Quel scénario catastrophe pour le PSG ?

Quel scénario catastrophe pour le PSG ?

Publié le , modifié le

Avec deux défaites essuyées en moins d'une semaine, le Paris Saint-Germain a pris une sacrée douche froide. S'il venait à mal négocier les tournants sportifs et juridiques qui s'annoncent, le club parisien, au moment de faire les comptes, pourrait bien conclure à une saison ratée. Francetvsport a imaginé pour vous le pire des scénarios catastrophes.

Les plus réalistes auront beau rabâcher que les objectifs affichés en début de saison sont en passe d'être remplis, l'élimination en quart de finale de la C1 des hommes de Blanc restera coincée en travers de la gorge de l'état-major parisien. Car les dirigeants qatariens du PSG, qui ont greffé dès leur arrivée le slogan "Dream Bigger" à la marque Paris Saint-Germain, exècrent le réalisme. Porté par le rêve d'un sacre européen, le président parisien Nasser Al-Khelaifi ambitionnait secrètement la Coupe aux grandes oreilles, et digère donc difficilement la déconfiture de Stamford Bridge. Celle qui prive son club d'une demi-finale de C1, un an après avoir été écarté du dernier carré au même stade de la compétition par le FC Barcelone.

A Lyon, ce dimanche soir, l'enjeu était limpide pour les Franciliens : enrayer coûte que coûte le désappointement en triomphant brillamment du 5e de L1. Mais les Parisiens, toujours orphelins de Zlatan Ibrahimovic, ont une nouvelle fois failli (0-1). Imaginons un instant que ce petit coup d'arrêt soit commué en engrenage infernal, et que la fin de saison du PSG soit cauchemardesque sur tous les plans. Ça pourrait donner ça. 

Paris perd la finale de la Coupe de la Ligue 

Si  la défaite essuyée à Lyon ce dimanche n'a aucune incidence sur le plan comptable - Paris dispose encore d'une avance confortable sur l'AS Monaco (10 points) - elle pourrait avoir un rôle à jouer dans la finale de la Coupe de la Ligue qui oppose Paris et l'OL ce samedi. Hier soir, les hommes de Laurent Blanc, pourtant dominateurs à la possession, ont curieusement pêché dans la dernière passe, gaspillant la moindre opportunité. Edinson Cavani, déjà décevant contre Chelsea, a raté tout ce qu'il a entrepris. Seul joueur à avoir respecté son rang : le défenseur Thiago Silva. Le PSG, qui semble avoir gardé la tête sous l'eau après son élimination en C1, n'a pas le coeur à la L1. L'ont-ils à la Coupe de la Ligue ? Les patrons du club de la capitale ne manqueront pas de leur rappeler. En début de saison, Nasser Al-Khelaifi avait fixé comme objectif minimal un titre de champion, une coupe nationale (de France ou de la Ligue) et un quart de C1. Une défaite des Parisiens en finale de la Coupe de la Ligue s'avérerait être un véritable camouflet sportif. 

Laurent Blanc ne prolonge pas 

"Je vais désormais laisser passer l'épisode de la Coupe de la Ligue", a expliqué hier l'ancien champion du monde.Histoire de renforcer le traumatisme de l'élimination de la C1, le coach parisien avait douché la semaine passée les espoirs de ceux qui pensaient le voir prolonger, renvoyant sa décision finale après la finale contre Lyon. Érigé en acteur essentiel de la réussite du PSG avant la défaite contre Chelsea, considéré même par certain comme meilleur que Carlo Ancelotti, Laurent Blanc semble éprouver quelques difficultés à remobiliser ses joueurs sur des matches moins excitants. La déconvenue de Paris face aux Blues est aussi celle de Blanc face à Mourinho, qui a brillé par son coaching dans leur double confrontation. A Paris, le "Président" se sent peut-être moins en confiance. En cas de départ de l'ancien Marseillais, l'état-major parisien envisagerait sérieusement le recrutement d'Arsène Wenger selon le quotidien l'Equipe. 

Le PSG sévèrement blâmé par le Fair-Play Financier 

Le Paris Saint-Germain, dont le budget avoisine les 400 millions d'euros, a été classé par le cabinet Deloitte parmi les 5 clubs les plus riches au monde. Pourtant, il pourrait bien être inquiété par les inspecteurs financiers de l'UEFA, chargés de sanctionner les clubs qui dépensent à perte. Dans la mire de l'instance du football européen, le très juteux contrat conclu entre le club parisien et QTA (l'office du tourisme qatarien), lequel apporte au PSG une manne de 200 millions d'euros par an, et qui comblerait, en théorie, le déficit maximal autorisé de 45 millions d'euros. Sauf que le montant de l'accord soulève les soupçons de l'UEFA. A titre de comparaison, Manchester City, propriété de la famille royale d'Abu Dhabi, ne toucherait "que" 15 millions d'euros. Autre particularité du contrat ratifié par le PSG : l'accord conclu avec QTA tiendrait sur... deux pages. Trop peu pour un tel document, en tout cas suffisamment pour susciter le scepticisme des inspecteurs financiers. Mais concrètement, que risque vraiment le PSG ? De la simple mise en garde au retrait d'un titre, en passant par l'interdiction d'inscrire de nouveaux joueurs dans les compétitions européennes, l'éventail des sanctions est très large. Dans le pire des cas, le club de la capitale pourrait être aussi forcé de baisser sa masse salariale, et de vendre quelques-uns de ses cadres (Cavani, Ibrahimovic, Silva). Le verdict de l'UEFA est attendu fin avril-début mai. 

Jean Charbon