Manifestation Bastia supporter blessé 022016
Des milliers de personnes défilent dans le calme à Bastia | Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Supporteur blessé: Manifestation calme, Toubon ouvre une enquête

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Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme samedi à Bastia derrière une banderole "Ghjustizia per Maxime" ("Justice pour Maxime"), une semaine après des incidents avec la police à Reims au cours desquels un supporter du SC Bastia, Maxime Beux, a été grièvement blessé. Par ailleurs, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a décidé d'ouvrir une enquête sur les circonstances dans lesquelles un supporter bastiais a été grièvement blessé le 13 février à Reims au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre.

En fin d'après-midi, les manifestants se sont dispersés sans qu'aucun  incident n'ait eu lieu, malgré les craintes que suscitait le rassemblement,  organisé à l'issue d'une semaine au cours de laquelle des heurts violents  avaient opposé à plusieurs reprises manifestants et forces de l'ordre. Le cortège, comprenant de nombreux fans du SC Bastia, dont le principal  club de supporters, Bastia 1905, avait appelé à défiler, et beaucoup  d'étudiants, est parti du Palais de justice de la villle et a emprunté le  boulevard Paoli, la principale artère de Bastia, avant de s'arrêter devant la  mairie de la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vers 16H20, un appel à la dispersion a été lancé, et un peu plus d'une  heure plus tard, le calme était revenu dans une ville qui était sous tension  dans l'attente de la manifestation, qui a rassemblé plus de 10.000 personnes  selon les organisateurs, 1.500 selon la police. Dans un contexte marqué en outre par les crispations entre Paris et les  dirigeants nationalistes corses parvenus au pouvoir à la faveur d'une victoire  historique lors des élections territoriales de décembre, beaucoup craignaient  que la manifestation ne dégénère. Peu avant le départ du cortège, la préfecture  de Haute-Corse a annoncé que des policiers avaient découvert près de la  préfecture des engins explosifs "dangereux pour les personnes".

Le Défenseur des droits veut enquêter

Scandant "Tous avec Maxime", "Ghjustizia per Maxime" ou "Liberta per Di  Caro", les manifestants portaient en nombre des drapeaux corses ou aux couleurs  du Sporting Club de Bastia. "On n'oublie pas Rémi (Di Caro) qui a soutenu Maxime et qui paie pour  cela", a déclaré un des porte-parole de Bastia 1905, Jean-Etienne Venturi. Rémi  Di Caro, 20 ans, a été condamné jeudi à à 10 mois de prison, dont 5 ferme,  après avoir été interpellé après une manifestation qui a dégénéré mardi soir à  Corte, où se trouve l'Université de Corse. Des affrontements parfois violents, même s'ils n'ont pas fait de blessé,  ont opposé à plusieurs reprises à Bastia et Corte manifestants et forces de  l'ordre depuis les incidents qui ont eu lieu à Reims le 13 février.

Des slogans plus politiques comme "FLN!" ou "Etat français assassin!" ont  également été scandés par les manifestants, dont certains ont pris à partie des  journalistes. "Nous devons dénoncer les élus qui sont restés chez eux (...).  Nos élus tremblent pour leurs sièges, on leur a donné le pouvoir mais aussi des  devoirs qu'ils n'ont pas assumés aujourd'hui", a également lancé dans un  mégaphone un des organisateurs de la manifestation. Des dirigeants et cinq joueurs du SC Bastia ont aussi pris part au  rassemblement devant le Palais de justice mais n'ont pas défilé ensuite, a  constaté un journaliste de l'AFP. Les appels à l'apaisement s'étaient multipliés avant la manifestation.  Samedi matin, Maxime Beux lui-même, tout juste rentré en Corse, avait appelé  par la voix de son avocate Cynthia Costa-Sigrist "à la sérénité, la dignité et  au calme".

Le jeune homme assure avoir été blessé par un tir de Flash-Ball des forces  de l'ordre dans les incidents qui ont opposé des supporters bastiais et des  policiers à Reims le 13 février après le match Reims-Bastia. Le parquet de  Reims affirme de son côté qu'il se serait blessé en tombant sur un poteau alors  qu'il était poursuivi par des policiers. Une information judiciaire pour "violences volontaires" a été ouverte pour  clarifier les circonstances des incidents, et l'Inspection générale de la  police nationale a été saisie. Samedi, le Défenseur des droits Jacques Toubon a par ailleurs annoncé qu'il  allait ouvrir une enquête sur les circonstances dans lesquelles le jeune homme  a été blessé "au titre de sa mission de contrôle du respect des règles de  déontologie par les forces de sécurité".

AFP