Rennes le convalescent va défier Montpellier

Rennes le convalescent va défier Montpellier

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Récent vainqueur face à Dijon en Coupe de la Ligue et Lille, un autre malade, en Ligue 1, Rennes respire depuis une semaine. Après un imbroglio sur le départ du président René Ruello et une fronde des ultras, le Stade Rennais marche désormais sur un fil fragile. Une victoire à Montpellier, l'équipe en forme du moment, pourrait le consolider et donner un bol d'air à Christian Gourcuff, un temps annoncé sur le départ et finalement conservé.

Christian Gourcuff dort mieux : son équipe de Rennes, secouée par des mauvais résultats et les incertitudes sur la direction du club, s'est rassérénée en enchaînant deux victoires, avant de défier un Montpellier en pleine réussite, samedi (20 h) pour
la 11e journée de Ligue 1. "J'ai mieux dormi, je ne vous le cache pas, samedi soir, parce qu'on a pris trois points", contre Lille (1-0) lors de la dernière journée, a reconnu l'entraîneur en conférence de presse.

"Je n'ai pas bien dormi mercredi, mais c'était à cause du brouillard", qui a retardé l'avion des Rennais après leur qualification à Dijon (1-2) pour les 8es de finale de Coupe de la Ligue, a-t-il enchaîné. Fâché avec la presse qui avait annoncé son départ et celui du président René Ruello de façon précipitée il y a dix jours, l'entraîneur breton était bien plus détendu après ces deux prestations imparfaites mais qui auront mis du baume au coeur des Rouge et Noir.

Contre Lille, Rennes avait assuré le strict minimum, marquant tôt et faisant le dos rond contre des Nordistes maladroits offensivement. Mais à Dijon, surtout en deuxième période, l'équipe a affiché un niveau de jeu et une maîtrise plus intéressants, compte tenu des nombreux absents.

Orgueil et solidarité

Le "contexte de la compétition où il y avait peut-être moins de pression et la victoire de Lille font qu'on trouve davantage notre lucidité et notre clairvoyance", a expliqué Gourcuff. Mais ses joueurs ont surtout donné l'impression de s'être enfin révoltés, haussant leur combativité au niveau exigé par la situation du club. "Forcément (...) on a tous de l'orgueil, on n'aime pas se faire taper dessus. On se fait taper dessus à juste titre sur certains matches, on en est conscient. Mais on a envie de se rebeller, de ne pas se laisser faire", a confirmé Wahbi Khazri.

"Ce n'est pas parce qu'on a deux victoires qu'on va se relâcher, au contraire, surtout après la période négative qu'on a connue (mais il y a) plus de sourires et (c'est) plus facile de travailler dans la victoire", a-t-il témoigné. "Je n'ai jamais douté de la solidarité du groupe", a assuré de son côté Gourcuff, pour qui ce sursaut demande confirmation. "On ne va pas tirer d'enseignements définitifs, mais c'est plutôt encourageant. Le travail (à l'entraînement) a toujours été nickel. C'est un groupe sain qui travaille avec beaucoup de rigueur et d'enthousiasme", a-t-il souligné.

"Faire de belles choses"

Mais, "la compétition, c'est autre chose. Il faut des capacités qui permettent, dans un rapport de force avec l'adversaire, de s'imposer", reconnaissant par là les lacunes parfois affichées par son groupe dans trois domaines: "agressivité,
détermination, caractère". Toujours 15e de Ligue 1, avec 9 points en dix matches, Rennes sait qu'il n'y a pas de quoi pavoiser à l'heure d'aller chez le nouvel épouvantail de Ligue 1, Montpellier.

Les hommes de Michel Der Zakarian, qui restent sur six matches sans défaite, en tenant tête à Paris et Monaco et en ne concédant qu'un seul but au passage, voudront poursuivre sur leur phase ascendante. Mais pour peu que le club ait, comme le dit Gourcuff, mangé "son pain noir en termes de blessures" - Firmin Mubele, qui s'est luxé l'épaule à Dijon, est le dernier d'une longue liste d'absences pour raisons médicales -, le club se prendrait presque à rêver à de jours meilleurs. "Personnellement, je prends du plaisir à travailler avec (Gourcuff) tous les jours à l'entraînement et en match. J'espère qu'on ira tous ensemble au bout de cette saison et qu'on fera de belles choses", a lancé Khazri.

AFP