Javier Pastore au sol
Pastore au sol, tout un symbole | FRED DUFOUR / AFP

PSG : Quand le Clasico tourne au fiasco

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Battu 3-0 par l'OM dimanche soir dans le Clasico, le PSG a sombré. Battus dans tous les domaines, incapables de se rebeller, les Parisiens sont totalement passés au travers de ce grand rendez-vous. Les raisons d'une telle débâcle sont nombreuses.

Dix minutes puis plus rien. Après un bon début de match, où les Parisiens ont monopolisé le ballon face à un OM bien timide, le PSG a encaissé ce but assassin de Loïc Rémy dont ils ne se sont jamais relevés. Pire, ils ont parfois semblé résignés, empêtrés dans leurs doutes et victimes d'un fatalisme ambiant inquiétant. Si Marseille est en premier lieu responsable de l'ersatz de football proposé par son adversaire du soir, le niveau de jeu et les réelles qualités mentales du groupe, dirigé par Antoine Kombouaré, portent à caution. Lire aussi : Marseille surclasse Paris

Un brin de suffisance ?

Le PSG n'a pas débarqué sur la Cannebière en terrain conquis mais presque. Même si le club de la capitale était fragilisé par une défaite sur son terrain face à Nancy lors de la précédente journée (0-1), les Parisiens se rassuraient en constatant que l'ennemi intime était encore dans un bien plus sale état. D'où ces sourires et cette décontraction apparente avant le coup d'envoi. Confortés dans leur impression de supériorité après le début de match, ils ont littéralement été cueillis à froid par le but de Rémy. Ensuite, il était déjà trop tard.

Une incapacité à réagir

Mené au score, le PSG n'a jamais donné le signe d'une réelle volonté de se rebeller. Au contraire, face à des Marseillais galvanisés par leur réussite, les ex-leaders de la Ligue 1 ont perdu leurs moyens, s'enferrant dans des actions individuelles vouées à l'échec. Cette différence s'est surtout traduite dans les duels, et notamment au milieu de terrain où les partenaires de MBia ont croqué leurs homologues parisiens. Physiquement dominé, le PSG n'avait pas non plus les ressources techniques pour compenser.

Des recrues défaillantes

Symbole de cette équipe parisienne à la dérive, Javier Pastore. L'Argentin va sans doute cristalliser les maux du PSG ces prochaines semaines, coût de son transfert (42 millions d'euros) oblige. Pourtant il est vrai que, pour son premier Clasico, Pastore aura terriblement déçu. Leader technique supposé du Paris Saint-Germain, il a semblé se cacher, chaque ballon lui brûlant les pieds. A ses côtés, Kevin Gameiro est lui aussi à créditer d'une prestation indigne. L'ex-canonnier lorientais, qui reste sur une série de huit matchs sans but, n'a pas tenté une seule frappe durant l'heure qu'il a passée sur le terrain et n'a remporté que 20% de ses duels. Troisième recrue décevante, Diego Lugano est largement coupable sur l'ouverture du score, son marquage sur Rémy étant plus que laxiste. L'Uruguayen a également été en grande difficulté pendant la rencontre qui ressembla à un long chemin de croix pour le défenseur à la chevelure christique.

Un fond de jeu inexistant

Une défense fébrile, un milieu de terrain qui manque de caisse et des créateurs en berne, le jeu parisien est apparu extrêmement pauvre face à l'OM. "Je ne parle pas, on a été nuls", résumait Gameiro après la rencontre. Comment les hommes de Kombouaré se relèveront-ils d'un tel non-match ? Car la tension est désormais palpable, y compris entre les joueurs. La preuve avec cette altercation virulente juste avant la pause entre Nenê et Sakho, signe de la nervosité ambiante qui règne au sein du PSG. 

Et maintenant ?

Leonardo s'est empressé d'affirmer son soutien à son entraîneur au coup de sifflet final. "Kombouaré reste le coach", a ainsi déclaré le Directeur Sportif. Et le Brésilien d'ajouter : "C'est une défaite difficile mais ça ne change pas l'idée sur l'équipe et le championnat". Le Kanak, déjà sur la sellette, paie aussi la communication fumeuse de Leonardo, qui n'a jamais caché l'existence de contacts avec Carlo Ancelotti. Fragilisé par cette menace, Kombouaré peine sans doute à travailler sereinement dans ces conditions. Avant il lui était demandé de gagner en jouant bien. Mais les objectifs à court terme vont certainement changer : désormais seule la victoire suffira.

Julien Lamotte