Gervais Martel
Gervais Martel est passé ce mardi devant la DNCG | FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le président du RC Lens devant le tribunal correctionnel d'Arras pour corruption

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Le président du RC Lens Gervais Martel, soupçonné de corruption privée et recel d'abus de biens sociaux pour une affaire de prêts contractés en 2010, va comparaître mardi matin devant le tribunal correctionnel d'Arras. Gervais Martel a contracté deux prêts pour un montant total de quatre millions d'euros auprès des groupes de BTP Ramery et Rabot-Dutilleul, qui figurent parmi les sponsors du club depuis plusieurs années. Les présidents des directoires de ces deux sociétés sont également poursuivis pour corruption passive.

Gervais Martel entendait utiliser cet argent "pour rester majoritaire" dans l'actionnariat du RC Lens, a affirmé lundi à l'AFP son avocat, Me Didier Robiquet. En contrepartie, dans une note distincte, Gervais Martel promettait aux deux entreprises de leur accorder des marchés de rénovation du stade. "La nature et les conditions de la rédaction des actes sont contraires" aux dispositions légales réprimant la corruption et le recel d'abus de biens sociaux, a indiqué, sans plus de précisions, le procureur d'Arras Hugues Weremme à l'AFP. A ce titre, les débats de mardi devraient être "très techniques", selon le magistrat.

"C'est légal"

"Les banques ne voulaient pas prêter de l'argent à M. Martel pour ne pas entrer en guerre contre leurs collègues du Crédit agricole, présents au capital du club", a expliqué de son côté Me Robiquet. "Elles refusaient également que les entreprises Ramery et Rabot-Dutilleul se portent caution pour lui. Donc la dernière solution a été qu'elles lui prêtent directement en même temps qu'elles empruntent à la banque", a-t-il détaillé.

"Tous les actes sont signés et déclarés, signalés à Tracfin", le gendarme financier, a assuré l'avocat. Mais il ne conteste pas que son client ait promis en retour d'accorder en priorité aux deux groupes le marché de rénovation du stade. "C'est légal, ce n'est pas un marché public" pour lequel un appel d'offres doit être effectué, a-t-il plaidé.

AFP