Rudi Garcia
L'entraîneur, Rudi Garcia | PASCAL PAVANI / AFP

Rudi Garcia, le rebond permanent

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Agé de 55 ans, Rudi Garcia est le nouvel entraîneur de l'Olympique Lyonnais. Parti de Marseille à l'issue de la saison passée, l'ancien entraîneur de l'AS Roma n'a pas perdu de temps pour retrouver une place sur un banc. C'est d'ailleurs l'une de ses marques de fabrique: jamais depuis ses débuts de technicien, il n'a passé une saison sans être aux commandes d'une équipe.

A peine parti, aussitôt de retour. Rudi Garcia ne fait pas partie de ces entraîneurs qui prennent leur temps pour retrouver un club. Tout l'opposé de Laurent Blanc, l'un de ses rivaux pour prendre en main l'Olympique Lyonnais, qui patiente lui depuis plus de 3 ans et son départ du PSG pour se relancer sur un banc. Depuis ses débuts comme entraîneur d'une équipe professionnelle, le nouvel homme fort de l'OL n'a jamais fait de saison blanche. Dans toute sa carrière, il n'aura jamais passé plus de 9 mois sans entraîner. En 18 années, il n'aura vécu que 21 mois (en cumulé) loin d'un banc.

A Lille, licencié le 2 juin, réembauché le 18

En janvier 2001, il succède à John Toshack à Saint-Etienne, avant d'être remplacé en juin. Licencié, mi-août, il rebondit le 21 mai 2002 à Dijon, qu'il fait monter en division 2 et qu'il amène en demi-finale de Coupe de France. Débauché par Le Mans en 2007, il y reste une année, avant de rompre son contrat en juin 2008 pour s'engager à Lille. Là, il réalise le "come-back" le plus rapide de sa carrière, en étant licencié le 2 juin 2009 pour être repris le 18 juin, suite à un désaccord profond avec un dirigeant du LOSC qui en aura fait les frais...

Puis, cap vers l'Italie et l'AS Roma en 2013, un destination pour laquelle le duo Blanc-Gasset avait déjà été pressenti... Il en est limogé en janvier 2016. Le 20 octobre de la même année, retour en France à l'OM. Et malgré sa prolongation de contrat signée en octobre 2018 jusqu'en 2021, il met un terme à sa collaboration à l'issue de la saison 2018-2019. Quatre mois après avoir quitté la Canebière, il est déjà de retour dans le championnat de France. En s'engageant avec Lyon, il perpétue son goût du rebond pour poursuivre son évolution et prendre en main une équipe construite pour jouer les premiers rôles en France, et pour s'illustrer en Europe. 

S'il a cette capacité à se relancer rapidement, c'est que son profil plaît. Travailleur, bon communicant, il s'est fabriqué un palmarès séduisant: champion de France et vainqueur de la Coupe de France en 2011 avec Lille, vice-champion d'Italie avec l'AS Roma en 2014 et 2015, finaliste de la Ligue Europa avec Marseille en 2018. "Il a une capacité d'adaptation à son environnement assez étonnante", disait de lui dans 20 Minutes son ancien joueur, Franck Béria, aujourd'hui directeur adjoint de Lille. Il avait aussi subjugué les tifosi lors de son arrivée à Rome en maniant l'italien déjà avec maestria. Et il avait séduit Franck McCourt, à l'OM, qui racontait que "quand je l'ai rencontré, il m'a tout de suite dit qu'il voulait gagner la Ligue des Champions". Il n'aura jamais fait mieux qu'une 4e place en Ligue 1, et n'aura jamais disputé la C1 avec les Olympiens.

A chaque fois, des débuts en fanfare

Partout où il est passé, Rudi Garcia a convaincu. Un temps. A Dijon, qui venait de finir dans la deuxième partie du classement de National lorsqu'il arrive, il met deux ans pour placer l'équipe en Ligue 2, atteint les demi-finales de la Coupe de France (meilleur parcours de son histoire) avant d'échouer à aller en Ligue 1 les trois saisons suivantes (4e, 5e, 8e). Au Mans, il fait passer le club de la 12e à la 9e place en L1, le meilleur résultat du club (sans oublier la demie en Coupe de la Ligue). Avec lui, le LOSC, cantonné au ventre mou de la L1, enchaîne une 5e place, puis une 4e, avant de conquérir le titre de champion de France en 2011, avec le doublé en prime (Coupe de France). Il remet la Roma sur la 2e marche du podium de la Serie A deux années de suite (derrière l'imbattable Juventus), ce que le club romain n'avait plus fait depuis trois ans. Enfin, il replace Marseille en finale d'une coupe d'Europe, ce que le seul club français vainqueur de la C1 n'avait plus connu depuis 14 ans.

Mais ses dernières aventures se sont souvent soldées de la même manière: après une belle lune de miel que ce soit à Rome ou à Marseille, l'idylle s'est finie par une séparation et un désamour entre les supporters et lui. Et si l'on ajoute l'ère lilloise, ses trois derniers contrats se sont achevés sur des performances sportives en recul. "Moi le premier, et les joueurs, on n'a pas été à la hauteur de cette saison mais on a bien fini", avait-il déclaré à l'issue de son dernier match à Marseille. "Moi, je suis toujours positif, je suis très content de ces 32 mois passés ici." Spécialiste des rebonds et des débuts en fanfare, le natif de Nemours sait que l'attente des dirigeants lyonnais et de leurs supporters est énorme. Sylvinho l'a appris à ses dépens au bout de seulement 11 matches.