Reportage : Entre espoir de Coupe d'Europe et nouveau statut, le Stade de Reims a repris l'entraînement

Publié le , modifié le

De notre envoyé·e spécial·e Adrien Hemard
Stade de Reims
L'espoir rémois, Nathanël Mbuku (à gauche), tout sourire au moment de retrouver l'entraînement. | AH

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Sixième la saison dernière, le Stade de Reims a confirmé pour sa deuxième saison consécutive en Ligue 1, après sa 8ème place en 2018-2019. Mieux, si le PSG gagne les coupes de France et de la Ligue, le club champenois disputera les barrages de Ligue Europa, 57 ans après sa dernière participation à une coupe d’Europe. En attendant d’être fixés, les Rémois ont repris l’entraînement lundi dans leur centre de vie avec pour objectif de confirmer leur nouveau statut : celui de club du top 10 Français. 

Sous un soleil estival aux rayons rafraîchis par la brise, les joueurs du Stade de Reims retrouvent le centre de vie Raymond Kopa. Il est 8h30, et le petit-déjeuner bat son plein pour les Rémois et leur staff en ce jour de reprise. "C’est comme une rentrée des classes, c’est la même excitation", confie l’entraîneur David Guion. Difficile de le contredire en voyant les joueurs, tout sourire, se raconter leurs vacances, tout en reprenant leurs marques. Il faut dire que cette reprise est un peu spéciale, Covid-19 et protocole sanitaire obligent. Ainsi, les joueurs sont répartis dans neuf vestiaires, par quatre maximum, de quoi en désorienter quelques uns de bon matin. Mais à Reims, le contexte sanitaire n’est pas la seule nouveauté de cette rentrée.

Europe, es-tu là ?

Alors que les joueurs se préparent, c’est au tour des journalistes d’arriver sur le parking. Là encore, les discussions tournent autour des vacances de chacun. Là aussi, les visages affichent la même joie de retrouver le quotidien d'une saison de foot. "C’est la première fois que je vois autant de monde à une reprise du Stade de Reims", se marre un confrère de la presse nationale. Et pour cause : cette saison, le club champenois n’est plus un simple promu ou une équipe destinée jouer le maintien. Sixième en 2019-2020, après une belle 8ème place en 2018-2019, Reims est devenu un club du top 10 français. Mieux encore, le Stade est aux portes de l’Europe, puisque si le PSG remporte les finales de Coupe de France et de Coupe de la Ligue, il sera qualifié en barrages de Ligue Europa.

Reportage : Entre espoir de Coupe d'Europe et nouveau statut, le Stade de Reims a repris l'entraînement
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D’ici là, le club doit entamer sa reprise en tenant compte de cette éventualité, mais sans trop y penser non plus. Tout un équilibre à trouver. "Pour moi ça ne change pas grand chose dans un premier temps, parce que ça ne dépend pas de nous", assure David Guion avant le premier entraînement de la saison. Il poursuit : "On va laisser se jouer les deux finales. Il faut porter beaucoup de respect à Lyon et Saint-Etienne. Il ne faut pas croire que le PSG va gagner les deux finales comme cela". Une prudence partagée par les supporters, à l’image de Florian, président des Ultras Rémois : "C’est difficile de se projeter, on n’a pas envie d’être déçus. Mais on a quand même regardé les dates des barrages en cas de qualification, pour ne pas prévoir de vacances ces jours-là, au cas où…".

Si ce discours modeste et superstitieux s’entend, le club est toutefois obligé d’anticiper un minimum un tel scénario. En effet, d’ordinaire, une qualification en Ligue Europa bouleverse la pré-saison en terme de préparation physique et de mercato : "Ça serait irresponsable de dire ‘On va en Europe, il faut recruter pour ça’. On ne le sait pas. Peut-être qu’il y aura alors un réajustement d’un ou deux joueurs", balaye David Guion. Dans ce scénario, les Rémois auraient d’ailleurs le temps puisque le mercato ne se fermera qu’en octobre, quelques jours après le barrage potentiel d'Europa League sur un match simple.

