PSG et OM privés de visiteurs

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La Commission des compétitions de la Ligue a décidé jeudi la fermeture de la tribune visiteurs aux supporters marseillais pour la rencontre PSG -OM (12e journée le 7 novembre à 21h00) et de la tribune visiteur aux supporters parisiens pour OM-PSG (28e journée). Il s'agit pour la LFP, d'assurer la meilleure sécurité de tous après les graves incidents survenus au cours des dernières saisons".

Ceci s'inscrit dans le cadre de la politique de lutte contre la violence  menée conjointement par l'Etat, la LFP et les clubs", précise enfin la Ligue. Cette décision survient alors que des petites phrases ont déjà été échangées  à distance entre dirigeants marseillais et parisiens en vue du "clasico", alors  qu'il n'était encore pas question de fermeture des tribunes visiteurs. José Anigo, le directeur sportif de Marseille, avait ainsi critiqué  récemment Le président du PSG  Robin Leproux au sujet de l'horaire du "clasico"  le 7 novembre et du nombre de supporteurs marseillais autorisés à venir à Paris.

Leproux a tenu mercredi à mettre les choses au point.  "Le nombre de supporteurs qui viendraient à Paris est une décision de la  Ligue, pas du PSG , expliquait le responsable parisien. Ensuite, l'horaire du  match, ça découle forcément des pouvoirs publics, pour des raisons de sécurité  donc ce n'est pas non plus une décision du PSG . Si M. Anigo a vraiment tenu ses  propos, il a encore perdu une occasion de se taire", a ainsi déclaré le  président du PSG . "Leproux perd ses nerfs pour tenir de tels propos", a répondu Anigo ce jeudi  sur le site internet de l'OM avant de connaître la décision de fermeture des  tribunes. "Si Robin Leproux a eu le courage de virer les hooligans de son stade,  cela ne lui donne pas le droit de donner des leçons aux autres, poursuit Anigo.  Nous n'avons pas de problèmes avec nos supporters et nous sommes venus à 2000 au  Parc des Princes pendant des années sans provoquer d'incidents. Les supporters  olympiens se déplacent toujours très nombreux à travers la France et l'Europe pour encourager leur équipe, et je souhaite qu'ils puissent continuer à le  faire, même au Parc de Princes."

Ces joutes verbales qui n'ont d'autre objectif que de faire monter la pression avant un affrontement toujours passionné, sont, pour les autorités, de nature à mettre encore davantage de pression autour de la rencontre. Cette décision de la Ligue vise donc à calmer le jeu en faisant en sorte que les deux clans ne puissent pas se trouver dans une position d'affrontements. Mais elle ne fait pas l'affaire  de l'OM  pour qui c'est la "plus mauvaise des solutions". "Empêcher les gens de venir, c'est la plus mauvaise des solutions pour le  football. Les gros problèmes n'ont jamais opposé les Parisiens aux Marseillais  mais les Parisiens entre eux", a déclaré José Anigo. "C'est un lobbying politique fait à Paris qui a accouché de cette solution et il va être difficile de la faire comprendre aux supporteurs marseillais", a-t-il encore estimé. Le président marseillais, Jean-Claude Dassier, a qualifié d'injuste cette décision. "Nos supporters se déplacent en nombre dans toute la France sans le moindre incident. Il est regrettable que, malgré les décisions courageuses du PSG, les supporters parisiens continuent de  perturber le football français",

De son côté, le président parisien Robin Leproux a déclaré avoir "pris acte" tout en manifestant quelques réserves. "Une décision a été prise pour avoir un risque zéro en la matière. Mais il  y avait aussi la question de l'horaire. Je dis les choses très simplement, le " Parc sera plein et quand les 45.000 personnes entreront, je souhaiterais qu'il  fasse jour. Mais cela (l'horaire), ce sera une décision de la Préfecture et du  ministère de l'Intérieur. On prend acte, mais ni sur l'horaire ni sur la  fermeture des tribunes visiteurs, ce n'est une décision du Paris Saint-Germain. 'aspect qu'on ne peut regretter, c'est de vouloir mettre le public en  sécurité et éviter des incidents au Parc. Mais on se dit qu'on doit être capable  de s'accueillir les uns les autres, sinon, c'est une victoire des éléments  violents. Mais il y a des circonstances extrêmes, inquiétantes. On peut  comprendre que ce soit la décision qui a été prise. On reste très vigilant..."

En marge du dernier PSG -OM, le 28 février, un affrontement entre supporters  parisiens rivaux avait vu le passage à tabac d'un homme de 37 ans, qui était  décécé ensuite dans la nuit du 17 au 18 mars des suites de ses blessures.

Christian Grégoire