Travail physique, Marcelo Bielsa et ferveur populaire : les premiers mots de Jorge Sampaoli à Marseille

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Jorge Sampaoli
Jorge Sampaoli lors de sa première conférence de presse à Marseille, mardi 9 mars. | Christophe SIMON / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Au lendemain de son premier entraînement, Jorge Sampaoli a officiellement été présenté à la presse au stade Vélodrome, mardi 9 mars. Le nouvel entraîneur de l’Olympique de Marseille en a profité pour poser les bases des mois à venir, promettant du changement et beaucoup de travail à ses joueurs. Entre autres. France.tv sport vous résume les choses à retenir des premiers mots du nouvel homme fort sur le banc olympien.

Après une semaine de quarantaine dans sa chambre d’hôtel, Jorge Sampaoli a eu le droit aux honneurs avec une présentation officielle dans la grande salle de presse du stade Vélodrome. Aux côtés du président Pablo Longoria, le nouvel entraîneur de l’OM a disserté pendant près d’une heure sur les raisons de son arrivée à Marseille, ce qu’il entend mettre en place, comment il compte sortir le club de la crise, ou encore sur l’héritage laissé dans ce club par son mentor : Marcelo Bielsa. Voici ce qu’il faut retenir des premiers mots de "Sampa" à l’OM. 

• Les raisons de son arrivée

Dans le communiqué qui annonçait sa nomination à Marseille, Jorge Sampaoli avait déjà mis en avant la ferveur autour du club, aussi volcanique et passionnée que lui. À l’écouter, c’est pour cela qu’il a accepté le poste : "J'ai choisi l'OM pour beaucoup de raisons, je connais ce club depuis longtemps ; je l'ai choisi pour la culture de la ville, cette identification populaire à la manière dont je vis les émotions. J'ai ressenti une joie immense à participer à ce projet". Et s’il connaît le club, c’est parce que Jorge Sampaoli est un grand fan de Marcelo Bielsa, autre entraîneur argentin passé par l’OM en 2014-2015 : "Pour beaucoup d'entraîneurs, Marcelo Bielsa est une référence et pour moi tout particulièrement. J'ai suivi chacune de ses équipes et je me sens idéologiquement proche de lui dans le jeu".

Soulignée par tous les observateurs, et attendue par les supporters, cette filiation entre Bielsa et Sampaoli se traduira-t-elle sur le terrain ? L’Argentin a donné un début de réponse : "Je ne compte pas tenter de l'imiter. Il y a certaines idoles dans certains endroits, moi j'ai ma façon pour faire changer les choses. Je viens pour un projet précis dans un temps précis, cela ne me passionne pas qu'on se souvienne de mon nom à long terme". L’occasion de rappeler que le long terme n’est effectivement pas le souci de Sampaoli, qui n’est jamais resté plus d’une saison à la tête d’un club depuis ses quatre années en tant que sélectionneur du Chili, entre 2012 et 2016.

• Comment il entend sortir de la crise

En une semaine de confinement à l’hôtel, Jorge Sampaoli a eu le temps de regarder les derniers matches de l’OM et de se faire une idée du chantier à accomplir. Après avoir laissé fuiter qu’il avait été "atterré" par le niveau de jeu des Marseillais, il a donné le ton : il va falloir travailler, beaucoup travailler. "Je dois convaincre le groupe qu'il doit être compétitif dans tous les domaines en s'impliquant. Nous allons faire en sorte de faire adhérer les joueurs à cette philosophie, certains s'adapteront vite, d'autres plus lentement, certains pas du tout. Le rôle du staff est de séduire le groupe et de redorer le blason du club"

à voir aussi Coupe de France : l'exploit de Canet-en-Roussillon, pensionnaire de Division 4 française, qui élimine l'Olympique de Marseille Coupe de France : l'exploit de Canet-en-Roussillon, pensionnaire de Division 4 française, qui élimine l'Olympique de Marseille

Conscient de l’exigence de ses méthodes, Sampaoli n’est pas non plus là pour se mettre son vestiaire à dos : "Une crise peut donner lieu à une rupture. Or, il faut se rapprocher et se réunir. Il faut corriger ce qui ne va pas et ne pas se désunir. Le processus va être progressif, il va falloir de la patience". L’Argentin compte aussi s’appuyer sur le contexte tendu autour du club pour réveiller les joueurs : "Cette notion de rébellion, on va l'utiliser pour sortir de la situation actuelle. Il m'est souvent arrivé d'être face à ce type de situation, je compte montrer ma sincérité de vouloir faire changer les choses. À certains endroits, le message est passé vite, ailleurs cela a mis plus longtemps. Je veux que les joueurs ressentent ce que les supporters ressentent pour ce maillot. C'est l'essentiel pour un footballeur". De belles promesses qu’il va falloir tenir.

• Ses ambitions pour la suite

Réputé pour le style du jeu ultra-offensif et spectaculaire de ses équipes, Jorge Sampaoli compte bien insuffler un vent nouveau sur le Vieux Port. Et ce, même s’il débarque en cours de saison sans avoir choisi son effectif :  "L'idéal pour un coach est de commencer avec un groupe choisi, parfois ce n'est pas le cas, mais ici j'ai tout de suite dit oui car j'étais très motivé par le projet. Si nous pouvons nous qualifier pour l'Europe, nous n'allons pas nous priver. Nous sommes dans l'analyse des solutions pour optimiser la performance des joueurs et de l’équipe." 

En dehors de l’urgence de résultat pour l’OM - piteusement éliminé de la Coupe de France dimanche par les amateurs de Canet-en-Roussillon -, Sampaoli est persuadé de pouvoir tirer quelque chose de son groupe : "C'est mon souhait, oui. À court terme, déjà, mettre en place une philosophie de jeu. Au-delà de la crise, il faut revenir aux fondamentaux, l'envie, le rythme. Il faut que chaque joueur sente la chance de porter ce maillot. On a déjà proposé des outils pour sortir cette équipe de cette période difficile". Le moment venu, il faudra aussi s’intéresser au mercato, domaine du président - et ex-directeur sportif - Pablo Longoria. Mais cela, "Sampa" a refusé d’en parler. Chaque chose en son temps.

à voir aussi Coupe de France : l'OM spécialiste des éliminations honteuses Coupe de France : l'OM spécialiste des éliminations honteuses