William Vainqueur, l'indispensable métronome de l'OM

William Vainqueur, l'indispensable métronome de l'OM

Publié le , modifié le

Cette saison, William Vainqueur s'est imposé comme un élément indispensable à l'équilibre de l'entrejeu marseillais. Dimanche soir (21h00), en clôture de la 25e journée de Ligue 1, il croisera la route de son club formateur : le FC Nantes.

Je suis le métronome de Marseille, adulé par le Vélodrome et formé à Nantes, que je retrouve dimanche pour la 25e journée de Ligue 1. Dimitri Payet? Non, William Vainqueur, récupérateur et organisateur, "regista" à l'italienne plutôt que sentinelle. Le public marseillais vibre sur les entrechats de Payet, mais adore aussi les guerriers dans le style de Vainqueur. Son tacle rageur sur le Lyonnais Rybus, en Coupe de France, le 31 janvier, juste après la mi-temps, a fait rugir le Vélodrome, comme un geste similaire de Gaby Heinze gravé dans la mémoire collective olympienne. "Je n'avais même pas entendu que l'arbitre avait sifflé, raconte Vainqueur à l'AFP. C'est normal chez moi d'être comme ça, je ne l'ai pas fait pour lever la foule, mais j'ai senti la réaction du stade."

L'enceinte marseillaise a les yeux de Chimène pour sa sentinelle. Sentinelle ou "regista"? "Moi, je me considère comme un six et demi, répond-il, mais sentinelle a un côté restrictif, si on le décrit comme une muraille, alors je préfère regista. J'aime bien participer au jeu." Rudi Garcia, qui l'avait déjà fait venir à l'AS Rome, partage son avis. "Sentinelle est plus négatif que le terme italien de regista, estime l'entraîneur. Elle veille à défendre le lieu où elle se trouve, alors qu'en Italie le regista est le premier organisateur. Il a la grinta, tout à fait le profil pour l'OM dans un rôle obscur mais Ô combien précieux."

"Pare-chocs" ? Plutôt régulateur​

Pour rester dans le vocabulaire footballistique, on l'appelait "pare-chocs" en Belgique, au Standard de Liège, où il a joué trois ans (2011-2014), mais Vainqueur "n'aime pas trop ce terme". Toujours face au jeu, il est surtout le lien défense-attaque et le garant de l'équilibre. "J'aime bien réguler l'équipe, récupérer les ballons dans les pieds et après faire partir le jeu, donner le tempo. Et il m'arrive de me trouver un peu plus haut", décrit-il. Mais il n'a pas encore marqué, malgré plusieurs tentatives.

Au-delà de son rôle clef dans le jeu, il tient aussi à 28 ans celui de chaperon pour ses jeunes partenaires du milieu. "Avec l'expérience que je peux avoir, le coach me demande de les encadrer, surtout Frank (Anguissa) et Max (Lopez) qui sont à leur première vraie saison pro", dit Vainqueur, avec un compliment pour chacun des deux partenaires avec qui il a été le plus souvent associés cette saison. Frank Anguissa "a tellement de qualités, je crois que même lui ne s'en rend pas compte", et Maxime Lopez "un talent incroyable, il joue sans pression, à 19 ans". Anguissa lui demande souvent des conseils d'aîné. "J'ai beaucoup à apprendre de William, reconnaît le jeune Camerounais, de sa vision du jeu, il va vite, fait les bonnes passes".

Pas de sentiments pour son club formateur

Pour toutes ces tâches, Vainqueur est donc un pilier de cet OM renaissant, mais il est prêté sans option d'achat par la Roma. "Moi, je suis très bien ici, mais ce n'est pas entre mes mains, explique-t-il. Si on me propose de rester, bien sûr que je resterai, mais à ce moment-là de la saison il vaut mieux vivre l'instant présent que m'imaginer trop de choses". Observateur pour le FC Nantes, l'ex-international et ex-Marseillais William Ayache estime aussi que l'OM devrait le garder. "C'est un superbe joueur, dit-il à l'AFP, il est parfait pour ce rôle, par son expérience, la qualité de ses relances, son sens du jeu et l'intelligence de son placement."

Nantes a justement formé Vainqueur, qui a partagé trois années avec Payet entre le centre et l'équipe première des Canaris (2004-2007). "Ils m'ont tout donné, ils m'ont formé, ont cru en moi, m'ont fait passer pro... Je les en remercie, mais dimanche, on y va pour gagner", lance Vainqueur. Il s'est envolé du nid voilà plus de sept ans, et a depuis toujours évolué dans des clubs soutenus par une armée de supporters, le Standard, le Dynamo, qui compte le plus grand nombres de fans à Moscou, et la Roma. "C’est un hasard. Je ne cherche pas forcément les clubs populaires. Mais si on est honnête, on sait que Marseille, c'est le plus grand club français." Vainqueur a décidément tout pour s'intégrer.

AFP