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Acheté 64 millions d'euros l'été dernier, Edinson Cavani est le joueur le plus cher de l'histoire de la L1. | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

UEFA: Autour du PSG, l'étau se resserre

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L'UEFA, qui ne goûte que très peu aux garanties financières apportées par les dirigeants parisiens, rendra son premier verdict à la fin du mois. Des sanctions sommant le PSG de réduire son train de vie pourraient être appliquées.

Michel Platini est peut-être tout proche de voir ses efforts récompensés. Le patron de l'UEFA, qui a fait du fair-play financier une mesure cruciale de son mandat, a enfin obtenu le soutien de Bruxelles et de la Commission européenne. Celui qui ambitionne ouvertement depuis son élection de sanctionner les clubs qui "claquent" à perte, a trouvé en Joaquin Almunia - le commissaire européen chargé de la Concurennce - un défenseur de choix. La réforme phare de l'ère Platini rentre désormais dans une phase cruciale. Le Paris Saint-Germain, comme beaucoup de gros clubs européens, pourraient voir tomber les premières sanctions à la fin du mois d'avril.

Le contrat avec QTA dans la mire de l'UEFA

Dans une optique d'assainissement des comptes des clubs du Vieux Continent, la fédération européenne avait fixé en début d'année le seuil maximal de déficit autorisé à 45 millions d'euros. L'état-major du club de la capitale avait alors tendu aux inspecteurs financiers son très juteux contrat conclu avec QTA (l'office du tourisme qatarien), lequel apporte au PSG une manne gargantuesque de 200 millions d'euros par an. Une somme titanesque qui soulève les soupçons de l'UEFA. A titre de comparaison, Manchester City, propriété de la famille royale d'Abu Dhabi, ne toucherait "que" 15 millions d'euros. Autre particularité du contrat ratifié par le PSG : l'accord conclu avec QTA tiendrait sur... deux pages. Trop peu pour un tel document, en tout cas suffisamment pour susciter le scepticisme des inspecteurs financiers.   

Des inquiétudes liées à la "nouveauté du concept" ?

Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern Munich, s'était montré proprement scandalisé par l'onéreux contrat conclu entre QTA et le PSG: "Je ne peux pas imaginer que le Paris SG puisse répondre aux critères du fair-play financier", avait lancé le boss du club bavarois. "Nous avons tous entendu le buzz au sujet de son contrat avec le Qatar, d’environ 200 M€ par saison. J’espère que Michel Platini prendra sérieusement les choses en main au 1er juillet. C’est un véritable test pour l’UEFA". Jeudi soir, Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain, ne s'est pas débiné et a répondu sèchement au patron du Bayern: "je suis très confiant pour le fair-play financier, les contrats qu’on signe et notre budget. Le Bayern Munich ? J’ai beaucoup de respect pour eux. C’est le meilleur club d’Europe, mais je demande encore une fois au Bayern de laisser le PSG et de ne pas parler du PSG". 

De son côté Jean-Claude Blanc, le directeur général du PSG, a défendu l'accord conclu avec QTA, évoquant une inquiétude liée "à la nouveauté du concept": "les gens ont le droit de s’interroger parce que ce contrat est le premier de ce genre et parce que son montant est important", a t-il confié dans l'Equipe de ce vendredi. "Nous faisons valoir un concept nouveau, le nationbranding, autrement dit la promotion d’un pays par le sport. Ce contrat est novateur, mais justifié". Aux inspecteurs financiers de l'UEFA d'en juger. 

Jean Charbon