Mercato L1 - hiver 2014
. | AFP / FRANCK FIFE

Pourquoi le mercato d'hiver est gelé

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Excepté quelques prêts ici et là, le mercato hivernal 2014 est aussi calme que l'eau qui dort. Comment expliquer la frilosité des clubs français ? Le mercato d'hiver sert-il encore à quelque chose ? Tentative de réponse.

Un "merc'atone". Si la période des transferts hivernale est communément plus "peinarde" que la grande foire estivale, en 2014, on franchit un nouveau cap. A moins de dix jours de la fin du mercato d'hiver, les mouvements au sein du championnat français se comptent sur les doigts d'une main. Quelques prêts, mais surtout, une flopée de retour de prêts. Pas d'investissement, seulement des opérations au risque financier minimaliste. Alors, nous jetons le pavé dans la mare : et si le mercato d'hiver ne servait plus à rien ?

Pourquoi la Ligue 1 est amorphe

José Anigo, Arsène Wenger, Françis Gillot sont autant de techniciens français qui militent pour l'abolition de la grande kermesse hivernale. Il y a moins d'une semaine, l'entraîneur marseillais avait affirmé que le mercato post-Noël tendait à l'instabilité des clubs: "ça ne me dérangerait pas s’il n’y avait pas de mercato en janvier", avait déclaré en conférence de presse l'homme le plus puissant de l'OM. "Ça voudrait dire qu’un joueur qui s’engage dans un club en début de saison doit y rester jusqu’au bout. S’il s’est trompé, il doit assumer. C’est pareil pour les clubs. Je pars du principe qu’on démarre une saison avec un effectif qui doit la finir". Pour Arsène Wenger, le légendaire manager des Gunners, la crise économique et financière n'est pas conciliable avec la grande braderie hivernale :"je signerais pour que le mercato de janvier soit abandonné complètement", avait assuré l'ancien entraîneur monégasque. "Le marché de transfert de cet hiver ne sera pas animé, c’est un marché modéré cette année. Les ressources financières cette saison explique pourquoi la ligue est si serrée".

Une année de coupe du monde

Dans notre Ligue 1 bipolaire, c'est sans doute encore plus vrai. L'asservissement du championnat français aux toutes puissances parisiennes et monégasques ne profitent pas aux clubs de l’hexagone, puisque les deux institutions cossues achètent en grande majorité à l’étranger (Ibrahimovic, Cavani, Lucas, Pastore, Lavezzi, Silva pour Paris, Falcao, Rodriguez et Moutinho pour l’ASM). Cet hiver, le club francilien n’envisage pas de renflouer les caisses des pensionnaires de la Ligue 1, mais plutôt celles de l’AS Rome pour Pjanic, ou Newcastle pour Cabaye.

Et puis, il y a la coupe du monde au Brésil. La grande messe du football mondial, obsession de tout footballeur, arrive à grand pas, et pas question pour eux de faire le mauvais choix. Clément Grenier, répudie complètement l'idée d'un départ de l'OL à quelques mois du Mondial 2014 : "Pourquoi partir au mercato d’hiver ?", interrogeait-il sur RTL le 16 janvier dernier. "Je l'ai toujours dit, ça (la coupe du monde) fait partie de mes objectifs de la saison. Tout le football français a cet objectif-là en tête. La fin de saison sera déterminante ».

Cet hiver, en Europe, la tendance est clairement à l’hibernation.

Jean Charbon