Lille Moussa Sow Balmont joie 2011
La joie du buteur lillois Moussa Söw, avec Florent Balmont | AFP - Philippe Huguen

Paris s'éveille, Lille éteint l'OM

Publié le , modifié le

Le PSG a enfin franchi un cap et tenu toutes ses promesses en allant s'imposer (3-1) à Toulouse, jusqu'alors invaincu, lors de la 4e journée de Ligue 1. Les Parisiens se repositionnent à la 3e place, à la hauteur du TFC, mais aussi de Rennes, vainqueur de Caen (3-2), et de Sochaux qui a battu St-Etienne (2-1). Dans le choc entre les deux premiers de la saison passée, après avoir été mené (2-1), Lille (doublé de Sow) a battu (3-2) Marseille, toujours sans victoire.

Sow se réveille

Meilleur buteur du précédent championnat, Moussa Sow n'avait toujours pas marqué le moindre but avant cette 4e journée. Aucune inquiétude pour lui puisqu'il avait observé à peu près le même rythme en début de saison dernière. Et il a choisi le bon moment pour sortir de sa boite, lors de la venue de l'OM, dauphin des Lillois la saison dernière. Sur un centre de Beria, l'attaquant du LOSC se jetait et devançait la sortie de Mandanda pour ouvrir le score à la 15e minute. Un but marqué un peu contre le cours du jeu tant les Marseillais s'étaient montrés beaucoup plus productifs offensivement. Menés (1-0), les Olympiens ont ensuite accusé le coup, à l'image d'un Fanni perdant le ballon dans ses 20m au profit de Hazard, et le centre de Balmont trouvait Payet au second poteau, qui remettait instantanément au centre pour Söw, trop court devant le but (32e). Après la pause, le scénario était identique, avec des Olympiens dominateurs, et un LOSC un peu apathique. Sur un centre-tir d'Ayew, c'est le poteau qui sauvait Landreau avant que Debuchy dégage sur sa ligne (48e). Puis Rémy enlevait trop son tir (52e). Finalement, la délivrance marseillaise arrivait avec cette frappe des 30m de Valbuena, déviée par Souaré ce qui prenait le gardien lillois à contre-pied pour l'égalisation (57e, 1-1). Trois minutes après, une faute de Balmont sur Ayew à l'entrée de la surface de réparation aboutissait à un coup franc, malgré les protestations des Marseillais qui voyaient là un penalty (60e). Mais la sanction était presque identique. Cheyrou envoyait un missile à ras de terre, repoussé par Landreau et insuffisamment dégagé par la défense. Valbuena, à l'entrée de la surface, reprenait en force, et le gardien, en déséquilibre, ne pouvait pas repousser le ballon, qui finissait au fond du but (63e, 1-2). Piqué au vif, le champion de France se mettait enfin à appuyer ses actions, et cela changeait la physionomie de la rencontre. Mandanda écartait une première action de Payet (65e), mais sur le corner suivant, l'ancien Stéphanois délivrait une offrande en retrait à Chedjou qui trompait le gardien de but international (66e, 2-2). Le rythme s'élevait, et sur un contre, Hazard, lancé sur le côté gauche, était taclé illicitement par Fanni pour un penalty, transformé par Sow (74e, 3-2). La fin de match était à l'avantage des Nordistes, bien plus à l'aise, productifs et maîtres du jeu et du ballon. Ce deuxième succès de la saison du LOSC propulse l'équipe au même niveau que Paris, Toulouse, Rennes, Sochaux, Saint-Etienne et Lorient, et maintient l'OM en fin de classement, avec toujours aucune victoire au compteur.

Pastore brille au Stadium

Avec deux passes décisives à son actif, Javier Pastore a sans doute rassuré le clan parisien sur son potentiel réel et sur le fait qu'enfin il s'était fondu dans le collectif. Car c'est avant tout ce qui ressort de ce succès du PSG à Toulouse, le fait que les hommes de Kombouare ont véritablement joué en équipe. Certes, ce ne fut pas très facile face à des Toulousains invaincus et en pleine confiance, qui ont attaqué la rencontre tambour battant. Cette pression a d'ailleurs payé payé puisque le TFC a ouvert le score sur un corner repris de la tête par Capoue peu avant la pause. Mais les Violets ont laissé toutes leurs forces pour aller chercher cet avantage et n'ont joué qu'une mi-temps. La deuxième fut à l'avantage du PSG dont la mécanique s'est mise en route petit à petit. Les joueurs se sont trouvés et Pastore y est allé de sa patte: une ouverture en profondeur pour Gameiro qui pique son ballon pour tromper Ahamada et égaliser (56e), et en fin de match, complétement seul sur la droite, l'Argentin fixe la défense et sert Erding qui crucifie le portier toulousain (2-1, 90e). Et le PSG se fera un point d'honneur à continuer d'attaquer. Une superbe transversale de Pastore relayée côté" droite par Erding qui sert Menez dans l'axe. L'ancien joueur de la Roma se chargeant donc de corser l'addition. Les Parisiens peuvent se satisfaire de ce match. Ils ont offert deux visages contrastés aux spectateurs du Stadium, avec une première mi-temps apathique et une seconde plus fringante. Un match peut-être fondateur même s'il n'a pas été totalement abouti, puisqu'ils ont souffert en première période avant de trouver leur vitesse de croisière pour s'imposer en fin de match. Un scénario plutôt encourageant pour la suite. Alors que le TFC a baissé de pied physiquement et a fini par céder manquant l'occasion  de remonter sur le trône de leader (où il était au soir de la 2e journée).

