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Jordan Ayew (à droite) | SEBASTIEN BOZON / AFP

A Sochaux, Ayew apprend la vie

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Jordan Ayew, qui devrait retrouver l'OM ce samedi à l'occasion de la 31e journée de Ligue 1 (17h15, 31e journée), découvre à Sochaux le vrai combat: celui d'un club qui lutte pour sauver sa peau dans l'élite. Fréquemment pointé du doigt pour un prétendu manque d'implication à Marseille, le Ghanéen n'a pas tardé à gagner la confiance de son entraîneur, Hervé Renard.

Dans "Les Mandarins", Simone de Beauvoir explique que "dans toutes les larmes s'attarde un espoir". Dans celles de Jordan Ayew, qui craquait en pleine interview le 1er février dernier (à l'issue de la victoire sochalienne face à Nantes), on y a non seulement vu l'espoir, mais surtout la gratitude. Le Ghanéen, visiblement soulagé d'avoir décroché 3 points essentiels dans la course au maintien, se lâchait, laissait les larmes couler et ses yeux se gonfler, remerciant abondamment Hervé Renard - son coach - de lui accorder sa confiance. Comme si, lui, ne pensait pas la mériter. Les supporteurs de l'OM, qui ne connaissait du frère cadet d'André que ses coups de sang ou ses caprices sur le rectangle vert, ont dû être bien surpris. A Sochaux, Jordan Ayew n'est plus un enfant gâté. Il est un soldat, prêt à en découdre pour sauver les siens. 

Moins finisseur, mais plus altruiste

Jordan Ayew n'a jamais été un buteur très prolifique. En 2012/2013, sous la houlette d'Elie Baup, le joueur prêté par l'OM signait alors sa meilleur saison sur le plan statistique (7 buts). Depuis, le fils d'Abedi Pelé a éprouvé les pires difficultés à faire trembler les filets adverses, à l'OM comme à Sochaux (1 but pour chacun des 2 clubs). Mais chez les Lionceaux, Jordan Ayew, malgré son piteux bilan chiffré, se bat à chaque rencontre, ne rechigne pas à venir chercher les ballons plus bas ou à revenir défendre. Aligné à la pointe de l'attaque doubiste, le jeune Ghanéen touche en moyenne 45 ballons par match; un chiffre qui en dit long sur son implication dans les phases de construction sochaliennes. Sous la coupe d'Hervé Renard, il dispose d'un temps de jeu important (671 minutes), preuve que l'ancien sélectionneur de la Zambie a conscience des progrès accomplis dans l'état d'esprit. Des progrès qui n'ont pas échappé à l'entraîneur de l'Olympique de Marseille, José Anigo: "ça lui aura permis de jouer de manière plus régulière et de voir aussi qu’à Marseille, on se plaint parfois que c’est difficile, mais il a peut-être réalisé qu’ailleurs aussi, c’était difficile. Il est jeune, il est encore en progression. Il va grandir encore".

A t-il le droit de jouer contre l'OM ? 

Depuis jeudi, les dirigeants de l'OM et Sochaux se crêpent le chignon par médias interposés au sujet de l'attaquant ghanéen. Sur le site officiel du club marseillais, José Anigo assurait avoir établi un accord moral avec le club doubiste, lequel stipulait que Jordan Ayew ne jouerait pas contre le club qui loue ses services:" on a un gentleman agreement avec Sochaux pour que Jordan ne joue pas contre nous. Mais il n’y a rien de signé". De son côté, Laurent Pernet, le président du FC Sochaux, a avoué à l'Equipe qu'une telle demande avait été évoquée par l'OM, mais a nié tout accord: "Il n’y a pas d’accord écrit, ni de gentleman agreement à ce sujet", a expliqué le dirigeant franc-comtois. "Lors des premières discussions que j’ai eues avec Vincent Labrune, la question que le joueur ne joue pas face à l’OM au cas où il vienne chez nous a été évoquée. Mais pour nous, cela n’était pas acceptable, et lors de la finalisation du prêt, nous n’en avons pas reparlé. Il n’y a donc eu aucun accord, et je peux vous assurer que Jordan a envie de jouer. Il est venu à Sochaux pour cela". S'il marque face à ses anciens partenaires, l'état-major sochalien devra s'attendre à essuyer les attaques de ses homologues olympiens. 

Jean Charbon