Les Parisiens Angel Di Maria, Javier Pastore et Lucas
Di Maria, Pastore et Lucas, trois cadres offensifs du PSG | AFP - FRANCK FIFE

PSG: Qui fera les frais de l'arrivée de Neymar ?

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Le PSG va bel et bien réaliser le plus gros transfert de l'histoire en recrutant le Brésilien Neymar. Dans les jours à venir, cette arrivée devrait être officialisée. Hormis la question du montage financier complexe, pour respecter le fair-play financier malgré un investissement qui pourrait dépasser les 220 millions d'euros (soit presque la moitié du budget annuel du club), il reste de nombreuses questions autour des conséquences sur le terrain, notamment pour les joueurs de l'effectif actuel. Revue d'effectif des problèmes posés à Unai Emery.

Quelle utilisation de Neymar ?

Sur le côté gauche, comme à Barcelone, ou en N.10, comme avec le Brésil ? Quelle sera la place de Neymar sur le terrain avec le PSG ? Avec un tel talent, et surtout un tel montant de transfert et de salaire, une seule chose est certaine: il sera dans le 11 de départ. Et Edinson Cavani aussi. Entre le meilleur buteur de la saison passée en France (35 buts en 35 matches de L1), l'un des meilleurs d'Europe, et ce nouvel arrivant; il faudra s'entendre. Et autour, les places seront chères, surtout si Unai Emery maintient un schéma de jeu avec trois récupérateurs, et donc trois joueurs offensifs.. 

Angel Di Maria

Angel Di Maria en pleine discussion avec Unai Emery lors de la tournée américaine du PSG en 2017
Angel Di Maria en pleine discussion avec Unai Emery lors de la tournée américaine du PSG en 2017

Grâce à une fin de saison plus aboutie et notamment ses buts contre Barcelone qui auraient pu se révéler décisifs, Angel Di Maria a redoré son blason. Le deuxième transfert le plus cher (63 millions d'euros) de l'histoire du club parisien jusqu'à... Neymar, a toujours préféré jouer sur le côté gauche. Déborder, centrer, dribbler, c'est son jeu. Seulement avec la venue du Brésilien, cela peut créer un embouteillage fatal sur le flanc gauche. Bien sûr, il peut jouer à droite, et repiquer dans l'axe pour frapper au but directement. Mais l'Argentin a aussi une valeur marchande très importante, encore aujourd'hui. C'est sans doute, hormis Cavani, l'un des seuls joueurs du PSG à prétendre coûter plus de 50 millions d'euros pour un transfert lors de ce Mercato. Sans oublier qu'il a l'un des plus gros salaires du vestiaire.

Dans le cadre du fair-play financier, comme de son envie d'avoir du temps de jeu, son départ pourrait être une bonne solution. Les rumeurs l'ont annoncé à l'Inter, ou dernièrement à... Barcelone. Une monnaie d'échange pour faire baisser le coût de Neymar, et entrer plus facilement dans le cadre du fair-play financier, l'équation pourrait être bonne pour Paris. Mais sur le plan de l'image, ce serait perdre une star pour en prendre une (plus grande). 

Javier Pastore

A 28 ans, Javier Pastore a été le premier symbole de l'ambition du nouveau PSG. Recruté 40 millions d'euros en provenance de Palerme en 2011, il a alterné le très bon, voire le génie, et les longues absences, même en étant sur le terrain. Pas toujours constant dans son niveau, il a souvent été blessé ces dernières saisons. La saison passée, il a disputé 15 matches de Ligue 1, soit un de moins que la saison passée. Pourtant, il demeure un joueur majeur de l'effectif, capable de passes improbables qui font chavirer un stade. Mais là-aussi, si Neymar venait à jouer en 10, cela lui ferait une énorme ombre à la place qu'il préfère. 

Après 7 saisons passées à Paris, Javier Pastore aurait-il des envies d'ailleurs ? Aux Etats-Unis, lors de la tournée du PSG, il a logiquement exprimé sa satisfaction à l'idée de voir Neymar arriver: "S'il arrive, il va apporter beaucoup de choses à l'équipe et nous serons tous contents." Un peu comme Di Maria, il a été l'une des icönes du PSG, version qatari. Et comme son compatriote, son poids financier est important dans le budget du club. Entre finance, image et rendement, son cas est épineux.

Lucas Moura

Comme Di Maria, comme Pastore, il a fait partie des symboles de l'ambition du PSG. Recruté à tout juste 20 ans à Sao Paulo pour une somme record au Brésil (40 millions d'euros) jusqu'au transfert de Neymar à Barcelone, Lucas a longtemps été attendu comme le deuxième Neymar. Pas toujours constant depuis son arrivée, il vient de vivre sa meilleure saison sous le maillot parisien (avec 19 buts inscrits, il a été le 2e meilleur buteur parisien derrière Cavani et 11 passes décisives). Mais il a été moins utilisé par Unai Emery en fin de saison, alors qu'il avait l'un des plus utilisés durant toute la première partie de la saison.

A 24 ans, l'arrivée de son copain Neymar, avec qui il a remporté la Copa America des moins de 20 ans en 2011 avant de prendre l'argent aux JO de Londres en 2012, pourrait être une bonne nouvelle. Ou une mauvaise. Les deux joueur s'entendent bien sur et en-dehors du terrain, mais cela amène une concurrence de plus à un poste offensif, même si Neymar ne joue pas à droite, comme Lucas. Comme Pastore, Di Maria et Draxler, le Brésilien a besoin de temps de jeu pour rêver de participer à la prochaine Coupe du monde, à la fin de la saison prochaine, en Russie.

Julian Draxler

L'arrivée de Julian Draxler au mercato hivernal a beaucoup changé le jeu du PSG. Percutant, rapide, collectif, l'Allemand, recruté contre 38 millions d'euros, a été LA révélation de la saison parisienne avec Thomas Meunier. Face au fiasco des autres recrues (Krychowiak, Jese, Ben Arfa), l'ancien de Wolfsburg a marqué beaucoup de points, et de buts (10) en une demi-saison. Capitaine de la Mannschaft lors de la Coupe des Confédérations, il a encore pris de l'étoffe. A droite ou à gauche (il a été plus souvent utilisé à gauche par Emery), il apporte beaucoup, tout en contribuant au travail défensif. 

A 23 ans, lui-aussi peut s'interroger sur son utilisation la saison prochaine avec Neymar et Cavani, titulaires indiscutables. Champion du monde au Brésil en 2014 (il avait joué quelques minutes contre le Brésil en demi-finale), il a, comme les autres, tout intérêt à jouer, beaucoup et bien, pour faire partie des 23 élus pour disputer le Mondial-2018.

Gonçalo Guedes

Comme Draxler, le Portugais est arrivé pendant l'hiver à Paris, en provenance de Benfica, contre un transfert de 30 millions d'euros. A seulement 20 ans, il a été peu utilisé par Unai Emery la saison passée (11 matches). 284 minutes sur le terrain, c'est peu pour vraiment connaître le potentiel de ce joueur encore très jeune. Rapide et pas très grand (1.79m), il pouvait être un attaquant complémentaire de Cavani, capable de décrocher ou d'aller plus en pointe. Un profil très proche de celui de Neymar, bien plus performant et reconnu, et surtout bien plus décisif que lui.

Lors de la tournée américaine, il a semble-t-il marqué des points auprès du staff parisien. En apprentissage, personne ne connaît encore ses limites. 

Giovani Lo Celso

Il fait aussi partie des jeunes pépites sur lesquelles le PSG a beaucoup misé. Recruté en juin 2016 mais maintenu dans son club de Rosario central jusqu'à la fin de l'année civile, Giovanni Lo Celso a eu encore moins d'occasions de briller que Guedes. Seulement 5 matches, c'est très très peu dans une demi-saison. Mais le jeune Argentin a souvent brillé à l'entraînement avec des qualités techniques bien supérieures à la moyenne, même à Paris. Bon dribbleur, il pourrait bien représenter le successeur de Pastore dans un rôle de meneur-organisateur. 

Giovanni Lo Celso avec Jese à l'entraînement
Giovanni Lo Celso avec Jese à l'entraînement

Ben Arfa et Jese

Privé de tournée aux Etats-Unis, Hatem Ben Arfa ne semble plus du tout entrer dans les plans d'Unai Emery. S'il en a déjà fait partie, l'ancien Niçois ne parait plus faire partie des joueurs susceptibles de briller à Paris cette saison. Son profil de deuxième attaquant, ou de N.10, n'a jamais plu à l'Espagnol. Quant à l'Espagnol Jese, il avait été prêté la saison passée à Las Palmas, où il a inscrit 3 buts en 16 matches. Mais la tournée aux Etats-Unis semble l'avoir remis sur les rails, puisqu'il était présent dans le groupe lors du Trophée des Champions. Ce serait une sacrée surprise, étant donné la concurrence qui règne en attaque, que l'attaquant de 24 ans se fasse une place au soleil dans la Capitale.