Un OM à paradoxes

Un OM à paradoxes

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Porté par un collectif solide et solidaire et un duo Thauvin-Gustavo exceptionnel, l'Olympique de Marseille est un surprenant dauphin du PSG. Suprenant car sa défense a été tancée en début de saison alors que son attaque ne brille pas aujourd'hui. Et pourtant, c'est en excellente position que les Phocéens se rendent à Montpellier ce dimanche soir en clôture de la 16e journée de Ligue 1 pour un onzième match sans défaite consécutif.

"On a travaillé dans notre coin, sans faire de bruit et aujourd'hui, on est plutôt pas mal. On va essayer de ne pas s'enflammer et de continuer comme cela, lâchait Florian Thauvin mercredi soir après la belle victoire de l'Olympique de Marseille à Metz (3-0). Dans la cité phocéenne, on goûte particulièrement la deuxième place actuelle. Il faut dire qu'au tournant d'août et septembre, l'OM avait enchaîné deux revers plutôt retentissants (6-1 à Monaco puis à domicile face à Rennes 3-1) à la suite d'une fin de mercato décevante autour du dossier du fameux "grand attaquant". "On a juste fait notre boulot à Metz, par contre si on avait perdu, on nous serait tombés dessus. On est deuxièmes seulement parce que Monaco et Lyon ont perdu et aucune autre raison", ironise dans L'Équipe du jour un Rudi Garcia un brin revanchard. A Marseille, l'automne est belle mais attention, le(s) danger(s) guettent.

L'OM n'a pas de marge

"En championnat, on est la seule attaque qui a marqué à tous les matches. L'animation offensive n'est pas si mauvaise que ça, sinon cela ne serait pas possible", expliquait Garcia après la victoire à Metz. Pour autant, il apparaît évidemment que la marge de l'Olympique de Marseille sur ses adversaires est faible. Cinq des neuf victoires marseillaises obtenues cette saison l'ont été par un but d'écart et l'attaque olympienne n'est que la quatrième de Ligue 1, relativement loin derrière Monaco, Lyon et évidemment Paris. "On se  fera châtier dès qu'on entrera dans une zone de confort" juge d'ailleurs un cadre du vestiaire dans L'Équipe. Car aujourd'hui, certes Thauvin et Luiz Gustavo marchent sur l'eau, tout comme un Jordan Amavi par exemple ou un Morgan Sanson qui revient bien mais on ne peut pas en dire autant des attaquants.

Un doute sur le 9

Kostas Mitroglou, Valère Germain, les deux hommes ont été recrutés cet été pour jouer ensemble et mener l'attaque de l'OM. Victimes du 4-2-3-1 qui solidifie la défense marseillaise, les deux joueurs ne sont que rarement ensemble sur la pelouse. Et même quand ils jouent, l'un après l'autre, donc, leurs statistiques sont faméliques. Deux buts pour le Grec et zéro pour le Français en Ligue 1. Ce qui n'empêche pas Marseille de pointer à la deuxième place du classement. Un temps Clinton N'jie (5 buts) a occupé l'espace laissé libre mais il n'est plus en odeur de sainteté auprès de son entraîneur. Sans attaquant flamboyant (à l'inverse des Neymar, Cavani Mbappé à Paris, Falcao à Monaco, ou Mariano, Fekir, Depay, Traoré à Lyon), sans défense de fer, ce Marseille dauphin du PSG n'est plus à un paradoxe près. Prière de confirmer à Montpellier ce dimanche soir (21h).

Christophe Gaudot @ChrisGaudot