang et or de Bollaert depuis près d'un mois (le 22 février, Lens s'était incliné 4-1 contre Caen). "Ça nous manque déjà", confesse Arnaud. "On est heureux de se retrouver entre copains. On est triste mais on comprend parfaitement les mesures."

Avant "l'annulation jusqu'à nouvel ordre du championnat", les Lensois avaient reçu une dernière fois Orléans à huis clos. "Les gens préfèrent qu'il n'y ait pas de match plutôt que de les regarder à la télé, avoue Guillaume, un autre supporteur de 21 ans. C'était vraiment bizarre de voir Bollaert à huis clos." 

Une vie sans football, également compliquée à appréhender au sein même du club : "C'est difficile pour nous", concède Yoann Lachor, ancien joueur désormais coordinateur sportif adjoint. "On entrait dans une période importante pour tout le monde où il se passait beaucoup de choses pour la saison prochaine. C'est comme ça, on va s'adapter. La priorité reste de combattre ce virus." 

"Une saison blanche ? Je n'y crois absolument pas." 

Dans le flou, dirigeants et supporteurs y voient un peu plus clair depuis mardi et l'annonce de l'UEFA de reporter l'Euro en 2021. Cela va permettre à la LFP "de se donner toutes les chances pour finaliser les compétitions domestiques". Pour la Ligue, "la priorité des priorités est de terminer le championnat de Ligue 1 et de Ligue 2. Compte tenu des enjeux sportifs et économiques, cette priorité est vitale pour l’avenir des clubs et du football français."

Une annonce censée rassurer les clubs qui pouvaient redouter une saison blanche. "Soulagé ? Oui et non, répond Yoann Lachor. Que l'Euro soit reporté est une bonne chose. Ça devrait nous permettre de terminer les championnats même si pour l'instant rien n'est acté. Je fais confiance à la Ligue." Cette incertitude quant à la durée de l'épidémie "inquiète de nombreux supporteurs sur les réseaux", selon Arnaud, mais pas forcément Guillaume : "Une saison blanche ? Je n'y crois absolument pas. Il y a trop d'enjeux économiques à ces niveaux professionnels." Selon Yoann Lachor, un gel du championnat ne serait pas une bonne solution : "Je ne sais pas si tous les clubs auraient la capacité de s'en remettre." Une question économique qui mérite d'être posée alors que les droits TV vont dépasser le milliard d'euros en Ligue 1 la saison prochaine. Si l'on s'en tient à cet exercice, les chaînes détentrices de droits pourraient ne pas verser 200 millions d'euros en cas de non reprise des championnats.

En attendant, les 15 000 abonnées et autres milliers de Sang et Or devront encore patienter pour retrouver, dans quelques semaines au mieux, leur stade préféré. Et pourquoi pas la Ligue 1, à l'aube d'un été déjà historique. 

Matisse Bourdelle