Un nouveau statut à défendre

Europe ou pas, le Stade de Reims s’apprête à vivre une saison avec un nouveau statut. Dans l’auditorium du club, David Guion s’en rend vite compte lors du premier point presse de la saison, où les questions fusent à ce sujet. Dans la foulée Mathieu Lacour, directeur général du Stade de Reims, en atteste : "Notre dynamique positive des dernières saisons nous donne du crédit. C’est beaucoup plus simple aujourd’hui de discuter avec des joueurs et agents que par le passé, on a plus d’arguments pour convaincre de la viabilité de notre projet". Après trente minutes d’échanges plus ou moins formels, les journalistes sont invités à quitter les lieux : les joueurs les remplacent pour un discours de rentrée avec leur coach. Dans l’après-midi, David Guion a aussi prévu une réunion avec eux pour "purger le confinement".

David Guion lors du point presse de reprise.
David Guion lors du point presse de reprise. © AH

Un bon quart d’heure plus tard, en respectant la distanciation sociale avec toute personne étrangère au club, les joueurs champenois foulent enfin la pelouse sous les yeux des journalistes, mais pas des supporters, toujours privés d'entraînements à cause du Covid-19. "C’est un billard, digne d’un club anglais", s’enthousiasme un confrère. "On est très content, très impatient de retrouver le terrain : ça a été très très long. Aujourd’hui, c’est un sentiment très agréable", savoure David Guion avant de lancer la première séance de la saison. Au programme : des ateliers physiques et techniques pour reprendre ses marques. "L’idée c’est d’y aller progressivement", explique l’entraîneur champenois, qui justifie : "En toute honnêteté on va dans l’inconnu. C’est la première fois qu’on a une si longue interruption de plus de trois mois, derrière laquelle on a 8 semaines de préparation"

Entre deux ateliers de jongles, les joueurs profitent de ces retrouvailles rendues encore plus chaleureuses par le soleil champenois, sans pouvoir interagir avec la presse, à cause du protocole sanitaire. Le président Jean-Pierre Caillot vient même jeter un œil à la séance. Confortablement installé dans son centre de vie ultra moderne, le Stade de Reims y passera ses deux premières semaines, avant de partir en stage. Au total, le club va disputer huit matches amicaux lors des huit semaines de préparation, divisées en deux phases. Fin juillet, les Rémois entameront les choses sérieuses alors que leur sort européen sera fixé, les finales de Coupe ayant lieu les 24 et 31 juillet.

Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims, venu assister à l'entraînement.
Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims, venu assister à l'entraînement. © AH

Cette étrange période d’attente, le Stade de Reims la vit toutefois très bien, sans se mettre de pression, et cela se sent dans les couloirs du centre de vie. A tous les niveaux au club, on sait qu’un cap a été franchi ces deux dernières années, qu’il y ait qualification ou non en Coupe d’Europe. "Le club a changé d’image auprès des gens, et des adversaires. Cela va être un point sur lequel je vais devoirs insister auprès de mes joueurs cette année. On ne va plus surprendre les grosses équipes, on sera plus respectés, mais donc attendus", anticipe David Guion. "Tout le monde ressent ce changement de statut. On a connu les périodes noires du club, donc on sait mesurer le chemin parcouru. Aujourd’hui, on a un club très sain et très bien structuré", apprécie Florian. Sans faire de bruit, le Stade de Reims a ainsi repris son quotidien, et espère bien continuer sur sa dynamique. Florian conclut : "On sait bien que finir sixième de nouveau, ce sera compliqué, mais un top 10 nous comblerait, surtout si on joue l’Europe". Réponse fin juillet mais, pour l’instant, interdit d’en parler dans un club au président plus que superstitieux.

De notre envoyé·e spécial·e Adrien Hemard @AdrienHemard