L1 Lyon Puel claude portrait 2010
Claude Puel, l'entraîneur de l'OL | AFP

Puel doit-il partir ?

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Relégable pour la première fois depuis 1995, une autre époque, l’Olympique Lyonnais s'enlise dans le doute après la défaite face à Saint-Etienne (0-1). Malgré un recrutement impressionnant depuis deux ans, l’entraineur Claude Puel ne parvient toujours pas trouver la bonne formule et son équipe ne séduit pas. Le débat est lancé : faut-il virer Puel ?

Le bilan est loin du compte. Alors que ses quatre prédécesseurs (Santini, Le Guen, Houllier, Perrin) ont tous remporté des titres, il est le premier à n'avoir rien gagné en deux ans, finissant 3e puis 2e de L1. Après la 7e journée, Lyon n'a remporté qu'un match, ne compte que cinq points et n'est que 19e de L1. Autrement dit relégable. Une faute professionnelle compte tenu des moyens à sa disposition.
Le jeu est toujours en gestation. Certes, il est difficile de passer après la génération Juninho, Malouda et consorts. L'héritage est lourd à porter pour ce jeune collectif. Mais, l’effectif, impressionnant sur le papier avec les recrutements de Lopez, Gomis, Bastos, Lovren l’an dernier et de Gourcuff et Briand cette année, suscite des attentes et désormais des interrogation. Le jeu offensif reste hésitant et la défense sans conviction. La gestion des hommes est aussi en cause comme le cas Lisandro Lopez qui a enchainé trois rencontres de suite sans une vraie préparation physique. Résultat : blessure et moral en berne.
Coté supporteurs, le divorce est consommé depuis longtemps. "Cède Claude Puel, entraîneur fossoyeur. Vous voulez saboter le travail accompli ? Jouer à l'envers ? Il est pour vous. Est livré avec un adjoint, un préparateur physique, un médecin, un Jean II Makoun et un Mathieu Bodmer", indiquait une annonce mise par des supporteurs lyonnais sur Ebay fin 2009. De mémoire du club, jamais entraîneur n'a été aussi haï, même Alain Perrin surnommé un temps "PPH", "passera pas l'hiver".

Puel est néanmoins le premier entraîneur à avoir permis à l'OL de franchir le cap des quarts de finale de la C1, avec une demi-finale perdue contre le Bayern Munich. Mais même cette élimination en demi-finale lui a valu des critiques sur sa frilosité, notamment à l’aller. Après deux saisons, Il a toujours assuré le minimum : la qualification pour la Ligue des Champions. En outre, la bonne prestation face à Saint-Etienne redonne du crédit au technicien. "Je suis l'homme de la situation, assure Puel. Je ne me pose pas le genre de question au sujet d'une démission. Ce genre de match veut dire que nous allons être compétitifs."
Virer un entraineur en cours de saison n’a jamais vraiment porté ses fruits. Le groupe a été formé par Puel, les joueurs lui font (encore?) confiance. D'ailleurs, ces derniers doivent aussi être mis devant leur responsabilité car au final c'est bien qui joue sur le terrain. Pas l'entraîneur. En outre, se séparer de Puel, à qui il reste 18 mois de contrat, serait une solution très (trop ?) couteuse pour Lyon, qui a déjà beaucoup dépensé sur le marché de transfert. Sans oublier la nécessité de trouver l'entraineur idoine pour le remplacer. Pas le plus facile.
La confiance, bien que limitée, de Jean-Michel Aulas reste le meilleur argument. "Il est remplaçable comme tous les entraîneurs d'un grand club mal classé. Il est menaçable mais pas menacé", a nuancé le président lyonnais lors d’un entretien à OLTV dans la semaine. "Limoger Claude Puel ce soir après un match de cette qualité me paraît injuste", a-t-il répété après la défaite face aux Verts. "Pourquoi le virer ? Il faut laisser la chance au club. Pas à Claude Puel mais à ceux qui le dirigent", a conclu l'homme fort de l'OL. Le vrai bilan est fixé au 23 octobre. Six matches de sursis - trois en championnat et trois en Coupe d’Europe.

Mathieu Baratas