Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic | JONATHAN NACKSTRAND / AFP

PSGéant !

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L'arrivée de Zlatan Ibrahimovic, combinée à celles de Thiago Silva, d'Ezequiel Lavezzi et de Marco Verratti ont fait basculer le PSG dans une nouvelle dimension. Désormais armé jusqu'aux dents pour régner sur la Ligue 1, le club parisien entend étendre son empire sur l'Europe.

D'abord il y a eu Ezequiel Lavezzi, attaquant de classe mondiale. Puis Thiago Silva, l'un des deux ou trois meilleurs défenseurs centraux de la planète. Il y a quelques heures à peine, le jeune espoir italien Marco Verratti (19 ans), que l'on compare déjà à Pirlo de l'autre côté des Alpes, signait son contrat. Et enfin, "last but not least", Zlatan Ibrahimovic. Tout simplement. La pierre manquant à l'édifice, LE joueur de renommée mondiale que Paris cherchait depuis des mois à attirer dans ses filets. Après les échecs Beckham, Pato, Higuain et Tevez, le PSG tient enfin son gros poisson. Et sans faire injure aux quatre précités, celui-ci est même d'une plus grande envergure encore. La signature du Suédois vient récompenser le travail de sape des dirigeants du club parisien, Leonardo en tête, qui ne se sont jamais découragés, relançant sans cesse leurs interlocuteurs de l'AC Milan. Mais, on s'en doute, la bonne volonté et l'obstination, dans pareil cas, ne suffisent pas. Il fallait également que les finances du club lombard soient sacrément dans le rouge mais aussi, et surtout, que Paris puisse compter sur un pouvoir financier qui semble presque sans limite.

Aujourd'hui seuls Manchester City et le Real Madrid peuvent rivaliser financièrement avec le PSG. Et sportivement ? Ces deux-là, auxquels il convient d'ajouter le Barça, sont certainement encore un cran au dessus du PSG version galactique. De par leurs effectifs et par la qualité de leur jeu, plus "installé" que celle du PSG où Ancelotti est en phase d'expérimentation. Mais hormis le monstre mancunien et les deux intouchables institutions espagnoles, aucun club ne paraît pouvoir contrer la puissance de feu parisienne. En tout cas sur le papier. La prochaine Ligue des Champions, à ce titre, en dira plus que les supputations mais les géants d'Europe comme le Bayern Munich, Manchester United, Chelsea, la Juventus Turin, ou le Milan AC sont déjà à la portée de Paris. Inimaginable il y a encore deux ans.

Ancelotti l'alchimiste

Voilà pour la théorie. La pratique, elle, sera peut-être différente. Ce qui est sûr c'est que le club du président Nasser Al Khalaifi n'a pas le droit à l'erreur. Surtout en championnat de France où le PSG est supposé tout emporter sur son passage. Le moindre faux-pas sera immanquablement commenté, décortiqué et monté en épingle. C'est la règle du jeu et tout le monde à Paris doit en avoir conscience. Car les attentes sportives sont étroitement liées aux investissements consentis. Le parallèle est inévitable. Bonus compris, le coût total du recrutement des deux Milanais est estimé entre 70 et 80 millions d'euros. QSI, qui a racheté le PSG il y a un an, a désormais déjà investi plus de 170 millions sur le marché des transferts. Désireux d'éviter de tomber sous le coup du "fair-play financier" qui sera mis en place dès la saison prochaine par l'UEFA pour que les clubs présentent des budgets équilibrés, le PSG pourrait même ne pas s'arrêter là cette année. Kaka, le milieu brésilien du Real Madrid et Ballon d'Or 2007, serait également dans son viseur.

A bien y regarder, le PSG de l'an 2 des Qataris possède d'ores et déjà un effectif assez riche pour viser haut, très haut, en Ligue des Champions. Si, en raison du turn-over d'Ancelotti, de ses choix tactiques, des blessures et des méformes, il est encore difficile de deviner son onze type, il est revanche extrêmement aisé de constater que tous les postes ou presque sont doublés et que le talent déborde à tous les étages. A charge pour l'entraîneur italien de faire  coexister tous ces joueurs, tous ces égos surtout. Pour que l'or ne se transforme pas en plomb, le PSG a aussi besoin d'un bon alchimiste.

Julien Lamotte