PSG-OM : Trois questions sur l'arbitrage

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Auteur·e : France tv sport
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Le match PSG-OM de ce dimanche a charrié son lot de polémiques concernant l'arbitrage. France tv sport fait le point sur les trois aspects qui posent question.

• Fallait-il un arbitre plus expérimenté pour ce PSG-OM ?

C'est une critique qui est revenue à de nombreuses reprises dans la bouche des différents acteurs après le match. Jérôme Brisard, celui qui officiait ce dimanche, n'aurait pas dû être là. Son manque d'expérience aurait dû suffire à l'exclure des candidats possibles pour un tel match. C'est entre autres ce que Leonardo, directeur sportif du PSG, a souligné dans ses propos d'après-match : "Quand il y a 14 cartons jaunes et 5 rouges, ça veut dire que le match était hors de contrôle. C'est la première chose à dire. Après, je ne vais pas défendre des comportements indéfendables. Je ne comprends pas pourquoi on n'a pas Turpin ou Buquet pour arbitrer ce match. On a un arbitre (Jérôme Brisard) qui a arbitré une finale de la Coupe de la Ligue mais il n'a pas l'expérience pour ce genre de matches." 

Jérôme Brisard a 34 ans et il a en effet arbitré une finale de Coupe de la Ligue. Surtout, il n'avait arbitré que deux matches de Ligue 1 avant celui-ci. Une expérience plus importante, telle celle de Clément Turpin, 210 matches de Ligue 1 à son actif, aurait-elle empêché les débordements de la fin du match ?

L'avis de Frédéric Arnault, ancien arbitre national et international, seul Français à avoir officié lors d'une demi-finale de Coupe du monde, en 2002  : "Quelle tristesse cette excuse de l'âge. Si on doit à chaque fois mettre Clément Turpin pour les grands matches de Ligue 1, on ne s'en sort plus. Et puis on ne peut pas non plus faire progresser les autres si on ne les met pas sur les grands matches. Après, effectivement, peut-être que ce n'était pas la désignation la plus judicieuse. Mais en ce qui me concerne, je n'ai pas vu d'erreur technique de sa part."

• La VAR est-elle vouée à être imparfaite ? 

Tous les débats liés à la VAR peuvent être résumés à ce seul match. Les deux camps étaient d'ailleurs d'accord sur ce point à l'issue de la rencontre : il y a eu, une nouvelle fois, deux poids, deux mesures. Pour André Villas-Boas, les décisions de la VAR sont "incompréhensibles" sur ce match, pointant des choix incohérents d'une action à l'autre.

Sur le premier but marseillais, le hors-jeu n'a pas été sifflé et la VAR a confirmé le but, Florian Thauvin étant apparemment estimé à l'extrême limite du hors-jeu. Quelques minutes plus tard, Dario Benedetto marque mais son but est invalidé par la VAR... pour une position de hors-jeu de Thauvin qui se trouvait, à peu de choses près, dans la même position qu'en première mi-temps. Alors, la VAR, une technologie qui n'apportera jamais une entière satisfaction ?

L'avis de Frédéric Arnault : "La VAR ne nous a pas fait progresser, à quelques rares exceptions près. Les gens peuvent admettre les approximations humaines mais ils n'admettent jamais l'approximation technique. En plus, il y a un vrai flou, on ne sait plus qui doit faire quoi, si on doit solliciter la VAR sur certaines actions, sur d'autres non... On a longtemps eu l'impression que la VAR reprendrait la main sur l'arbitre humain, mais il semblerait qu'on aille de nouveau vers plus de pouvoir de l'arbitre. Je suis persuadé que les arbitres sont moins sereins avec la VAR. Quand je regarde les situations de hors-jeu, sur ce match, je ne comprends pas qu'on accorde un but à Marseille et qu'on refuse un deuxième but. J'ai presque l'impression qu'il faudrait annuler le premier et pas le second. Il y a 2 ou 3 situations sur un match où la VAR est indispensable, il faut les définir. Pour le reste, l'humain doit rester prioritaire."

• L'arbitre pouvait-il vraiment éviter les dérives de la fin de match ?

Totalement houleuse, la fin de ce Classique entre le PSG et l'OM a totalement dégénéré avec une nouvelle échauffourée et un début de bagarre générale. Jérôme Brisard, après avoir distribué douze cartons jaunes pendant la rencontre, a expulsé cinq joueurs de la pelouse pour des gestes antisportifs. "La situation a empiré tout au long de la rencontre", déplorait hier Thomas Tuchel en conférence de presse après le match. L'entraîneur allemand dressait le constat suivant en soulignant le manque de sang-froid de ses joueurs : il semblait inévitable que Parisiens et Marseillais ne terminent pas la rencontre à onze contre onze.

Du premier accrochage entre Neymar et Dimitri Payet à la 10e minute de jeu à l'échauffourée de fin de match, les 22 acteurs présents sur le terrain n'ont cessé de se provoquer et de réclamer des cartons auprès de l'arbitre. Au milieu de cette agitation, difficile pour Jérôme Brisard de parvenir à calmer les tensions, d'autant qu'il avait déjà distribué cinq cartons jaunes à l'issue de la première mi-temps. Des avertissements qui n'ont pas apaisé l'atmosphère et ont provoqué ce début de bagarre générale. À ce moment, l'arbitre n'a plus de contrôle sur la situation, d'autant plus lorsqu'un joueur comme Leandro Paredes, entré à la 71e minute de jeu, semblait souhaiter en découdre dès son apparition sur le terrain.

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L'avis de Frédéric Arnault : "Je vais utiliser une image forte, mais quand quelqu'un a vraiment envie de se donner la mort, on n'y peut rien. Quand les joueurs ont vraiment envie de se faire du mal, c'est difficile pour l'arbitre. En plus, dans ce cas, la mayonnaise est montée dès l'avant-match, il y a eu des paroles, des provocations, des banderoles. On sait que les PSG-OM sont toujours des matches particuliers. Mais je ne veux pas non plus nier l'importance de l'arbitre, il a sa responsabilité lorsque la situation dégénère, c'est sûr. À la limite, il aurait peut-être dû mettre un carton rouge plus tôt. Généralement, on dit qu'il ne faut pas attendre le 7e carton jaune avant de sortir le rouge. Peut-être qu'il a regardé son chrono et qu'il s'est dit qu'il pouvait aller au bout du match sans sortir le rouge. Si c'est le cas, c'est un mauvais choix. Après, dans l'absolu, si les joueurs n'ont pas un tel comportement, rien de tout cela n'arrive et on ne parle même plus de Jérôme Brisard aujourd'hui."

Par Guillaume Poisson et Denis Ménétrier.

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