Jean-Pierre Louvel
Le président du Havre, également président de l'Union des clubs professionnels de football Jean-Pierre Louvel | AFP - FRANCK FIFE

Taxe 75%: Louvel croit en la médiation

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Le président du syndicat des clubs professionnels de football (UCPF), Jean-Pierre Louvel, a justifié jeudi le report sine die de la grève des clubs de Ligue 1 et 2 par la "confiance" accordée "à la médiation" sur la future taxe à 75% sur les hauts revenus.

Pourquoi avoir décidé de repousser sine die la journée blanche prévue  fin novembre, plutôt que de choisir une date butoir?
Jean-Pierre Louvel: "On n'est pas là pour faire un ultimatum au gouvernement, mais pour  dialoguer."
   
Redoutiez-vous de faire grève, ce qui aurait été impopulaire?
JPL: "Non, ni moi ni un certain nombre de présidents. Cette journée blanche,  si malheureusement elle devait avoir lieu, démontrerait que le football est à l'agonie. Mais je peux assurer qu'elle serait beaucoup mieux reçue que ce qu'on  imagine aujourd'hui. Un supportur qui va échanger avec le joueur (au lieu d'aller à un match, ndlr), ou, comme dans certains clubs, qui va faire un petit  tournoi avec des joueurs, il va s'en souvenir."
   
Mais peu à peu, un certain nombre de clubs se sont prononcés contre  cette journée blanche...
JPL: "Quel est le chef d'entreprise qui a envie de mettre son entreprise en grève? Tout ça nous le comprenons et le partageons avec eux. Je rappellerai  juste qu'à l'assemblée générale (de l'UCPF, le 24 octobre) il y avait 43 clubs  présents (20 en L1, 20 en L2, 3 de National à statut pro) et les 43 à  l'unanimité ont voté. Qu'après dans l'appréciation, au contact du terrain, il y ait des craintes, on peut le comprendre."
   
Quelle raison vous a poussé à ajourner votre menace de grève?
JPL: "Nous avons constaté qu'un dialogue positif s'était engagé mercredi soir  avec le médiateur désigné par l'Etat, M. Jean Glavany. Nous avons décidé de  faire confiance à cette médiation et à ce dialogue. Pour ce faire, nous avons  décidé de repousser la journée blanche à une date ultérieure et de revenir à la  table des discussions autour de la commission du football durable, sous réserve  qu'elles concernent les autres sujets, et pas les sujets dont on a à parler sur  la fiscalité, qui font l'objet de discussions séparées avec le médiateur. Nous  comptons sur ce dialogue, nous sommes déterminés à aboutir."
   
Quels types de propositions allez-vous faire?
JPL: "Dans un premier temps, nous avions demandé la non-rétroactivité sur nos  contrats. C'était un élément très important. Nous voyons bien que nous  n'aboutirons pas sur ce point-là. Nous continuons toutefois à demander un  certain nombre d'aménagements techniques très importants pour que les clubs  puissent assumer à la fois la charge et le paiement, ceci pour cette saison et  pour les suivantes. Il y a aussi une nécessité d'aménagements sur des points  bien précis indispensables à la compétitivité du football. Nous avons souhaité  que ces points soient ressortis de la commission du football durable pour être  traités de façon particulière."
   
Quels types d'aménagements demandez-vous?
JPL: "Il y a des points techniques qui sont particuliers à des entreprises  dont le budget court du 1er juillet au 30 juin, et non pas sur l'année civile,  et qui concernent le calcul de la masse salariale, des salaires et celui du  chiffre d'affaires. Ça pose une difficulté. Trouver comment on aménage cette  difficulté est le type de question qui a été posé lors de la médiation. Mais ce  n'est pas en une séance que les problèmes peuvent être résolus. Le calendrier  va s'étaler durant les deux, trois mois qui viennent".

AFP