Parc des princes nuit
Le Parc des Princes un soir de match | CITIZENSIDE/FRANCOIS PAULETTO / citizenside.com

Silence, on joue au Parc des Princes…

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Le PSG était malade de ses Ultras. Aux grands maux les grands remèdes, le plan Leproux a éradiqué la violence du Parc des Princes. Aseptisé, le stade parisien continue de mettre un sparadrap sur la bouche des supporters. Désormais, ce sont les fans adverses qui sont mis sur le banc. Prix exorbitants, liberté d'expression limitée, restrictions du nombre de place, interdictions sur le matériel, tout est fait pour dissuader les supporters visiteurs de monter à Paris.

Habitué à avoir son douzième homme dans le dos, St-Etienne sera bien seul mercredi soir au moment d'affronter l'ogre parisien. Dans le parcage réservé aux visiteurs, pas une seule âme pour chanter et pousser l'ASSE. Peut-être une poignée d'indépendants ou de Verts de Paris mais aucun groupe de supporters historiques. Ces derniers, pas que des Ultras, ont décidé un nouveau boycott du Parc des Princes. Les raisons de cette absence à ce match qui devait être une grande fête populaire ? Elles sont multiples et ne datent pas d'hier. Le PSG a décidé de réduire son parcage de 2000 à 800 places sans explication. Il interdit également de rentrer tambours, mégaphones, bâches et drapeaux, c'est-à-dire le matériel indispensable à l'organisation d'une ambiance digne de ce nom. Depuis deux saisons, le prix des places est devenu prohibitif. A 40 euros la demi-finale de Coupe de France hors frais liés au déplacement, c'est excessif pour les supporters qui donnent déjà beaucoup de leur temps et de leur argent à leur club. Mais le coup de massue, la mesure qui passe le moins, c'est le contrôle d'identité fait par des personnes non assermentées. "On doit fournir un listing des personnes avec nom, prénom, date de naissance, numéros de Carte Nationale d'Identité, explique Guillaume, l'un des membres du bureau de l'Union des Supporters Stéphanois (USS) qui a voté le boycott. Ce n'est pas indiqué dans les conditions générales de vente et le contrôle ne se fait pas par un officier de Police Judiciaire comme le prévoit la loi."

Paris fait le vide

"Ces mesures sont liberticides, reprend Guillaume. Le but est d'aseptiser les stades. C'est malheureux car ça prive une partie des supporters de leur passion." Si les Ultras foréziens ont été dans le collimateur de la Ligue et des autorités publiques ces derniers mois, ils ne sont pas les seuls à se plaindre de ce traitement "spécial" en terre parisienne. Pour les mêmes raisons, les supporters de nombreux clubs ont également renoncé à ce déplacement de gala (Lille, Nice, Lyon Toulouse, Montpellier, Lorient, etc.). "La décision de ne plus se rendre au Parc a été prise dès la saison passée (2013-2014, ndlr), après notre déplacement à Paris, racontait un membre actif des Dogues Virage Est sur sofoot.com en mai dernier. Lorsqu'on est arrivés au Parc, on nous a demandé de suivre une escorte policière trois heures avant le match, avant d'être parqués plusieurs heures comme des bêtes, entourés de flics, sans avoir le droit de boire ou de manger. On s'est fait chambouler, insulter, provoquer." Dans le parcage, outre les interdictions de matériels, on ne peut même plus rester debout. Les stadiers exercent une pression permanente pour visser les supporters sur leur siège. Pour un ancien ultra parisien, ces fortes contraintes n'ont pour but que d'éviter que les fans visiteurs ne fassent plus de bruit que le reste du stade devenu très passif. Le PSG version QSI suit le modèle britannique qui a changé le visage de ses spectateurs en pratiquant une hausse notable de ses tarifs. Un coup au porte-monnaie que les classes populaires ne peuvent plus supporter.

Abonnement résilié

Dès le moindre mouvement de foule, les dirigeants parisiens frôlent la parano. La contestation ne fait plus partie du vocabulaire du PSG, sauf peut-être pour ses joueurs envers le corps arbitral. Début mars, le club parisien a résilié l'abonnement de Yoann Seddik, un supporter du virage Boulogne qui avait lancé un chant dénonçant le montant des abonnements pour la future saison. "Cette décision a été prise en raisons d'insultes proférées à l'encontre du président Nasser Al-Khelaïfi. Ces insultes sont attestées par diverses sources", avait déclaré une source à l'AFP. Exclu du Parc pendant le match contre Monaco, Seddik affirmait également n'avoir "jamais été interdit de stade, jamais allumé un fumigène ni chanté contre le président" du PSG. "Ils ont pris une photo de mon abonnement, l'ont envoyée à la sécurité et  m'ont dit que j'avais chanté un chant contestataire", avait-il conclu. Absents, ça n'arrivera pas aux Stéphanois mercredi. Ils espèrent toutefois revenir en région parisien fin mai pour la finale au Stade de France. L'entraîneur de l'ASSE Christophe Galtier avait connu le parcage vide à Lyon l'an dernier. Un bon souvenir malgré tout. "Pour d’autres raisons, cela avait été aussi le cas lors du derby la saison dernière, se souvient-il. J’espère que l’issue sera la même et qu’on pourra leur faire plaisir. Leur permettre d’organiser encore un déplacement au Stade de France, ce serait le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire." En 2013, les Verts avaient enflammé la finale de la Coupe de la Ligue face à Rennes (1-0). Et sans fumigène.

COUPE DE FRANCE: DEMI-FINALE PSG-ASSE EN DIRECT SUR FRANCE 2 ET FRANCETVSPORT.FR A PARTIR DE 20h55

Xavier Richard @littletwitman