Ranieri, monsieur bricolage

Ranieri, monsieur bricolage

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La défaite à Guingamp (1-3) en demi-finale de la Coupe de France semble avoir sonné le glas de l’ère Ranieri à l'AS Monaco. Tout le monde apprécie sa personnalité, sa classe à l’italienne, sans remettre en question ses qualités de coach. Pourtant, le Romain, bâtisseur méritant, connaît trop souvent l’échec. Pas fait pour entraîner un club de très haut niveau ? Retour sur quelques-unes de ses expériences malheureuses à travers l’Europe.

Un CV à la José Mourinho. Claudio Ranieri a entraîné de nombreux grands clubs sur le continent : Naples, la Fiorentina, Valence, l’Atletico Madrid, Chelsea, la Juventus, l’AS Rome et l’Inter Milan, avant de rallier la Principauté en 2012. Avec quoi dans ses valises ? Un palmarès famélique. Une Coupe d’Italie et une Supercoupe avec la Viola, une Copa del Rey et une Supercoupe d’Europe à la tête du club valencien. Il s’est parfois approché du Graal, comme en 2010, où sa Roma cède à la dernière journée de Serie A contre l’Inter, malgré une série de 23 matchs sans défaite. Comme si le succès se refusait constamment à ce Tinkerman, surnom logique pour un bricoleur maudit.

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Une demi-finale de Ligue des champions et une 2ème place en Premier League. Un bon bilan pour la première saison de l’ère Roman Abramovitch. Mais pas suffisant pour le milliardaire russe, qui remercie le technicien italien en fin de la saison. La demi-finale contre Monaco (1-3, 2-2), justement, constitue le coup de grâce. Ses choix tactiques laissent pantois. Faire jouer un jeune arrière-droit (Robert Huth) en défense centrale, ça passe si l’infirmerie est pleine. Pas quand un mécène injecte des millions de livres dans le club. Une élimination prévisible, autant que son nouveau surnom de Tinkerman (le bricoleur). Un sobriquet aussi justifié pour des choix de transferts douteux. Alors qu’Abramovitch rêve de Ronaldo ou Raul, Ranieri choisit plutôt l’invisible Juan Sebastian Veron, l’inconnu Geremi, le jeune Glen Johnson et les inconstants Hernan Crespo et Adrian Mutu. Pourtant, sa réputation reste intacte dans son pays natal. Bricoleur pour certains, Ranieri change souvent son onze de départ et sa tactique, d'où son surnom de Tinkerman. Il reste tout de même un grand bâtisseur. Les succès remportés par son successeur José Mourinho en attestent.

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Un monument à rebâtir. La Vieille Dame, tombée dans les affres de la Serie B en 2006 après le scandale du Calciopoli, remonte dans l’élite sous la houlette de Didier Deschamps. Puis le Français quitte le navire, en désaccord avec la direction, et laisse sa place à Ranieri. Après une bonne première saison qui voit la Juve terminer 3ème et se qualifier pour la Ligue des champions, la suivante, comme souvent pour le Romain, s’avère plus délicate. Il se brouille avec les cadres du vestiaire, Alessandro Del Piero et David Trezeguet. Les supporters lui reprochent aussi de ne pas assez utiliser Sebastian Giovinco, jeune milieu de terrain dynamique et performant à chacune de ses apparitions sous les couleurs turinoises. Le Tinkerman est de retour. Le début d’année 2009 scellera le sort de Ranieri. Une série de huit matchs sans victoire et une élimination en huitièmes de finale de Ligue des champions contre… Chelsea viennent ternir son bilan. Mais on commence à s’y habituer.

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Ranieri n’y arrivera pas non plus, là où Rafael Benitez et Gian Piero Gasperini ont échoué avant lui. La tâche qui lui incombe ? Succéder à José Mourinho. Arrivé en septembre 2011, le Romain quitte San Siro en mars 2012. Le temps d’être éliminé par Marseille en huitièmes de finale de la Ligue des champions et de se retrouver 8ème en Serie A, à huit points de la troisième place. La série de neuf matchs sans victoire, couronnée par une défaite contre le rival turinois à domicile (0-2), sera fatale au technicien italien. Une fois encore, ses choix tactiques étonnent. Comme la titularisation de Wesley Sneijder à chaque rencontre, alors que le Néerlandais est hors de forme. Pourtant, Ranieri critique en public son état physique ! Du bricolage, une fois de plus. Les vieilles habitudes ont la vie dure.

Adrien Debargue