Morgan Amalfitano (OM) à la lutte avec Blaise Matuidi (PSG)
Morgan Amalfitano (OM) à la lutte avec Blaise Matuidi (PSG) | JACQUES DEMARTHON / AFP

PSG, une ambition menaçante pour l'OM

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Si l'Olympique de Marseille reste le club le plus populaire de France, avec un palmarès sans équivalent, le Paris-Saint-Germain monte clairement en puissance sous l'impulsion des propriétaires qatariens. Le recrutement effectué depuis plus d'un an grâce à la fortune de Nasser Al-Khelaïfi permet à Paris d'espérer devenir à terme la capitale du football français. Tour d'horizon avant le choc de dimanche entre les deux clubs.

Palmarès: avantage OM

Le palmarès de l'OM est nettement supérieur à celui du PSG. Marseille a remporté le championnat de France 9 fois, la Coupe de France 10 fois et la Coupe de la Ligue à 3 reprises. Le club phocéen a également disputé 4 finales de Coupe d'Europe (C1 en 1991 et 1993, UEFA en 1999 et 2004) pour une victoire (Ligue des champions 1993, 1-0 contre l'AC Milan). De son côté, le PSG n'a remporté que 2 fois le championnat, se construisant surtout une réputation d'équipe de coupes: la Coupe de France à 8 reprises, la Coupe de la Ligue 3 fois et la Coupe des Coupes 1996 (1-0 contre le Rapid Vienne), une compétition dont le PSG a atteint la finale l'année suivante. Maintenant, si l'OM mène nettement au score, il ne faut pas oublier que le PSG n'a que 42 ans d'existence (fondation en 1970, 1898 pour l'OM).

Confrontations: avantage OM

Pas moins de 78 matches ont opposé les deux rivaux. Le bilan tourne légèrement en faveur de Marseille qui s'est imposé 32 fois (contre 28 défaites et 18 matches nuls). Et si l'on ne prend en compte que les rencontres de championnat, l'OM possède une avance encore plus prononcée. Les Olympiens l'ont emporté 30 fois pour seulement 19 défaites (et 17 matches nuls). D'autant que l'OM a privé le PSG du titre en 1989 (1-0) et en 1993 (3-1) en gagnant à chaque fois le match décisif situé lors de l'avant-dernière journée de D1. Seuls bémols, les succès du PSG dans les coupes nationales (9 victoires pour un nul et une défaite).

Budget: avantage PSG

Le budget du Paris-SG pour cette saison 2012-13 est de 300 millions d'euros. Du jamais vu dans l'histoire du championnat de France. C'est quasiment trois fois plus que celui de l'OM (110 millions d'euros) qui ne pointe qu'en 3e position dans la hiérarchie, l'Olympique Lyonnais se situant entre les deux (145 millions). Avec cet argent, Paris rivalise avec les plus grands clubs continentaux même si le Real Madrid et le FC Barcelone sont encore au dessus (aux alentours de 500 millions). Sous la férule de ses propriétaires qatariens, le PSG envisage de réduire son nombre de sponsors mais d'augmenter le ticket d'entrée. Au final, les dirigeants visent 50 millions d'euros de recettes sponsoring pour 2014-2015 contre 25 millions aujourd'hui. En France, le club de la capitale n'a pas d'équivalent concernant les finances même si cela pourrait arriver en cas de remontée en Ligue 1 de l'AS Monaco du milliardaire russe Dmitry Ribolovlev (qui se situe dans les 100 plus grandes fortunes mondiales).

Recrutement: avantage PSG

Le club parisien a frappé très fort sur le marché des transferts cet été. Près de 150 millions d'euros ont été dépensés si l'on tient compte de l'arrivée programmée pour janvier du jeune talent brésilien Lucas Moura (Sao Paulo) pour 40 millions d'euros. Thiago Silva (42 millions) et la star Zlatan Ibrahimovic (20 millions) sont arrivés du Milan AC pour permettre au PSG de franchir un cap. Pour l'instant, c'est une réussite de même que la trouvaille italienne Marco Verratti, recruté à Pescara (Série B) pour 11 millions. Pour l'Argentin Ezequiel Lavezzi (en provenance de Naples) et Grégory Van der Wiel (Ajax), il convient d'attendre avant de juger. A Marseille, les noms sont moins ronflants: Raspentino (Nantes), Abdallah (Sedan) ou Mendes (Coritiba), ça fait moins rêver. Quant à Joe Barton, la "petite frappe" anglaise (ex-Newcastle), il n'a pas assez disputé de matches pour se faire une opinion définitive. Pour l'instant, l'OM a plutôt bien géré les départs de Mbia, Azpilicueta et Alou Diarra, mais la profondeur de l'effectif n'a rien à voir avec celle du PSG.

Popularité: avantage OM

Premier et seul club français à avoir remporté la Ligue des champions, l'Olympique de Marseille jouit d'une popularité sans égal dans le football français. Les clubs de supporters se comptent par centaines dans tout l'hexagone et il n'est pas rare de voir des Bretons, des Nordistes ou des Francs-Comtois dans les travées du stade Vélodrome, pas seulement lors des matches à l'extérieur de l'OM. Seule l'AS Saint-Etienne, entrée dans la légende dans les seventies, peut se targuer de bénéficier d'autant de supporters disséminés sur tout le territoire. Le Paris-SG reste à distance respectable même si ses bons résultats européens dans les années 90 lui avaient apporté un surcroît de sympathie dans l'opinion publique. Nul doute qu'une victoire en Ligue des champions –ou à défaut une finale- vaudrait au club le plus jalousé en Province un respect grandissant. De là à parler d'amour…De toutes façons, Paris sera toujours adoré ou détesté. Comme Marseille.

Ambitions: avantage PSG

Les repreneurs qatariens ne s'en sont pas cachés. Ils cherchent à faire du Paris-Saint-Germain un très grand club européen digne du Real Madrid ou du FC Barcelone. Ils comptent monter en puissance chaque année et visent ouvertement le titre cette saison. En Ligue des champions, le ticket pour les huitièmes de finale est un minimum mais les propriétaires du Moyen-Orient espèrent atteindre les quarts de finale voire le dernier carré dès le printemps 2013. L'OM, qui pouvait se targuer d'être un des plus grands clubs du continent au début des années 90, voit cela de loin. Engagés en Ligue Europa, les Marseillais espèrent atteindre les quarts de finale même s'il s'agit d'un parcours du combattant. En Ligue 1, ils visent clairement le podium afin de retrouver la lucrative Ligue des champions. Sans la C1, aucune ambition à moyen terme ne semble possible pour le club méditerranéen. Soulever la "coupe aux grandes oreilles" paraît cependant illusoire pour l'OM tandis que le PSG se donne cinq ans pour réussir cet objectif.