Les supporters corses
L'ambiance survoltée des supporters de Bastia | STEPHAN AGOSTINI / AFP

Bastia prié de jouer hors de Furiani

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Corse terre d'accueil ? La LFP a émis un bémol après les graves échauffourées qui ont émaillé le match Bastia - Lens du 3 octobre dernier. Considéré comme récidiviste car il s'agissait du cinquième incident en six matches, le Sporting devra jouer ses prochains matches hors de Furiani jusqu'à nouvel ordre. Le stade était sous le coup d'un sursis, cette fois, c'est du ferme ! Une instruction a d'ailleurs été ouverte par la Ligue pour fixer des sanctions définitives.

Fini la zone de non droit du football français. C'est en gros le message envoyé par la LFP aux dirigeants de Bastia. En attendant le résultat de l'instruction, la commission de discipline a décidé jeudi soir de mettre Furiani au banc de manière conservatoire. Une question de récidive et de sécurité selon Pascal Garibian, le président de la commission, qui a rappelé les antécédents du club bastiais, évoquant "des manquements répétés et importants en terme de sécurité et d'organisation des matches." "Le club de Bastia est en état de récidive puisque sur 6 rencontres à domicile, 5 matches ont donné lieu à des incidents graves. La commission fait le constat qu'aujourd'hui le club de Bastia ne peut pas assurer la sécurité et le bon déroulement des matches au stade Furiani ", ajouté M. Garibian. Depuis le début de la saison, les plaintes furent nombreuses (Le Mans, Monaco, Lens, etc) et Furiani avait été placé en sursis.

Le 3 octobre dernier
Les violences ont éclaté alors que Bastia venait d'égaliser (2-2, 87e) contre Lens. Le Lensois Samba Sow, sur une action anodine, a violemment taclé le Bastiais Sadio Diallo, provoquant une bousculade entre joueurs et encadrements des deux équipes. Après trois cartons rouges adressés par l'arbitre aux Lensois Gabriel Cichero et Samba Sow et au Bastiais Gilles Cioni, la bagarre s'est poursuivie dans le tunnel de retour aux vestiaires, Cichero donnant un coup de pied au visage d'un dirigeant bastiais, Alain Seghi, conduit à l'hôpital.

Chez les élus et dans les mouvements pro-corses, on crie déjà au scandale. Pour Jean-Philippe Antolini, le porte-parole du mouvement Corsica Libera, "Frédéric Thiriez (président de la LFP) déverse systématiquement sa haine anti-corse" dans ses propos. "Samedi, il a jugé et condamné le Sporting club Bastia sans avoir aucun élément du dossier. Cela rappelle d'autres régimes et d'autres époques", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse à Bastia. Le maire (PRG) de la ville, Emile Zuccarelli, monte lui aussi au créneau pour défendre le SCB. La théorie du complot est de retour. "J'atteste que le Sporting a été victime d'une provocation. Je ne comprendrais pas que les instances nationales puissent pénaliser le SCB ou le stade Armand-Cesari" à Furiani, a-t-il affirmé dans un communiqué. C'est pourtant la réalité et le bon sens jusqu'à ce que les esprits se calment.

Dans le cas des bagarres impliquant des joueurs, là aussi les premières sanctions sont tombées. Le Lensois Samba Sow et le Bastiais Gilles Cioni, exclus en fin de match, ont eux écopé respectivement de deux et quatre matches de suspension.  "Deux matches de suspension pour Samba Sow, c'est cher payé, s'est insurgé Gervais Martel, le président lensois. Il y a tout un contexte autour. Et il a été davantage jugé sur ce contexte que sur la réalité de ce qu'il a fait." Quant à Gabriel Cichero, coupable d'un coup de pied au visage du dirigeant bastiais Alain Seghi ayant occasionné une fracture du nez, il "est suspendu à titre conservatoire pour les brutalités commises. Le code du sport oblige d'ouvrir une instruction pour tous les faits passibles de six mois ou plus de suspension", a précisé Pascal Garibian. Or, Cichero risque jusqu'à deux ans de suspension. "Dire que Cichero c'est le mouton noir, c'est quand  même fort de café! Son comportement est le résultat d'une peur, a estimé Martel. En tant que président, je ne peux pas tolérer son acte. Mais il faut  l'apprécier avec le contexte de la fin de rencontre." Sur le terrain comme en coulisses, chacun défend son bifteck.