Vincent Labruna, le président de l'OM, le 13 août 2015, en conférence de presse.
Vincent Labruna, le président de l'OM, le 13 août 2015, en conférence de presse. | AFP

"Prétexte", "héritage", "philosophie": Labrune (OM) met ses mots sur le départ de Bielsa

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C'est un Vincent Labrune "stupéfait" et "déçu" qui s'est présenté devant la presse jeudi après-midi. Le président de l'OM est revenu en longueur sur le départ de Marcelo Bielsa. En expliquant quel "détail technique" avait insité El Loco à claquer précipitament la porte samedi dernier, dans la foulée d'une défaite inaugurale, face à Caen (0-1). Mais en insistant également sur la trace qu'aura laissée le technicien argentin durant sa seule année sur le banc marseillais.

La mise au point était prévue à 16 heures. Elle a démarré à 16 heures précises. Pas une seule minute de retard. Jeudi après-midi, Vincent Labrune se savait très attendu en conférence de presse. Cinq jours après le séisme provoqué par le départ surprise de Marcelo Bielsa, le président de l’OM voulait tirer les choses au clair. Mais lorsqu’il s’est présenté face aux médias, Labrune a tout de suite prévenu : "On n’est pas là pour annoncer le nouveau coach."

Durant une bonne demi-heure, il s’est surtout évertué à clarifier la position du club marseillais. A donner, en quelque sorte, SA version des faits. Sans pour autant tirer à boulets rouges sur Bielsa. Au contraire : Labrune n’a pas manqué de rendre hommage à son désormais ex-entraîneur. Avec El Loco, l’OM a grandi. L’héritage est là. Reste à le faire fructifier, dans un premier temps avec Franck Passi. Dimanche, à Reims, l’ancien adjoint de Bielsa sera en première ligne sur le banc olympien. Il n’est pas exclu que l’intérim dure plus longtemps, a indiqué Labrune. Morceaux choisis de sa conférence de presse.

Comment Vincent Labrune a accueilli l’annonce de Bielsa : "Comme si on était orphelins"

"Mon premier sentiment : c’est la stupéfaction. A titre personnel, je n’étais absolument pas au courant qu’il comptait partir. J’aurais préféré qu’il me parle, plutôt qu'il me fasse passer une lettre. C’est quelque chose de cruel. C'était un peu comme si on était tous orphelins. On savait que Marcelo était imprévisible. On ne l'a pas découvert samedi. Il ne fait rien à la légère, il est très intelligent. Il avait pris sa décision avant même mercredi selon moi. L’actionnaire a l’impression d’avoir fait de très gros efforts et elle est déçue. Je m'accorde la responsabilité de l'avoir fait venir. Et de l'avoir vu partir... Mais je n'ai jamais pensé à démissionner."

Les rai​sons de son départ : l’année optionnelle, un "détail" pour l’OM, un "prétexte" pour Bielsa

"Bien malin qui peut donner, à part Marcelo, les raisons de son départ. Il n'y a pas eu de désaccord majeur sur le contrat. Avant qu'il parte en Argentine, au mois de juillet, on était d'accord sur tout. Les termes du contrat n’ont pas changé. Nous avons entamé les discussions fin avril. On a travaillé pour rapprocher nos positions. Tout était réglé de notre côté le mercredi soir. A la demande de Bielsa, il y a eu une discussion autour de l'année optionnelle pour sa deuxième saison à l'OM. Pour moi, c’était de l’ordre du détail. Un détail technique. Pour lui, ça me semble être plus un prétexte qu'autre chose. Je pense que sa décision était prise avant même la réunion du mercredi."

Le passage de Bielsa à l’OM : "Il nous laisse un héritage"

"Je l’ai pris en connaissance de cause, avec ses qualités et ses défauts. Il nous a apporté beaucoup, il nous laisse un héritage. Il nous a apporté beaucoup en termes de rigueur et de professionnalisme. Le passage de Bielsa à l'OM a été une bonne chose. Sportivement, on a fait une saison spectaculaire. Structurellement, nous avons changé beaucoup de choses grâce à M. Bielsa. Nous avons pu donner un coup de jeunesse et de modernité à un club qui souffre d’immobilisme. "

La succession de Bielsa : "Pas une question de passeport, mais de philosophie"

"On ne cherche pas un héritier à Bielsa. On cherche quelqu’un capable de s’adapter au projet du club, de gérer l’effectif tel qu’on l’a fait, avec un projet de jeu. On a toujours une volonté de produire du spectacle. On ne souhaite pas changer à 100%. Ce n'est pas une question de passeport, mais de philosophie. On se donne le temps de la réflexion, de la sagesse. On ne veut pas faire n'importe quoi. On a une short-list, on peut dire ça. Mais on n'est pas pressé, donc ça peut aller assez vite. Franck Passi est un garçon remarquable. S’il est prolongé, ce ne sera pas parce qu’on n’a pas trouvé. On se laisse encore quelques jours pour décider du chemin qu’on va prendre. On n’a pas prévu qu’il soit numéro un toute la saison. Mais aujourd’hui, ça se passe bien. Donc on verra comment ça évolue."