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Seydoux: "Les diffuseurs ont besoin" de la L1

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La défection annoncée d'Orange dans les futures enchères pour les droits de retransmission de la L1 inquiète peu Michel Seydoux, président de la commission marketing de la LFP qui croit en l'attractivité du championnat français. Persuadé en revanche de la nécessité de le reformater afin de l'adapter aux nouvelles technologies, le patron de Lille n'est pas convaincu par la création d'une chaîne par la LFP, projet défendu par son président Frédéric Thiriez.

Q: La création d'une chaîne Ligue 1, présentée comme imminente il y a quelques semaines, semble avoir du plomb dans l'aile. Du moins à court terme. Cela vous satisfait?
R: "La création d'une chaîne en urgence tout comme le rachat d'Orange étaient des solutions opportunistes. Trop hâtives. Peut-être qu'au bout du compte, après réflexion, on fera cette chaîne mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Je suis de ceux qui croient qu'il faut définir un produit avant de fabriquer l'outil pour le diffuser. Il faut réfléchir au contenu pour conforter notre client final qu'est le téléspectateur".

Q: L'échec d'Orange qui a proposé des rendez-vous confidentiels (300.000 abonnés) n'a-t-il pas fait perdre de la valeur au produit L1?
R: "Le spectacle du sport est unique et inestimable mais il est certain que plus on a de client plus il a de la valeur. Je pense que l'offre d'Orange était alléchante économiquement mais qu'au bout du compte nous avons perdu des clients qu'aujourd'hui il faut reconquérir.

Q: Comment?
R: "Les méthodes de consommation sont évolutives. Outre la télé, vous avez les tablettes, les ordinateurs, les portables. 2012, c'est un rendez vous à très court terme sur le plan économique mais très long par rapport aux évolutions technologiques: Il y a quelques mois on ne connaissait pas l'Ipad et qui sait quel support existera dans deux ans?"

Q: Il vous faut également reconquérir les diffuseurs...
R: "Oui, de la même manière. En faisant évoluer les programmations, sortir peut-être du sacro-saint rendez-vous où tous les matches sont à la même heure pour les étaler dans le temps. Il faut réfléchir aux plages horaires. Il y a des cases libres prises par la concurrence: le foot étranger, les sports collectifs. Beaucoup de foot ne tue pas le foot et l'attractivité d'un match de L1 sera toujours plus forte que celle d'un match étranger. C'est une transformation à laquelle nous réfléchissons beaucoup."

Q: Avec quel second diffuseur puisque Canal Plus a annoncé mordicus qu'il n'irait pas au-delà des 465 millions d'euros payés en 2008?

R: "La posture de Canal+ est normale. J'aurais la même si j'en étais président. C'est un très gros achat pour eux. C'est à nous de trouver un produit suffisamment attractif. Il y a des championnats qui vivent très bien avec un seul diffuseur".

Q: Canal pourrait donc selon vous "craquer"?

R: "On veut un accord gagnant/gagnant. Il n'y a pas d'autre produit phare pour la télé à péage. Le direct reste l'exclusivité absolue. Et le seul feuilleton populaire en direct est le foot. Nous savons que le diffuseur a besoin de nous comme nous avons besoin de lui."

AFP