Pourquoi il ne faut surtout pas oublier le Stade de Reims dans la course à l'Europe

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
La joie des joueurs du Stade de Reims contre Rennes le 17 février 2019 en Ligue 1
La joie des joueurs du Stade de Reims contre Rennes le 17 février 2019 en Ligue 1 | FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

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Si Marseille semble de retour sur la bonne voie vers la quatrième place, qualificative pour la Ligue Europa, tout reste à faire pour l’OM et pour les autres. Saint-Etienne est en embuscade, tout comme Montpellier, Nice ou le Stade de Reims. Sans trop faire de bruit, le promu a goûté un temps au Top 5 le week-end dernier. Et il pourrait bien s’y habituer, avec un déplacement à Dijon samedi soir.

Parce que son effectif ne manque pas de ressources

Promu, et alors ? Même sans des moyens colossaux, l’équipe champenoise n’a rien à envier avec un certain nombre d’effectifs de Ligue 1. Avec 19 joueurs ayant déjà disputé au moins 10 rencontres cette saison, l’entraîneur David Guion peut s’appuyer sur un groupe dense, où faire jouer les remplaçants ne signifie pas baisser en qualité. Sur le banc en début de saison, Tristan Dingomé ou Boulaye Dia (2 buts et 1 passe lors des trois dernières journées, alors qu’il avait débuté la saison avec la réserve) ont par exemple fait mieux que tenir la comparaison avec les titulaires.

Et ce, alors que le club s’est renforcé intelligemment cet hiver avec les arrivées d’Abdul Baba Rahman pour pallier à la blessure de Ghislain Konan ou encore d’Arber Zeneli, déjà indispensable devant après une première partie de saison de très bonne facture en Eredivisie. Ce groupe jeune entouré de cadres comme Yunis Abdelhamid (qui a joué toutes les minutes en Ligue 1 cette saison) Alaixys Romao, ou Pablo Chavarria fonctionne impeccablement. Tous les signaux sont au vert, alors que les Rémois assurent ne pas se focaliser sur une qualification européenne.

Parce que sa saison de Ligue 2 était un bon signe

88 points, 28 victoires, +50 de différence de buts : que des records. Les Rémois avaient déjà mis la L2 à feu et à sang en 2017-2018 avec un titre glané haut la main. Impressionnant offensivement, Reims avait fait tout aussi fort avec la défense la plus hermétique, et de loin, de la division. La recette n’a pas tant changé de ce côté du terrain, généralement une assurance tout risque dans une quête de maintien. L’équipe est toujours aussi efficace défensivement avec la troisième arrière-garde la moins perméable de Ligue 1 (26 buts encaissés en 27 journées) derrière les deux leaders du classement, le PSG et Lille. Très solide.

Sur la lancée de son titre de champion de Ligue 2, le Stade de Reims vise un peu plus haut que le maintien.
Sur la lancée de son titre de champion de Ligue 2, le Stade de Reims vise un peu plus haut que le maintien. © AFP

Les cadres de la saison record sont pour une majeure partie restés former la colonne vertébrale de la formation de la Marne. Edouard Mendy dans le but, Yunis Abdelhamid en charnière centrale, Xavier Chevalerin au milieu, Rémi Oudin sur les côtés et Pablo Chavarria devant : ces cinq titulaires sont toujours aussi précieux et n’ont eu aucun mal à faire la transition de l’antichambre à l’élite. Une vraie locomotive pour tout le groupe, dans lequel les nouveaux se sont immédiatement mis au niveau.

Parce que même dos au mur, Reims ne perd pas

Derrière le Paris Saint-Germain, quelles sont les équipes qui ont le moins perdu de matches en Ligue 1 ? Lille, logique dauphin. Et le Stade de Reims. Avec cinq défaites seulement, les Rémois font partie des équipes les plus difficiles à renverser cette saison. Les Rouges et Blancs sont toujours invaincus en 2019 et restent sur onze matches sans défaite. Surtout, la formation de David Guion a fait preuve d’un gros caractère ces dernières semaines. Menés rapidement à Montpellier, une des meilleures défenses du championnat, les Rémois avaient totalement renversés la situation pour l’emporter 2-4 dans l’Hérault. Plus fort encore samedi dernier, Amiens menait 0-2 sur la pelouse rémoise. Mais les locaux n’ont pas baissé les bras.

