Cyril Rool
Cyril Rool sous le maillot marseillais en 2009 | AFP - MICHEL GANGNE

Transferts suspects à l'OM: Cyril Rool rejoint José Anigo en garde à vue

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Les gardes à vue d'une dizaine de personnes, dont l'ex-directeur sportif de l'OM José Anigo, se sont poursuivies à Marseille dans l'affaire des transferts présumés douteux au club marseillais. Aux douze personnes entendues depuis mardi, s'en sont ajoutées deux: l'agent de joueurs Jean-Luc Barresi qui serait venu spontanément, et l'ancien joueur Cyril Rool, selon La Provence. Les enquêteurs soupçonnent des versements indus de commissions et rétro-commissions au profit de membres du milieu à l'occasion de transferts importants.

Douze personnes avaient été placées en garde à vue mardi, des agents de  joueurs et des proches, des intermédiaires, et des personnes "connues pour  appartenir au milieu du grand banditisme", selon une source proche de l'enquête. En ce mercredi soir, alors que les gardes à vue se poursuivent, deux autres sont venues s'ajouter pour porter le nombre à quatorze.

De source judiciaire, figurent notamment parmi les personnes auditionnées  depuis mardi, outre José Anigo, les agents Christophe Hutteau (ancien  représentant de l'international Mathieu Valbuena) et Karim Aklil (intervenu  notamment sur les transferts de Souleymane Diawara et Mamadou Niang),  l'intermédiaire Patrick Blondeau (ex-défenseur de l'OM), un ancien malfaiteur marseillais connu pour des vols à main armée, Richard Deruda, ami d'enfance de  José Anigo, ainsi que le fils de Deruda, Thomas, actuel joueur de Consolat  (National) et ex-joueur réserviste de l'OM. Mercredi, cela s'est poursuivi avec deux nouvelles gardes à vue: un autre  agent de joueurs longtemps proche de l'OM, Jean-Luc Barresi, qui, selon des  déclarations de son avocat Pierre Bruno à France 3 Provence Alpes, "a souhaité  venir s'expliquer spontanément"; et l'ex-joueur de l'OM Cyril Rool, placé en  garde à vue mercredi après-midi selon La Provence.

Commissions et rétro-commissions

Condamné en appel en mars 2014 à un an de prison ferme dans une affaire  d'extorsion de fonds sur le port de Marseille, Jean-Luc Barresi s'est pourvu en  cassation, ce qui lui permet de conserver sa licence d'agent. Des membres de sa  famille et des proches sont également entendus. Les deux frères de Jean-Luc,  Bernard et Franck, ont été condamnés pour braquage. Ces gardes à vue sont conduites par les enquêteurs de l'Office central de  lutte contre le crime organisé, dans le cadre d'une information judiciaire pour  "extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs" ouverte en  juillet 2011 (bien juillet 2011) par le juge marseillais Christophe Perruaux.

Les enquêteurs soupçonnent des versements indus de commissions et  rétro-commissions au profit de membres du milieu à l'occasion de transferts  importants. Dans le viseur de la justice, en particulier: les transferts de  l'attaquant André-Pierre Gignac de Toulouse à l'OM en 2010 (pour 20 millions  d'euros) et du défenseur Souleymane Diawara de Bordeaux à l'OM en 2009 (pour  environ 6 M EUR). Les investigations montrent ainsi une certaine "porosité entre des agents  respectables et des agents qui le sont moins", avait commenté fin novembre une  source judiciaire, lorsque l'actuel président de l'OM Vincent Labrune, et ses  prédécesseurs Jean-Claude Dassier et Pape Diouf, avaient également été placés  en garde à vue dans le cadre de cette enquête à plusieurs niveaux. Ils avaient  été remis en liberté sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre eux.

AFP