PSG David Luiz mains sur les hanches
Le Parisien David Luiz recruté à Chelsea pour 50 millions d'euros | JEAN MARIE HERVIO / DPPI MEDIA

PSG, le doigt là où ça fait mal

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A la veille d'affronter Barcelone en phase de poule de la Ligue des champions, le PSG n'apparaît pas des plus sereins. Ce début de saison chaotique tranche avec la dynamique qui portait le club depuis deux saisons. Si Laurent Blanc n'est pas réellement menacé, sa semaine s'annonce décisive avec la réception des Blaugrana puis celle de Monaco dimanche.

Une crise de croissance

La construction d'un grand club qui se veut bientôt l'égal des Barcelone, Real Madrid, MU, Bayern Munich ou la Juventus ne peut se faire de manière linéaire. Chelsea et City y ont été confrontés avant le PSG. Aux périodes de forte croissance suivent également des phases de stagnation voire de régression avant un nouveau bond en avant. Paris en est là trois saisons après son décollage. Double champion de France en titre et installés parmi les challengers de la C1, le club parisien a sans conteste réussi sa première phase. A l'heure de passer à la seconde, la marge de manœuvre est plus réduite et les choix pris ont des conséquences bien plus importantes qu'au début du projet.

Un recrutement raté ?

Dans l'œil du cyclone du fair play financier de l'UEFA, le PSG s'est trompé de cible. Avec une enveloppe de 60 millions d'euro, il y avait moyen d'étoffer un effectif de qualité. En laissant partir Alex (libre, le Brésilien a signé à Milan, ndlr) et en achetant David Luiz à Chelsea pour 50 millions d'euros, le compte n'y est pas. Le Brésilien n'a pas laissé que des bons souvenirs en Angleterre et n'est pas le meilleur défenseur du monde que décrivait le président Nasser al-Khelaïfi au printemps. Cet investissement onéreux opéré en mai a également privé le PSG d'autres renforts de poids. Angel di Maria a glissé entre les doigts parisiens pour atterrir à Manchester United. Sans le sou ou presque, Paris n'a pu ajouter que le Toulousain Serge Aurier, auteur d'une passe malheureuse samedi au Stadium, à sa galaxie, Bahebeck et Chantôme étant des retours de prêt.

Une préparation tronquée

Pour relever ses ambitions, on pouvait s'attendre donc à mieux mais la base parisienne restait d'une grande qualité. Fort d'un vécu de deux saisons, le groupe est toujours le plus impressionnant de France et l'un des plus beaux d'Europe. Le rouleau-compresseur du Qatar était prêt à poursuivre sa domination. Mais si la base se met à vaciller, le moteur n'avance plus. Premièrement, la Coupe du monde a laissé des traces chez plusieurs cadres de l'équipe. La fatigue d'une saison à rallonge se fait encore sentir et il y a encore trop de différences sur le plan physique entre ceux qui étaient au Brésil et les autres qui ont effectué l'intégralité de la préparation estivale. La fatigue est peut-être aussi mentale. Après des émotions fortes, il est toujours compliqué de se replonger dans l'ordinaire d'un championnat. Comme l'a prouvé le départ de Falcao dans le contexte monégasque, la L1 n'est pas aussi attractive que le président de la LFP Frédéric Thiriez le voudrait.

Blanc contesté ?

Vient s'ajouter un autre problème qui tient lui du mode de fonctionnement au sein du club. Les stars ont-elles pris le pouvoir dans le vestiaire ? Cette question lancinante au PSG se pose-t-elle dans les grands clubs continentaux ? Pas sûr. En attendant, cela revient également à dire que Laurent Blanc n'a peut-être pas l'autorité nécessaire ou le pouvoir de dire non à certains joueurs. L'Equipe révèle dans son édition de lundi qu'Ibrahimovic, Thiago Silva et Thiago Motta sont dans l'autogestion des entraînements car leur statut leur conférerait une sorte de carte blanche. Du coup, ils ne s'astreignent pas toujours à participer à une opposition avec tout le groupe. C'est du travail tactique en moins pour Blanc et Gasset. C'est une mauvaise image renvoyée aux autres joueurs exclus de ce cercle privé. C'est enfin un mauvais coup porté à l'autorité de l'entraîneur dont les choix peuvent plus facilement être contestés en interne.

Malgré tous ces problèmes, Paris est toujours invaincu cette saison. Avec trois victoires et six nuls, le bilan est très mitigé au regard des attentes suscitées. Deux bons résultats cette semaine auraient l'avantage de tout balayer.