"Amiens a eu sa première frappe à la 29e minute et prendre deux buts contre le cours du jeu aux 39e et 44e minutes puis rentrer aux vestiaires avec ça, cela prouve les ressources mentales de l'équipe et qu'il y a peu d'équipes qui auraient été capables de faire ce qu'ils ont fait en deuxième mi-temps, s’est réjoui Guion. J’ai découvert que mon équipe était capable de revenir au score. C’était une première contre Montpellier et elle a réussi à le refaire face à Amiens. Ce sont des ancrages positifs." Des valeurs nécessaires pour un prétendant au haut de tableau.

Parce que certains joueurs explosent au meilleur moment

Qui pouvait se targuer de connaître les Edouard Mendy, Rémi Oudin, ou Mathieu Cafaro sur le bout des doigts au début de cet exercice ? Reims a joué à fond sur l’effet de surprise du promu. Et ces joueurs ont tous répondu à l’appel, auteurs de très bonnes saisons. Dans les cages, Edouard Mendy s’est rapidement imposé comme l'un des gardiens les plus sûrs de Ligue 1. Si le Stade de Reims concède aussi peu de buts (11 clean sheets), elle le doit en bonne partie au travail de son portier, pourtant passé proche d’arrêter sa carrière en 2015.

Mathieu Cafaro et Rémi Oudin, les deux font la paire. Les deux milieux offensifs sont parmi les plus belles surprises de 2018-2019. Auteur de cinq buts, Cafaro a fait preuve d’une grande polyvalence sur le côté gauche comme au cœur du jeu, à seulement 21 ans. Oudin, pur produit champenois, fait encore plus fort. Il est le tube de cette deuxième partie de saison avec cinq buts en 2019 en Ligue 1 (sept toutes compétitions confondues), huit déjà cette saison. Ce bilan lui permet d’être le meilleur buteur rémois et le parfait pendant de Cafaro - ou de Zeneli ces dernières journées - à la droite de l’attaque du Stade. Technique, précision du pied gauche, percussion… Oudin impressionne et pourrait déjà attirer les convoitises l’été prochain. A Reims d’en profiter d’ici là.

Parce que le calendrier est en sa faveur

Avec onze journées à jouer et cinq équipes en quatre points pour la quatrième place, la lutte s’annonce tendue jusqu’au bout de la saison. L’OM a fait forte impression contre Saint-Etienne dimanche dernier et a repris cette place synonyme de qualification directe pour la phase de groupes de la Ligue Europa. Mais de tous les prétendants, le mieux loti par l’agenda semble bien être le Stade de Reims. La formation champenoise a déjà joué plusieurs cadors et concurrents directs dans sa belle série sur la phase retour, et y a à chaque fois fait bonne impression (1-1 à Lyon et face à Nice, 2-1 face à l’OM, 2-0 contre Rennes).

S’il reste encore quelques affiches de gala aux hommes de David Guion, ils ont l’avantage de recevoir Lille, Saint-Etienne et le PSG lors de la dernière journée, un match que les joueurs de la capitale devraient aborder déjà titrés. Hormis un déplacement périlleux à Monaco lors de la 32e journée, le reste des rencontres semble abordable pour les Rémois avec sept matches contre des formations de la deuxième partie de tableau. Et les Champenois vont bénéficier d’une vingtaine de jours de coupure entre la 29e et la 30e journée pour recharger les batteries avant le sprint final. Paris ou Lyon pourraient même faciliter la tâche du SdR, en cas de victoire en Coupe de France, libérant donc une place supplémentaire en Coupe d’Europe. Une cinquième place, qui serait alors loin d’être inatteignable pour des Rémois qui n’en finissent pas de surprendre.