Ontanon
A gauche, Kylian Mbappé. A droite, Guy Ontanon entraîneur national d'athlétisme à l'INSEP. |

PSG : une préparation physique en questions

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Cavani, Mbappé et Diallo, blessés tous trois dimanche contre Toulouse, rejoignent une infirmerie déjà remplie au Paris Saint-Germain. Après moins d'un mois de compétition, six joueurs sont déjà sur le flanc. La préparation physique est logiquement pointée du doigt. Pas que pour Guy Ontanon, entraîneur national d'athlétisme à l'INSEP. L'ancien mentor de Jimmy Vicaut, Christophe Lemaitre ou Christine Arron évoque plusieurs facteurs.

Kylian Mbappé touché à la cuisse et absent près d'un mois. Cavani blessé à la hanche et indisponible trois semaines. Diallo touché au visage. Le succès dimanche face à Toulouse a été cher payé pour le PSG. Les trois joueurs, titulaires depuis le début de saison, rejoignent à l'infirmerie Herrera (mollet), Kehrer (aponévrose plantaire), Draxler (voûte plantaire). Six Parisiens sont déjà sur la touche. Alors forcément les questions se posent sur la préparation physique des joueurs de la capitale.

Comment expliquez-vous ces blessures si tôt dans la saison ?
Guy Ontanon : "Tout d'abord, il faut dire que chaque blessure est différente, selon si c'est musculaire ou un coup. Là, nous avons sans doute un problème d'adaptation musculaire, de suivi dans la préparation physique.  Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Une blessure peut arriver en raison d'une surcharge d'entrainement afin de commencer fort la saison. Mais aussi de la déshydratation en raison de la chaleur ou de l'alimentation. Mais il ne faut pas pointer tout sur la préparation physique. Ça serait prendre un raccourci."

Donc vous êtes d'accord quand Thomas Tuchel dit "qu'il n'y pas qu'une seule explication" ?
G.O. : "Oui totalement. Il y a des facteurs multiples. Ça peut impliquer l'entrainement bi-quotidien, c'est-à-dire les entraînements matin et après-midi. La plupart des athlètes, de tous sports, le font. Peut-être que l'organisme n'était pas prêt pour ce genre d'efforts. Certains joueurs peuvent aussi être arrivés trop tard dans la préparation, et entrés trop tôt dans la compétition. Avec les matches, l'intensité augmente. Dans la préparation, de la fatigue s'installe."

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Ca reste un problème récurrent à Paris depuis plusieurs saisons.
G.O. : "Aujourd'hui, le PSG est la vitrine du football français. Il y a beaucoup d'attraction autour du club, chaque blessure est scrutée, pareil pour les incidents. Mais quand on regarde les autres clubs, ils ont aussi des blessés. Je pense à Monaco l'an passé, qui en début de saison avait un nombre incalculable de blessés. Il y a une très grosse attention autour de Paris."

Vous parlez de fatigue. Les événements extra-sportifs que peut générer un club comme le PSG jouent aussi ?
G.O. : "La fatigue est aussi liée à l'extra-sportif. Ca joue sur le sommeil, sur le décalage horaire. Les blessures, on ne peut pas les éviter à 100%. Impossible. Pour les prévenir, il faut anticiper les charges d’entraînements de chaque joueur. J'ose espérer que le staff du PSG le fait."

Guy Ontanon avec Christine Arron lors d'un meeting à Castres en 2005.
Guy Ontanon avec Christine Arron lors d'un meeting à Castres en 2005. © ERIC CABANIS / AFP

Pensez-vous que durant l'été, les joueurs, avec les compétitions internationales, ont assez de temps de récupération ?
G.O. : "Non, pas suffisamment à mon sens. Les calendriers sont plus que surchargés. Pour ce type de joueurs, comme Mbappé ou Cavani (qui a joué la Copa America cet été), le temps de jeu est très important. Ce sont des titulaires indiscutables. Pour qu'un club évite aussi les blessures, il faut de la profondeur de banc. Les meilleurs en ont, mais ça demande des investissements. Je pense aussi que les joueurs devraient s'orienter plus vers de la préparation physique individualisée. Certains nous contactent. Je ne remets pas en cause le travail des préparateurs physiques du club, mais dans un groupe de 25 ou 30, c'est parfois difficile. 

Paris a aussi connu trois préparateurs physiques depuis la saison 2015-2016. C'est un facteur possible ?
G.O. :
"Plusieurs changements, ça se souligne, oui. Ça provoque plusieurs changements de méthode, de charge de travail. Et il faut s'habituer à chaque fois. Chacun a son orientation, sa philosophie par rapport à l'entrainement et à la compétition. Ca peut être facile pour certains, mais plus compliqué et long pour d'autres. Changer de préparateur physique quand il y a des blessés, ne va pas toujours dans le bon sens. Il faut trouver les causes, en discutant entre le staff médical et le staff technique. Il faut se mettre autour de la table. Voir si la récupération est bien faite. Si les staff des kinés est assez performant. Il ne faut pas tout poser sur la préparation physique."