Yoann Gourcuff Lyon
Yoann Gourcuff (Lyon) | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Yoann Gourcuff revient à Rennes

Publié le , modifié le

Après des mois de négociations, Yoann Gourcuff s'est engagé aujourd'hui avec le Stade Rennais. L'international français (31 sélections), libre depuis son départ de Lyon cet été, a paraphé son contrat ce lundi, à l'issue d'une visite médicale passée avec succès, à la Clinique de Saint-Grégoire (Rennes).

C'est l'aboutissement d'un feuilleton qui a fait les choux gras des gazettes à transferts depuis juin dernier. Annoncé à Montpellier, Bordeaux puis Guingamps, Yohann Gourcuff a finalement choisi de retenter l'aventure avec Rennes, son club formateur. Un choix loin d'être anodin. Car depuis une saison bordelaise resplendissante, couronnée d'un titre de champion de France (2009), l'ancien Milanais semble lancé dans une quête permanente de confiance. Les ailes brûlées, comme Hatem Ben Arfa avant lui, brisé par les gigantesques espoirs que son talent nourrissait. Pour couronner le tout, Yoann est beau gosse. Le jeune homme est devenu, très tôt, le gendre idéal du foot français. Un statut de superstar qu'il n'a jamais réussi à digérer.

Aussi talentueux que fragile

Pro à Rennes dès l'âge de 17 ans, Gourcuff éclabousse très tôt le championnat français de son talent. Et attise forcément les convoitises. En 2006, il rejoint le Milan AC, celui des Kaka, Seedorf et Maldini, mais joue peu (35 matches de Série A en deux saisons). "Il s'est passé beaucoup de choses", avait déclaré en 2010 le capitaine italien du Milan AC, Paolo Maldini. "Des choses qu'il n'est pas possible de raconter. Mais, lui, il sait très bien ce qu'il a fait". La pique surprend, et écorne légèrement l'image d'un joueur en apparence lisse et irréprochable.

Incapable de s'imposer, Gourcuff obtient de se faire prêter à Bordeaux pour la saison 2008/2009 où il éclate enfin. Son but face au PSG, avec deux doubles contacts et une frappe de l'extérieur lors de la 20e journée (4-0), reste emblématique de cette saison parfaite. Un état de grâce qui ne dure guère. L'année suivante est décevante. Malgré une première partie de saison  prometteuse, Bordeaux s'effondre sur la phase retour, et Gourcuff fréquente déjà avec assiduité l'infirmerie des Girondins. Le Mondial sud-africain à l'été, au cours duquel il est le souffre-douleur de toute une frange de l'équipe de France, Franck Ribéry en tête, vient  couronner une saison pénible, et il décide de changer d'air.

La folie puis l'échec d'Aulas

Il opte pour Lyon où le président Jean-Michel Aulas est prêt à tout pour l'attirer. Un transfert à 22 millions d'euros, un salaire mirobolant, une présentation de superstar devant 15.000 supporteurs... Et au final un fiasco sportif sans pareil: 600 jours à l'infirmerie sur ses cinq saisons lyonnaises, et une seule saison à plus de 20 matches de Ligue 1, sa première (2010/2011). Au total, le passage de Gourcuff à l'OL, transfert plus salaires, aura coûté plus de 60 millions d'euros à l'OL. Pire, Gourcuff a largement écorné son crédit en donnant l'image d'un joueur douillet, plus à l'écoute de son corps qu'aux besoins de l'équipe, à l'image de sa sortie de sa propre initiative, à la 47e minute du match contre Nice la saison dernière, sans un mot pour son entraîneur ou ses coéquipiers.

A Lyon, Gourcuff a pourtant su montrer des éclairs de génie par instants.  Avec ce retour à Rennes au terme d'un long feuilleton, il a choisi l'environnement le plus confortable. Mais le vrai suspense commence maintenant: rejouera-t-il un jour à son vrai niveau?

Jean Charbon