Debuchy et Kadir au sol
Debuchy et Kadir au sol | LO PRESTI/AFP

Toulouse ne lâche rien, Lille accroché

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Bousculée par une équipe de Valenciennes entreprenante, et parfois brillante techniquement, Lille n’a pu obtenir qu’un match nul 0-0. Opposée à un concurrent direct et réduite à dix, l'équipe de Toulouse a démontré qu'elle pouvait prétendre à une place européenne en dominant Rennes 1-0 lors de la 12e journée de Ligue 1. Dans un match un peu trop musclé, Sochaux n'a pas profité de sa supériorité numérique face à Nice, et s'est contenté d'un nul (1-1).

A Toulouse, Sissoko a provoqué un coup franc juste devant la surface, et c'est Didot qui d'une frappe puissante -détournée par Doumbia dans le mur- qui a ouvert le score pour le Téfécé (26e, 1-0). Alors que dans une rencontre relativement équilibrée, Toulouse se dirigeait tranquillement vers une courte victoire, Deveaux se faisait expulsé pour un tacle trop haut sur Théophile-Catherine. Réduits à dix pendant 35 minutes, les Toulousains ont eu le mérite de tenir bon, résistant aux assauts adverses à l'image d'un Féret sur tous les coups, et dont la frappe à une minutes de la fin du temps réglementaire aurait sans doute pu finir ailleurs qu'à côté du poteau... Ce match nul n'arrange pas vraiment les Rennais, mais il a le mérite de voir le classement du haut de tableau se resserrer un peu avec la présence de Toulouse, désormais non loin du podium.

Au Stade du Ray, dans une rencontre bien trop musclée pour être montrée en exemple aux jeunes, Nice et Sochaux se sont quittés sur un score de parité (1-1). Les Aiglons ont bien dominé la première période, inscrivant un  but les premiers par l'intermédiaire de Moulounghi (30e, 1-0), bien servi par Hellebuyck. L'ouverture du score était logique, mais cinq minutes plus tard, les Sochaliens donnaient le tournis à la défense adverse, et Martin se voyait fauché dans la surface. L'arbitre M. Ennjimi montrait le point du pénalty, et Boudebouz se chargeait d'égaliser. La tension montait au fil des minutes, les premiers cartons jaunes étaient distribuées, et à la 62e minute, Hellebuyck était expulsé alors que le joueur n'avait visiblement pas eu l'intention de blesser son adversaire. Comme pour les Toulousains, les Niçois sont parvenus à préserver le score malgré cette infériorité numérique, mais il n'est pas sûr que ce petit point convienne à leurs supporteurs qui voient toujours leur club à proximité de la zone rouge.

Valenciennes et Lille dos à dos

L’engagement était au rendez-vous dès les premières minutes de ce derby. Victime de ce désir de répondre présent, Basa retombait mal et se blessait à l’épaule gauche. Rudi Garcia était contraint d’effectuer un premier changement (Bonnart) après seulement cinq minutes de jeu. Très entreprenants, les Valenciennois se créaient de nombreux espaces, notamment côté droit grâce à un insaisissable Aboubakar. Les Lillois se montraient néanmoins menaçants en contres, et sur l’un d’entre eux, une frappe de Payet, détournée par Sow, terminait sa course sur le poteau (19e). Le rythme ne faiblissait pas et Cohade frappait cette fois la barre pour Valenciennes sur une splendide reprise de volée (31e). Kadir lui aussi se faisait remarquer sur une frappe en pivot (39e) détournée par Landreau, et Aboubakar, décidément très en verve, effectuait un véritable festival côté gauche, et manquait de peu de lober le capitaine et dernier rempart du Losc 41e.

Au retour des vestiaires, les Valenciennois ne faiblissaient pas, et après déjà une première alerte sur une tête non cadrée d’Aboubakar (48e), touchaient de nouveau le poteau de Landreau (54e), tout heureux d’être encore invaincu après tant d’occasions adverses. Même Carlos Sanchez tentait sa chance à diverses reprises (61e et 73e), mais en vain. L’entrée en jeu de Joe Cole n’aura pas eu l’effet escompté sur le jeu lillois, et le score (0-0) en est resté là. Lille reste bien sur le podium, mais a vu son écart sur le leader parisien s’agrandir, passant de quatre à six points. Auteur d’une prestation plus qu’honorable, Valenciennes a démontré qu’elle ne devrait pas rester trop longtemps dans la zone rouge.

REACTIONS

Daniel Sanchez (entraîneur de  Valenciennes): "sur les deux derniers matches, prendre seulement un point, ce  n'est pas payé. Ce soir, on peut regretter notre manque de réalisme,  d'efficacité et un peu notre manque de réussite quand on touche trois fois les  montants. Globalement, on peut être satisfait du jeu produit, surtout avec la  qualité de l'adversaire, mais à l'arrivée, on ne prend qu'un point. Je n'avais  pas de doute sur l'envie et la motivation de mon équipe avant le match, je  connais son potentiel et je sais que l'on peut bien faire et leur tenir tête.  Pour la soirée parfaite, il aurait fallu ce petit but. On n'a pas concédé  beaucoup d'actions dangereuses, on n'a pas renié nos principes de jeu. Il  fallait jouer et ce soir, on l'a fait. On est frustré et déçu mais pas abattu.  Il n'y a pas de quoi l'être. Au contraire, faire ce genre de match contre ce  genre d'équipes doit nous amener de la confiance. Et, en travaillant, on va  bien s'améliorer et devenir plus efficace. Je suis sûr que si on garde cet état  d'esprit et cette volonté, on va sortir de cette zone-là".

Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "Sans contestation (c'est la pire prestation de l'équipe cette saison).  J'espère qu'on avait la tête à Milan, on aura la réponse mercredi. Et cette  fois-ci, on n'aura pas besoin de pousser les joueurs dans la motivation.  Valenciennes a été très bon, bien plus motivé que nous. Ils ont gagné tous les  duels. On a mis la tête hors de l'eau en seconde période mais sans un 'Micka'  (Mickaël) Landreau des grands soirs, on rentrait sans point. C'est assez rare  pour le souligner mais ce soir on a fait pas mal de choses à l'envers. Perdre  Basa dès la première minute a été dommageable, il a fallu s'adapter rapidement,  et on a mis un moment pour le faire. On dit que quand on ne peut pas gagner, il  faut essayer de ne pas perdre. Ce soir on n'a pas perdu, on n'a pas pris de  but, on prend un point et du coup on retrouve le podium, c'est le point positif  de la soirée. On a trouvé un adversaire meilleur que nous sur un match. (Les  blessures de Basa et Balmont) C'est ça la mauvaise nouvelle de la soirée. Ils  sont fortement incertains (pour l'Inter Milan)".

Romain Bonte