La fête gâchée du PSG
Les CRS font face à certains supporteurs parisiens au Trocadéro | AFP - FRANCK FIFE

PSG, un titre et la honte

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Trente-deux blessés dont deux hospitalisés, trente-neuf interpellations et trente-huit gardes à vue, tel est le bilan fait par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, de la fête du sacre du PSG, hier sur l'esplanade du Trocadéro. Les images font le tour du monde, et contrastent forcément avec celles du FC Barcelone et de Manchester United, fêtés avec bonheur dans leur ville en même temps. En une journée, le club parisien s'est rappelé de la violence de certains de ses supporteurs. C'est une découverte pour les nouveaux dirigeants qataris.

Le plan Leproux avait fait disparaître ces images. En démantelant les virages Auteuil et Boulogne voici deux ans, le PSG semblait avoir tourné le dos aux bagarres en tous genres et autres débordements, qui avaient notamment causé la mort d'un spectateur après le match contre l'Hapoël Tel Aviv en 2006. Plus d'affrontements avec les supporteurs adverses, plus non plus entre les supporteurs des deux virages, disparition des fumigènes dans le stade, tout semblait réglé. Mais le titre de champion, attendu depuis 19 ans, et organisé sur l'espace public, au Trocadéro, a ravivé une certaine réalité. Loin du Parc des Princes, dont ils sont exclus, ils sont toujours une poignée à attendre la moindre occasion pour faire parler la poudre, en se revendiquant parfois des Ultras. Dans un communiqué, le club parle de "quelques centaines de casseurs qui n'ont rien à voir avec le football". Ce sont eux qui ont mis à mal la belle image confectionnée par le club depuis quelques saisons, et plus encore depuis l'arrivée des Qataris en 2011. 

800 membres des forces de l'ordre

Une présentation du trophée au public escamotée sur fond de jets de pétard et de bris de vitres, la croisière sur la Seine annulée, la présentation à l'Hôtel de Ville également, et les joueurs parisiens obligés de se rabattre sur le parc des princes pour s'y faire livrer des pizzas, voilà le résumé de la fête du PSG. Un bilan consternant, auquel il faut ajouter les milliers d'euros de dégâts occasionnés lors de cette montée de la violence, qu'ils soient publics (abribus, esplanade du Trocadéro) ou privés (voitures incendiées, vitrines brisées), sans oublier la peur vécue par la majorité des supporteurs, pour certains venus en famille, face à ce déferlement. Le préfet de police de Paris, qui avait mobilisé à 800 hommes pour assurer la sécurité de l'événement, a dénoncé les comportements "d'une grande violence" de "plusieurs centaines, voire milliers, de casseurs" et annoncé que le club parisien serait désormais privé de manifestations festives sur la voie publique. 

Dans le même temps, Manchester United et le FC Barcelone fêtaient, dans les rues de leur ville, leur nouveau titre de champion. Une liesse populaire, aucun incident, le contraste est terrible pour le PSG, qui a l'ambition de faire partie de cette élite européenne. Dans son communiqué, le club se dit "plus que jamais déterminé à poursuivre son projet de bâtir un grand club européen digne de la capitale, très loin des agissements de ceux qui veulent détruire son rêve." Il y a encore énormément de travail, après les événements d'hier. En quelques heures, l'image du PSG version qatari a été sacrément écornée. Et cela va mettre beaucoup de temps pour qu'elle retrouve de son lustre.

Vidéo: la fête du PSG gâchée sur le Trocadéro Voir la video