PSG-Bordeaux : Angel Di Maria, la mauvaise passe qui ne devrait pas s'éterniser

PSG-Bordeaux : Angel Di Maria, la mauvaise passe qui ne devrait pas s'éterniser

Publié le , modifié le

A l’image du PSG, Angel Di Maria traverse une période compliquée. Maladroit et malheureux dans ses choix, malgré sa passe décisive contre Ludogorets mardi soir, l’Argentin n’est que l’ombre du joueur qu’il a été. Il conserve toutefois la confiance d’Unaï Emery qui le protège. Pour une embellie dès samedi contre Bordeaux?

"Il est encore trop loin de ce que l’on est en droit d’attendre de lui. Je veux bien que ce soit un artiste et qu’il ait du déchet et qu’il soit irrégulier mais mis à part son coup-franc sur le but de Cavani et sa frappe enroulée devant la surface, il n’a rien fait de toute la rencontre. Quand on les prend un par un, tous les joueurs ont effectué au moins quelques choses positives. Lui pas du tout. Pour un joueur de cette qualité et contre Ludogorets, ce n’est pas possible". La critique est sévère et émane de Pierre Ducrocq, ancien milieu de terrain du PSG.

Elle vise un milieu de terrain offensif, gaucher, du club parisien. Qui ? Facile, Hatem Ben Arfa. Raté, le destinataire est argentin, a coûté 63 millions d’euros et s’appelle Angel Di Maria. Le natif de Rosario traverse une mauvaise passe, lui qui a plutôt l'habitude d'en distiller des bonnes. Contre Toulouse (revers 2-0 du PSG), il a touché le fond. Il s'est à peine relevé contre Ludogorets en Bulgarie sur la scène européenne et ses matches précédents étaient, au mieux, quelconques. Sur ses 10 premiers matches de la saison, il n’a toujours pas marqué et distribué quatre passes décisives. Un total loin de ses temps de passage de la saison dernière (3 buts, 4 passes après neuf matches).

Il garde la confiance d’Emery

Jusqu’ici le cas Di Maria avait été plutôt passé sous silence. Les errements de l’équipe, les défaites, le cas Hatem Ben Arfa avaient fait office de paratonnerre. Mais la multiplication des prestations indignes de son rang ont mis en lumière le problème argentin. Après la nouvelle performance décevante de son joueur en Ligue des champions, Unaï Emery n’a pas nié les faits. "C’est une question dont on parle beaucoup dans le vestiaire. Pour faire en sorte d’améliorer les prestations. Di Maria est un joueur très important pour nous. Je veux lui faire confiance et je veux que l’équipe lui fasse confiance. Je suis content pour lui car il est très impliqué".

Impliqué certes, mais pas irréprochable. Avec Emery, le joueur a changé de poste, passant de l’aile droite sous Blanc où il a brillé (10 buts et 18 passes décisives la saison dernière) à l’aile gauche, voire même en soutien d’Edinson Cavani dans certains cas. Son entraîneur le veut "plus près de la surface, pour aller chercher le but". Un changement d'entraîneur, un changement de poste qui nécessitent forcément un temps d'adaptation. Mais pour l’instant, les résultats se font attendre. Pourtant, le jeu voulu par Emery, où la verticalité prédomine, correspond à ses qualités.

Ibra parti, un repère en moins

Alors quel est le problème ? Il est double. D’abord en perdant son partenaire privilégié en attaque, Zlatan Ibrahimovic, Angel Di Maria a plus de mal à faire marquer. L’an dernier, le Suédois avait reçu 8 caviars de la part de l’Argentin. A titre de comparaison, Cavani, lui, en avait reçu 5. Pour l’instant, la relation entre les deux Sud-Américains n’est pas évidente, malgré la multitude d’appels proposés par le fougueux Uruguayen. L’autre souci du "Fideo" (le spaghetti, en vf) est encore lié au départ de Zlatan Ibrahimovic. Le "Z" parti à Manchester, où Di Maria n’est resté qu’un an après avoir échoué, a laissé un grand vide dans le vestiaire et sur le terrain. Le leader incontesté et incontestable, c’était lui. Personne ne l’a remplacé. Edinson Cavani et Angel Di Maria, les deux recrues les plus chères de l’histoire du PSG, n’assument pas (encore) leur statut. L’ancien Madrilène avait été acheté pour faire franchir un palier au PSG, mais à Madrid, où il a gagné la C1, il n’était qu’un (excellent) lieutenant de Cristiano Ronaldo. A Manchester, il a débarqué avec le statut de star, il s’est planté, même si Louis Van Gaal y était pour quelque chose.

A Paris, Ibra et lui faisaient la paire. Le Suédois loin, il doit s’émanciper et cherche sûrement à trop en faire en témoigne ses 35 ballons perdus en 92 touchés lors de la défaite à Toulouse. "On peut toujours taper sur Di Maria. Nul, c’est vrai. Mais les autres ? Qui a tiré les autres vers le haut ? Qui a parlé ? Qui mène cette équipe ? Un à un, ils ont baissé la tête, a regretté le journaliste de RMC Daniel Riolo. Un abandon, un manque de caractère flagrant comme si le leadership qu’il doit désormais assumer était trop lourd à porter. Enfin, avec le maillot de l’Argentine où il brille et où il est si important – les finales du Mondial 2014 et de la Copa America 2015 ont été perdues alors qu’il était absent – il est aussi dans l’ombre d’une autre superstar, Lionel Messi. Pour l’instant, ses prestations ne menacent pas sa place dans le onze, mais face à Bordeaux samedi au Parc des Princes, il serait opportun de montrer à nouveau son vrai visage

Benoit Jourdain @BenJourd1