Laurent Blanc-Nasser Al Khelaïfi
Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi à côté de son entraîneur, Laurent Blanc | SIPA - J.E.E

Pourquoi le mercato du PSG n'avance pas?

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A l'heure où l'OM se fait piller, que l'OL trouve un accord avec Claudio Beauvue et que Monaco multiplie les achats de jeunes joueurs prometteurs, un club reste désèspérement silencieux sur le marché des transferts. Principal acteur du mercato estival les années précédentes, le club parisien brille cette fois par sa discrétion. Freiné par le fairplay financier, le PSG attend un signe de clémence de la part de l'UEFA réunit en congrés ce lundi et mardi, justement pour annoncer l'évolution du FPF. En attendant, les dirigeants multiplient les pistes, essuyent des refus et se tournent vers un marché de seconde zone.

Le fairplay financier (FPF) a trouvé sa victime préférée, le PSG. Le club parisien est depuis l'été dernier freiné dans son développement par cette épée de Damoclès qui l'empêche de faire chauffer la planche à billets. L'évolution des sommes dépensées depuis 2011 illustrent bien la réduction de la marge de manoeuvre du PSG : 112 millions lors de la saison 2011-2012, 153 (2012-2013), 137 (2013-2014), 59,5 (2014-2015). Nasser Al-Khelaïfi l'a avoué, sans ce FPF, Angel Di Maria serait sûrement parisien à l'heure actuelle. Mais voilà, le PSG est limité dans sa folie dépensière et doit l'accepter. Une lueur d'espoir existe cependant pour le club de la capitale avec le congrès de l'UEFA qui se tient ce lundi et mardi à Prague. L'instance européenne doit annoncer les aménagements au FPF. Le concept de l'équilibre presque parfait entre les dépenses et les achats est jugé trop rigide par les clubs, il devrait être assoupli. En gros, la barre du déficit momentané accepté par l'UEFA devrait être rehaussée passant de 30 millions à 45 millions d'euros.

Malheureusement pour le PSG, ses espoirs risquent d'être douchés puisque les nouvelles règles ne s'appliqueront qu'aux clubs n'ayant pas été punis. Le PSG pourrait devoir attendre trois ans de plus avant d'avoir les coudées à nouveau franches. Une situation qui agace les dirigeants parisiens qui se battent depuis de longs mois pour faire bouger les choses. Nasser Al-Khelaïfi et son directeur général Jean-Claude Blanc ont déjà défendu leur cause à Nyon au siège de l'UEFA, mais rien n'y fait. Le PSG est bloqué et ne devrait avoir que 60 millions d'euros à dépenser cet été. Quarante-huit même puisqu'on enlève les 12 millions d'euros qu'a coûté Serge Aurier. Moins de 50 millions quand on ambitionnait de faire venir Pogba, Di Maria ou encore De Bruyne, c'est trop peu. L'été dernier, le PSG avait tout misé sur David Luiz. Cet été, le PSG multiplie les pistes mais se heurte au noeud trop bien serré du cordon de sa bourse, mais aussi, chose nouvelle, à des refus.

Di Maria trop cher, Turan pas intéressé

Malgré la situation, Nasser Al-Khelaïfi est décidé à frapper fort. Laurent Blanc a ciblé ses besoins : un milieu gauche puis des ajustements en fonction des départs. Ce fameux milieu gauche offensif capable de marquer et de faire marquer, le PSG l'a identifié depuis un an maintenant. Il est Argentin et s'appelle Angel Di Maria. Sans le FPF, il serait déjà à Paris. Mais il a échoué à Manchester United qui a lâché 75 millions d'euros au Real Madrid. Un an après, le PSG veut profiter du mal-être de Di Maria, actuellement au Chili avec l'Albiceleste pour la Copa America, qui ne s'est pas adapté à la Premier League au point d'être relégué sur le banc en fin de saison. Problème, Manchester United est riche. Très riche et n'a pas besoin de vendre pour renflouer ses caisses. Les dirigeants mancuniens ne veulent pas brader le joueur le plus cher de l'histoire de la Premier League.

Un départ à moins 60 millions d'euros semble inconcevable, un seuil évidemment trop élevé pour les finances parisiennes. L'option du prêt avec option d'achat automatique dans un an ne tente pas les Anglais qui ont les moyens de leurs ambitions. Le Real Madrid le découvre d'ailleurs en négociant le transfert de David De Gea. Les autres pistes parisiennes mènent du côté de l'Allemagne avec Kevin De Bruyne et de l'Espagne, avec Arda Turan. Le premier semble promis au Bayern Munich qui se serait mis d'accord avec Wolfsburg pour un transfert l'été prochain. Il était de toutes façons trop cher pour Paris qui s'est tourné vers le Turc de l'Atletico Madrid. Cette fois, ce n'est pas le montant qui pose problème, mais le joueur qui ne désire pas rejoindre le PSG. L'ailier des Colchoneros, dont la clause libératoire est fixée à 41 millions d'euros, désire évoluer en Premier League où United et Chelsea se disputent ses faveurs.

Trapp faute de mieux

De Bruyne, Di Maria, Turan auxquels on peut ajouter Pogba qui n'a jamais considéré le PSG comme une destination possible, Paris enchaîne les déconvenues et se tourne vers un marché moins onéreux. Ainsi, la première recrue estivale pourrait bien être ... un gardien de but. Salvatore Sirigu ayant affiché ses limites en Ligue des Champions, Paris a cherché un portier plus aguerri. Hugo Lloris et Petr Cech ont été approchés, mais le premier est très cher (25 millions d'euros) et le deuxième très gourmand en salaire (entre 6 et 7 millions d'euros annuels) et proche de signer à Arsenal. C'est en Bundesliga que le PSG est allé à faire ses emplettes. A Francfort, où il serait tombé d'accord avec Kevin Trapp, 25 ans le 8 juillet prochain. Un joueur très prometteur selon les observateurs, mais loin du strass et des paillettes auxquels nous avait habitué le PSG. Une simple exception à la règle officieuse qui veut que le PSG recrute des stars ou alors une nouvelle tendance contrainte? L'UEFA détient sûrement la réponse en République Tchèque.