Un jour, un club : Quand le Vélodrome a rendu hommage à Ronaldinho

Publié le , modifié le

Auteur·e : Emmanuel Rupied
Ronaldinho

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Pour cette nouvelle saison de Ligue 1, France tv sport vous propose une série d'anecdotes et de petites histoires sur les vingt clubs de notre championnat. Aujourd'hui, focus sur le classico entre l'Olympique de Marseille et le PSG en 2003. Ce soir-là, Ronaldinho a réalisé un véritable récital et a même été applaudi... par le public marseillais.

L'histoire retiendra que la rivalité entre l'Olympique de Marseille et le PSG a volé en éclat pendant quelques secondes. La faute à un Brésilien qui s'est permis d'éparpiller façon puzzle, le temps d'une soirée, l'ensemble de l'équipe marseillaise. 

Marseille à l'heure du rachat

Début mars 2003, le Paris-Saint-Germain se déplace au Vélodrome sans grandes certitudes. Malgré du talent dans ses lignes, les Franciliens sont loin au championnat de France. Tout le contraire de son adversaire du soir. L'Olympique de Marseille figure en deuxième position au classement avec dix points d'avance sur le PSG (9e). Les hommes d'Alain Perrin n'ont en outre plus pris de buts sur leurs cinq derniers matchs.  

En tribunes les supporters de la Canebière attendent ce match avec impatience. Quelques mois plus tôt, le club de la capitale s'était imposé à la maison sur le score de 3 buts à 0. La digestion est compliquée, comme l'explique Charles, un supporter olympien depuis trois décennies et qui était présent au stade ce soir-là. "Il y avait un sentiment de revanche notamment vis-à-vis de l'entraîneur adverse Luis Fernandez. Il était pas aimé ici. Il était très provocateur. Il chauffait pas mal le public. Il était entouré de gardes du corps car il était menacé de représailles".

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Le PSG, 15 ans de disette

Dans les tribunes, on craint notamment un jeune brésilien du nom de Ronaldinho. Le meneur de jeu auriverde sort d'un Mondial en Corée du Sud où il a été sacré champion du monde après avoir éclaté à la face du monde. On retiendra notamment son but sur coup franc face à l'Angleterre en quarts de finale, où il lobera d'une frappe astucieuse David Seaman. Le joueur est atypique et détonne dans le monde du football. "Même si il jouait à Paris j'ai toujours bien aimé "Ronnie". Car il n'était pas dans la provocation. Il jouait sourire aux lèvres et ses dribbles faisaient juste partie de sa panoplie de footballeur". 

Pourtant en première période, le Brésilien est aux abonnés absents. Associé à Ogbeche en attaque, il est bien relayé par un Jérôme Leroy qui est en feu durant ces quarante-cinq minutes. De retour au PSG après deux années dans le camp d'en face, lui aussi doit se racheter. Il ouvre la marque à la 27e minute sur un centre-tir et fait taire le Vélodrome. Le spectre du début de saison rejaillit dans les rangs marseillais. Pourtant, cela fait désormais 15 ans que le club francilien ne s'est plus imposé au Vel'. 1-0, c'est le score à la mi-temps.

L'hommage du Vélodrome pour "Ronnie"

Le show du Brésilien débute au retour des vestiaires. Charles était derrière le banc en tribune Ganay et il a été aux premières loges pour voir le spectacle. Après une interception sur une relance de Franck Leboeuf, Ronaldinho démarre et prend de vitesse la défense adverse avant d'ajuster Vedran Runje d'un ballon piqué. "Il a été exceptionnel. Il a fait un match du feu de dieu. Quand il marque son premier but, il part à une telle vitesse, c'était incroyable. Il s'est amusé" se souvient Charles.

Un jour, un club : Quand le Vélodrome a rendu hommage à Ronaldinho
© PHOTOPQR/LE PARISIEN/LEJEUNE MARSEILLE

Mais le plus fou est à venir. Lancé en profondeur à la 83e minute et alors que la défaite semble inéluctable pour les Marseillais, il résiste au retour de Brahim Hemdani, crochète Runje, feinte le défenseur marseillais revenu à sa hauteur avant de glisser la balle dans les buts. Jérôme Leroy tacle le ballon qui prenait la direction des filets pour la photo et le doublé. "Il a ridiculisé la défense. C'était impressionnant. Et tout ça en toute détente. Bon, il faut dire aussi que Runje a été aux pâquerettes sur ce coup-là" avoue le supporter olympien. 

La suite est entrée dans l'histoire des classicos français. Pendant plusieurs dizaines de secondes, dans les tribunes, le peuple marseillais applaudit ainsi le joueur à la suite de ce nouveau show. Charles explique : "j'ai moi-même applaudi Ronaldinho, je m'en souviens très bien. Il faut reconnaître les talents qu'on a en France et Marseille est un public de connaisseurs. Une bonne partie du public a fait de même, sans qu'on scande pour autant son nom". Un moment rare. Qui n'est pas accepté par tout le monde. Il enchaîne : "Je me suis fait engueuler par mon pote ! Mais je n'ai pas eu honte et je lui ai dit que c'était un bon joueur mais il était chauvin et il ne voulait pas reconnaître ses qualités". Après un long moment de flottement, les virages reprennent cependant la main et sifflent... les supporters marseillais.

Un jour, un club : Quand le Vélodrome a rendu hommage à Ronaldinho
© PHOTOPQR/LA PROVENCE

Ronaldinho, le Vélodrome avant Bernabeu

Un moment unique dans cette rivalité. Mais aussi pour les supporters marseillais dont l'hommage au joueur brésilien n'a pas été réédité."J'ai personnellement applaudi Steven Gerrard quelques années plus tard quand il est venu avec Liverpool (En décembre 2007, victoire 4-0 des Reds). Drogba aussi quand il était revenu à Marseille avec Chelsea (En décembre 2010, victoire 1-0 de l'OM)". avoue Charles. Au terme de cette saison 2002-2003, les Parisiens termineront 11e et les Marseillais 3e à... trois points de Lyon, champion de France.

Ronaldinho fait lui ses valises pour le FC Barcelone à la fin de l'exercice. Deux ans plus tard, en novembre 2005, il fait de nouveau vibrer les supporters adverses. Cette fois, c'est le Santiago Bernabeu du Real Madrid qui doit s'incliner. Sur le terrain d'abord avec une défaite 3 buts à 0 et un doublé du Brésilien. Puis en tribunes où les supporters des Merengues applaudissent longuement l'attaquant barcelonais. Mais cette fois, personne ne s'est fait engueuler.