Christian Gourcuff
Christian Gourcuff. | AFP

Rennes-Marseille : attention bancs éjectables !

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Entraîner une équipe de Ligue 1 n'est jamais un métier très stable, mais Rennes et Marseille, qui s'affrontent ce mercredi pour le 6e journée de Ligue 1, sont friands du bouton actionnant le siège éjectable.

En la matière, nul ne dépasse Marseille, où la valse des entraîneurs se danse depuis toujours. Sur les 30 dernières années, Didier Deschamps, "le père la victoire", avec un titre et trois Coupes de la Ligue, est le seul à avoir tenu trois saisons. Auparavant l'entraîneur "le plus long" fut Roland Gransard (avril 1981-octobre 1984), avec l'OM des "Minots", alors en 2e division. En comparaison, Rennes paraîtrait presque sage, puisque, sur cette même période, Raymond Keruzoré (1987-1991) et Frédéric Antonetti (2009-2013) ont réussi à passer quatre saisons sur le banc rouge et noir.
Mais depuis le légendaire Jean Prouff (1964-1972), seuls ces deux techniciens ont plus de 150 matches au compteur. Depuis le rachat du club par François Pinault, il y a 18 ans, Christian Gourcuff, nommé cet été, est le 11e entraîneur rouge et noir. Le 10e si on considère qu'il a déjà occupé le poste lors de la saison 2001/2002.

"Les années y durent plus longtemps" 

Partir et revenir est d'ailleurs une pratique courante dans le bouillant club marseillais, qui use ses entraîneurs. "Les années y durent plus longtemps qu'ailleurs", avait raconté Rolland Courbis à l'AFP, dauphin de "DD" avec deux saisons un quart. L'actuel sélectionneur de l'équipe de France s'était notamment épuisé dans un conflit avec José Anigo, directeur sportif appelé trois fois pour assurer des intérims, en 2001, 2004 et 2013. On pourrait remonter au glorieux Raymond Goethals, qui a lui aussi connu trois périodes sur le banc, voire mentionner Gérard Gili, Albert Emon ou Tomislav Ivic qui ont tous fait plusieurs apparitions, parfois seulement pour quelques semaines. Et le rythme ne va pas ralentissant, puisque l'OM a eu six entraîneurs pendant les cinq années de la présidence de Vincent Labrune.

L'an dernier, Rennes comme Marseille ont d'ailleurs animé la rubrique "changement d'entraîneur". On peut au moins accorder à l'OM la circonstance atténuante de la démission de Marcelo Bielsa après une seule journée, que personne sur la Canebière n'a oubliée. Marseille avait ensuite confié les rênes à Franck Passi pendant deux matches, avant de faire venir Michel, qui n'a même pas fini la saison, remplacé par... Franck Passi.

Passi passera-t-il la saison ? 

L'actuel entraîneur, qui a été l'adjoint des quatre précédents techniciens (Elie Baup, José Anigo, Marcelo Bielsa et Michel), reste dans une situation très précaire. D'une part parce que son maintien à la reprise ressemblait un peu à un choix par défaut guidé par l'incertitude autour de la revente du club. Mais une fois la transaction conclue, le nouveau propriétaire, l'Américain Frank McCourt, pourrait bien vouloir changer de coach, peut-être même avant la saison prochaine. D'autre part, les résultats ne plaident pas en sa faveur. Avec 5 points en cinq matches, l'OM occupe à une triste 15e place de Ligue 1. Rennes , de son côté, ne désespère pas d'avoir trouvé la perle rare, celle qui va durer. Lassée par deux années et demi de résultats ternes et de jeu médiocre, la direction du club avait viré Philippe Montanier en janvier après une défaite humiliante à domicile contre Bourg-en-Bresse (L2), en Coupe de France et malgré une 6e place de Ligue 1, à portée des places qualificatives pour la Ligue des champions.

Rolland Courbis avait été appelé pour atteindre enfin cet objectif poursuivi en vain depuis l'arrivée de l'homme fort François Pinault. Mais l'effondrement dans la dernière ligne droite et la 8e place finale, avait contraint les Bretons à changer une nouvelle fois leur fusil d'épaule. Avec Christian Gourcuff, Rennes espère construire au moins une identité de jeu, base de toute ambition sportive.
Un bail de trois ans lui a été offert. S'il va au bout, il aura au moins réussi à intégrer le top 5 des entraîneurs qui auront duré le plus à Rennes depuis 45 ans.

AFP