Jacques-Henri Eyraud
Le président de l'Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud. | Nicolas Tucat / AFP

Pour Jacques-Henri Eyraud, l'OM "n'a pas de pression"

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Si la qualification pour la finale de l'Europa Ligue est une belle surprise et une belle sensation pour l'Olympique de Marseille, ce n'est pas pour autant une finalité, comme l'a indiqué lundi le président marseillais Jacques-Henri Eyraud. Pour lui, alors que le projet initial s'étalait sur plusieurs saisons, cette finale est un peu un bonus. Si le résultat devait être négatif, il n'aurait pas d'impact sur ce projet, ni sportivement, ni économiquement.

Comme il l'a précisé lors de l'émission Stade 2 dimanche, les joueurs n'ont pas à avoir peur de n'avoir rien au bout. Ils n'ont au fond rien à perdre et ils "doivent profiter pleinement de ce moment, de cette chance d'être en finale, on n'a pas souvent cette occasion". Il faut ne pas avoir de regret et tout donner pour faire plaisir au club et aux supporteurs, chez qui il a senti du mouvement et de la ferveur, en même temps qu'une "montée en puissance" dans la compétition.

 

La stratégie n'a pas changé

"C’est notre première saison complète. On n’avait pas prévu d’aller en finale de la Ligue Europa. Ce n’était pas dès la première saison un objectif, déclare le président Marseillais. "On est en phase d’investissement et pour quelques saisons encore.Nous n’avions pas prévu d'avoir la possibilité de  nous qualifier pour la Ligue des Champions dès cette première saison. On va tout faire pour garder nos joueurs et Rudi Garcia qui entraînera l’OM la saison prochaine. Thauvin et Payet seront là, évidemment. Et on va essayer de renforcer l’équipe. On a déjà dépensé 118 millions d’euros. On verra si on dépassera 200 millions. On a démontré qu’on pouvait aller loin. "

L'avantage, selon lui, de se trouver dans la position dans laquelle se trouve l'OM, c'est qu'il n'y a pas de pression. Marseille n'avait pas prévu d'aller aussi loin en Coupe d'Europe, ni forcément aussi haut en championnat, et ses orientations budgétaires  avaient été évaluées en ne tenant pas en compte d'une qualification pour la Ligue des Champions, ni de la manne qui l'accompagne. Ce qui sans doute va libérer l'esprit des joueurs jeudi à l'heure de rentrer sur la pelouse lyonnaise. Mais bien évidemment, s'ils venaient à l'emporter, les Phocéens savoureraient et cette victoire, et ce trophée... et la qualification automatique pour la C1.  Ce qui serait un plus pour consolider l'équipe. "Une ligue des champions c’est 50 ou 60 millions d’euros", précise Jacques-Henri Eyraud.  

Confiant sur le projet

Quant à l'intervention possible de la Chambre d'instruction de l'Instance de contrôle financier des clubs de l'UEFA (ICFC), concernant le fair-play financier, il se veut tout aussi confiant. "On va tirer un bilan et on prendra les meilleures décisions. Je suis ravi d’entendre qu'une grande partie de nos joueurs se plaisent à Marseille. On a avec l’ICFC des discussions très professionnelles, très rigoureuses. On va leur a expliquer qu’il y a eu un changement de contrôle, un changement d’actionnaire. Leur expliquer qu’on a pris le club dans une situation difficile et qu’il fallait investir, qu'on allait enregistrer des pertes importantes pendant deux ans. Il faut qu’on atteigne la pérennité financière, mais ça nécessite un certain temps », a-t-il ainsi avoué.

Jacques-Henri Eyraud, enfin, estime que le développement du club passera inévitablement sur  sa liberté de gestion du stade Vélodrome, comme l'ont fait tous les grands clubs européens. Ce qui n'est pas pour l'instant à l'ordre du jour, même si les discussions sont ouvertes. "La mairie de Marseille expliqué que le Vélodrome fait partie des bijoux de famille de la ville et qu’il n’était pas à vendre. Dont acte. Il faut qu’on en soit le gestionnaire. C’est stratégique pour nous. On verra dans quelques années pour le racheter. On peut réaliser nos objectifs sans être propriétaire, on discute depuis plusieurs mois, ils connaissent nos ambitions, on laisse se terminer la saison et on s’attellera ensuite à ça".

Pour le président marseillais, qui réaffirme êtte confiance sur le projet, on le voit, au-delà même du rendez-vous très important de jeudi, et des objectifs sportifs, il reste encore beaucoup de pain sur la planche pour ramener l'OM parmi les grands d'Europe. 

Christian Grégoire