L'Espagnol Unai Emery
L'entraîneur du PSG, Unai Emery | AFP - NURPHOTO - Matteo Bottanelli

PSG: La défaite de trop pour Unai Emery ?

Publié le , modifié le

Arrivé à l'intersaison en remplacement de Laurent Blanc, Unai Emery devait faire franchir un cap au PSG. Avec l'élimination humiliante en Ligue des Champions contre Barcelone, avec la défaite dimanche contre Nice qui hypothèque très sérieusement la conquête d'un 5e titre de champion de France consécutif, les résultats sont clairement en baisse. Les dirigeants parisiens peuvent-ils envisager de remplacer l'Espagnol après seulement une saison ? La rumeur annonce qu'il sera conforté. Pourtant...

Unai Emery, de l'espoir au désespoir

"On a tout ce dont on a besoin avec Unai Emery". Voilà ce que Nasser Al-Khelaïfi clamait en juillet dernier après avoir annoncé l'arrivée du technicien espagnol, en remplacement de Laurent Blanc. Arrivé de Seville, il devait apporter, selon son président, "la motivation, l'expérience, le nouveau style de jeu très offensif", avec une qualité en plus, celle d'être "proche des joueurs" et de donner "l'opportunité aux jeunes d'évoluer". "Il a un talent avéré pour tirer le meilleur d'une équipe", concluait Al-Khelaïfi. Moins d'un an après, le bilan est très éloigné des espoirs. Dimanche soir, il n'a eu aucun regard pour son entraîneur à la sortie du terrain, alors qu'il avait un geste de réconfort envers ses joueurs.

Les pires résultats du PSG depuis 2012

QSI, l'actionnaire, est arrivé au PSG à l'été 2011. Depuis cette première saison, finie sans le moindre trophée, Paris avait fait de la France son terrain de chasse favori. Quatre titres de champion consécutifs (2013, 2014, 2015, 2016), quatre Coupes de la Ligue de rang (2014, 2015, 2016, 2017) et deux Coupes de France (2015, 2016) en attendant peut-être une troisième, après la finale contre Angers. Sur la scène européenne, jamais le PSG n'avait été éliminé avant les quarts de finale.

Pour cette saison sous le règne d'Unai Emery, Paris devrait perdre son titre de champion de France au profit de Monaco. Paris s'est surtout arrêté en 8e de finale de la Ligue des Champions, sur une humiliation (6-1) au Camp Nou. Et cette défaite est peut-être née lors de la phase de groupes, où les Parisiens se sont contentés de la 2e place, derrière Arsenal, après un nul contre Ludogorets au Parc des Princes (2-2) lors de la dernière journée. Une faute énorme, lourde de conséquences. Un faux-pas imputable aux joueurs, mais pas seulement. Avec peut-être deux Coupes nationales, Unai Emery peut-il rester dans un club qui a limogé voici un an un technicien qui avait réalisé le triplé et s'était arrêté en quarts de finale de la C1 ?

La gestion des joueurs en questions

Ca a été la première polémique autour de l'équipe: les gardiens de but. Contrairement à la quasi-totalité des entraîneurs (Wenger le fait aussi à Arsenal), l'Espagnol a choisi de ne pas choisir dans le but. Officiellement, il n'y avait pas de hiérarchie entre Alphonse Areola et Kevin Trapp. Une décision longtemps commentée, qui a peut-être fragilisé alternativement l'un et l'autre (lire Areola-Trapp, dans la tête de gardiens de but en concurrence). A quel moment, cette saison, durablement, ont-ils fait gagner des matches, ou en tout cas éviter de les perdre ?

Leur gestion n'est pas la seule interrogation quant au management d'Emery. Le cas Hatem Ben Arfa a énormément fait parler. A Nice, il n'était pas dans le groupe. 23 matches en L1 (dont 5 comme titulaire), 3 en C1, 2 en Coupe de la Ligue et 3 en Coupe de France, l'ancien Niçois n'a pas gagné la confiance de son entraîneur. Idem pour Krychowiak (13 matches cette saison, acheté 30 millions à Seville, où il était coaché par Emery), Guedes (arrivé fin janvier pour 30 millions et qui a joué 9 matches), Lo Celso et Jesé (acheté 25 millions et parti au mercato d'hiver en prêt à Las Palmas). Seuls Thomas Meunier et Julian Draxler ont gagné leur place parmi les joueurs recrutés.

A lire: PSG, la faillite des cadres

Et les cadres ? Alternativement et plus ou moins longuement, Thiago Motta, Maxwell, Matuidi, Pastore, Lucas, Rabiot ou Di Maria ont perdu leur place sur le terrain. Les performances indigentes pendant de longues semaines de l'Argentin ont mis du temps à le placer sur le banc. Lucas, deuxième meilleur buteur parisien cette saison, est désormais cantonné à des bribes de fin de match. Et les jeunes Nkunku ou Kimpembe, si brillant à l'aller contre Barcelone, jouent peu, mais encore beaucoup plus que Jean-Kevin Augustin, mis de côté. 

Les chiffre​s en recul

Nasser Al-Khelaïfi voulait du jeu offensif. Avec 72 buts inscrits cette saison en championnat à l'issue de la 35e journée, le PSG version Emery en a marqués 18 de moins que le PSG version Blanc en 2015-2016, à pareil moment de la saison. Mais surtout 24 de moins que l'As Monaco. Le départ de Zlatan Ibrahimovic pourrait expliquer ce tassement. Mais dans le même temps, Edinson Cavani est devenu le deuxième meilleur attaquant d'Europe (45 buts en 46 matches). Pour trouver trace de 5 défaites au soir de la 35e journée, il faut remonter aux saisons 2011-2012 et 2012-2013.

Avec 80 points au compteur aujourd'hui, Paris fait mieux que lors des titres 2013 et 2015 (74 points à la 35e journée), mais moins bien que lors des sacres 2014 (83 points) et 2016 (87 points). Et derrière, avec 26 buts encaissés, la défense parisienne est la 3e plus perméable de l'ère QSI (33 buts pris à la 35e journée en 2011-2012, 2014-2015), très éloignée de sa puissance la saison passée (19 buts encaissés) ou lors des saisons 2012-2013 (21 buts) et 2013-2014 (20 buts).

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze