Wissam Ben Yedder
Wissam Ben Yedder | PASCAL PAVANI / AFP

Wissam Ben Yedder, les raisons de la colère

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17e du dernier championnat, Toulouse est reparti pour une nouvelle opération survie cette saison. Pour ne pas arranger les choses, elle doit gérer le cas Wissam Ben Yedder, qui traine son spleen sur les pelouses de Ligue 1 depuis le début de la saison. Buteur attitré du club depuis trois ans, l’attaquant se voyait bien revenir au Stadium dans la peau d’un joueur de l’OM. Finalement, c’est bien sous les couleurs toulousaines que Wissam Ben Yedder accueillera ce soir les joueurs phocéens (21h00). Une rencontre face à ses ex-futurs partenaires qu’il pourrait bien débuter sur le banc…

Lundi 31 août, 23 heures. À une heure de la fermeture du marché des transferts, l’Olympique de Marseille fait le forcing auprès d’Olivier Sadran pour enrôler Wissam Ben Yedder dans la dernière ligne droite du mercato. Vincent Labrune essuie finalement un énième rateau pendant ce mercato : le président du TFC prévient qu’il ne lâchera pas son attaquant, même si ce dernier disposait à priori d’un bon de sortie. Ben Yedder, qui a vu son président refuser une offre de 9 millions d’euros du FC Séville quelques jours plus tôt, imaginait peut-être que Sadran se montrerait moins inflexible concernant la proposition du club phocéen. Il n’en fut rien, et Ben Yedder est reparti pour porter la liquette mauve et blanche du TFC au moins jusqu’en janvier prochain.

Pourtant, les envies de quitter le nid ne datent pas d’hier. À l’issue du dernier match de la saison perdu face à Nice en mai dernier (3-2), Wissam Ben Yedder avait été clair concernant son avenir. "J’ai passé un cap et j'ai l'ambition d'aller le plus haut possible. J'ai passé de bons moments ici mais j'aimerais découvrir un autre challenge. Dans n'importe quel club, quelque chose de neuf." L’attaquant n’y va pas par quatre chemins, il veut quitter Toulouse. Une ambition légitime pour un joueur dont les statistiques depuis trois saisons traduisent d’une régularité certaine parmi l’élite. À 25 ans, Ben Yedder veut voir plus grand et évoluer dans un club qui aspire à d’autres ambitions que le maintien en fin de saison.

Sadran, l’inflexible

Mais à Toulouse, c’est Sadran le patron. Et le président du TFC n’est pas connu pour être facile en affaires. Les cas d’André-Pierre Gignac, bloqué avant d’être vendu au prix fort à l’OM un an plus tard, et de Jérémy Mathieu, parti libre à la fin de son contrat malgré des offres de la Roma et de Bordeaux, témoignent de l’inflexibilité du président du TFC concernant ses meilleurs joueurs. Ce dernier avait d’ailleurs été très clair en fin de saison dernière concernant les envies de départ de Ben Yedder. "Wissam est encore sous contrat et il peut dire ce qu'il veut mais il ne partira que si une grande équipe le veut pour un prix qui nous convienne. On n'a jamais empêché un grand joueur du TFC de le quitter pour un grand club mais un grand club, ça fait de grandes offres. Il y a 70% de chances qu'il soit toulousain la saison prochaine car il ne partira que pour une belle offre et je ne suis pas sûr qu'il ait fait la saison suffisante pour avoir cette belle offre." À en croire les déclarations d’Olivier Sadran, l’offre à hauteur de neuf millions de la part du FC Séville ou la proposition de dernière minute de l’Olympique de Marseille n’avaient donc pas de quoi convaincre ses desiderata concernant son attaquant vedette.

Pourtant, on ne peut pas dire que Ben Yedder n’ait rien fait pour s’attirer les faveurs de clubs plus huppés que le TFC ces trois dernières années. Quatorze buts la saison passée, seize pions l’année précédente et quinze il y a deux ans… L’attaquant de 25 ans affiche des statistiques plus qu’honorables, d’autant plus au sein d'un club qui joue le maintien depuis plusieurs saisons maintenant. Avec 49 buts en Ligue 1, le franco-tunisien pensait donc légitimement disposer d’un bon de sortie cet été. Il devra finalement réfréner ses velléités de départ, au moins jusqu’au prochain mercato hivernal. Une situation qui n’enchante pas vraiment l’intéressé, comme il l’a fait comprendre sur Twitter dès le premier septembre.

Le spleen de Ben Yedder, la relève Braithwaite

Resté bien malgré lui du côté de la ville rose, Wissam Ben Yedder affiche des statistiques moins flamboyantes qu’à l’accoutumée en ce début de saison. Avec un but et une passe décisive en quatre matches, le franco-tunisien est bien loin de son rendement habituel. La tête ailleurs ? Peut-être. L’attaquant ne cache en tout cas pas sa peine, comme lors du match nul de Toulouse face à Reims il y a dix jours (2-2) où il a ostensiblement ignoré son entraîneur au moment de son remplacement. Non-titularisé face à Bordeaux dimanche, Dominique Arribagé a pourtant démenti tout problème avec son attaquant au micro de beIn Sports. "Il n’y a pas de problème Wissam. Il a fallu qu’il digère, il est en passe de le faire, je ne me fais pas de souci du tout pour les matchs qui arrivent, il sera performant."

S’il veut voir les clubs de nouveau toquer à la porte d’Olivier Sadran lors du prochain mercato, Ben Yedder devra se montrer de nouveau efficace dans les surfaces adverses. D’autant qu’un concurrent de taille s’est réveillé en ce début de saison. Avec six buts lors des dix derniers matches de Ligue 1, Martin Braithwaite a scoré autant de fois que lors de ses 53 matches précédents sous le maillot mauve et blanc. Avec trois buts depuis le début de la saison, le Danois porte l’attaque toulousaine face à un Ben Yedder qui, quand il n’est pas sur le banc, a bien du mal à se montrer décisif. Braithwaite devrait de nouveau être titulaire à la pointe du 4-3-2-1 de Dominique Arribagé ce soir face à l'OM. Ben Yedder, lui, va devoir se remobiliser s'il veut éviter de traverser cette saison comme un fantôme. Et voir les Séville, Marseille & consorts effacer définitivement son nom de leur liste de potentielles futures recrues.  

Mathieu Aellen