Rennes offensif, Sochaux réaliste

le Stade Rennais a de nouveau fait parler la poudre en s'imposant devant Caen 3 à 2. Incroyable Rennais qui avaient pris 4 à 0 à Montpellier le week-end dernier en L1, puis qui avaient écrasé l'Etoile Rouge de Belgrade 4 à 0 mercredi en Europa League avant de frapper à nouveau ce dimanche. Soit 7 buts inscrits sur les deux derniers matches, toutes compétitions confondues. Mais les hommes d'Antonetti ont bien failli se faire piéger. Menant 3-0 à la pause, après des réalisations de Boukari, Kemo Etoto et Mangane, ils sont ensuite tombés dans un faux rythme entretenu par des Caennais qui ont eu le mérite de ne jamais abdiquer et sont revenus tout près.sans parvenir à renverser la tendance. Rennes pliait, s'exposait et manquait des occasions de contre, mais tenait bon et signait au bout du suspense sa première victoire de la saison à domicile.De quoi se rassurer après sa bonne semaine, alors que les Normands pourront toujours se satisfaire de leur état d'esprit. 

Sochaux, de son côté, a battu Saint-Etienne 2 à 1 au terme d'un match bizarre. Même si la domination fut sochalienne, les Verts auraient pu ramener beaucoup mieux de leur déplacement dans le Doubs. Car les Sochaliens se sont montrés extrêmement fébriles en défense, notamment sur les coups de pied arrêtés, et si les Stéphanois avaient su se montrer plus percutants, s'ils avaient eu un vrai buteur, ils pouvaient en profiter pour faire plier cette défense friable. Mais avec l'absence de Malbranque, en proie à des problèmes personnels, et la sortie prématurée de Sinama-Pongolle victime d'un claquage, les Verts n'avaient plus que peu d'arguments dans la conduite du jeu et dans la finition. Comme ils se sont en outre fait surprendre dès le début de la rencontre par un tir de loin de Boudebouz et ont dû courir après le score, cela ne fut pas de tout repos. Pourtant,es Stéphanois sont revenus à la 35e minute par Aubameyang, bien servi par Lemoin, auteur d'une belle frappe tendue en demi-volée qui surprenait Richert. Mais la satisfaction des hommes de Galtier était de courte durée. L'arbitre M.Varela sifflant un pénalty pour les Lionceaux, pour une faute de Lemoine sur Corchia, qui permet à Boudebouz de doubler la mise. Ensuite,  les occasions se multipliaient au cours d'une seconde période très rythmée. Anin et Martin pour Sochaux, Saadi et Aubameyang pour Saint-Étienne, étaient proches de faire la différence. Réduits à dix après le carton rouge de Paulao (66), les Verts, au potentiel athlétique supérieur, ne refusaient pas le jeu.  Mais malgré une fin de match décousue, au cours de laquelle Nogueira touchait un poteau (89), les Sochaliens préservaient leurs trois points. Saadi pensait bien arracher l'égalisation, mais le ballon avait rebondi sur la main de l'attaquant stéphanois dont le but n'était pas validé.Face à des Verts pas dans un bon jour, les Sochaliens réalistes sont parvenus  à gérer tant bien que mal.

Réactions

Mehmed Bazdarevic (entraîneur du FC Sochaux): "Je pense que c'était un très grand match dans l'engagement et la combativité. On a mis beaucoup de coeur. Au niveau du jeu, c'était pas mal du tout, même s'il y a eu des périodes durant lesquelles on a souffert. Il y a beaucoup de joie, surtout après notre élimination en Europa League jeudi (contre le Metalist Kharkov, 0-4). C'était une obligation de réagir et de montrer que cette équipe a des qualités pour voyager dans ce championnat. S'il n'y a pas cet investissement, c'est difficile d'avoir du jeu. Ce soir, il y avait un peu tout. C'est peut-être le meilleur match de Sochaux depuis mon arrivée, mais j'espère qu'il y en aura d'autres encore. J'espère aussi qu'on va récupérer quelques joueurs blessés pour avoir d'autres choix. Maintenant, il faut savourer cette victoire et récupérer."
Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne): "Le sentiment qui prédomine, c'est la déception. C'était peut-être l'après-midi des faux départs. J'ai vu Usain Bolt faire un faux départ aux championnats du monde et j'ai vu mon équipe faire un faux départ aujourd'hui. En L1, il faut jouer les deux périodes. Et en plus, on s'est payé le luxe de savoir si on était capable de jouer à dix contre onze. En deuxième période, on a été généreux, combatifs, et on a essayé sans avoir de réussite. Sochaux était bien dans le match, même si il ne s'est pas créé énormément d'occasions. Avertir c'est une chose, mais on a payé comptant ce début de match. J'espère que ça ne se renouvellera pas. On est sanctionné par le résultat, une blessure, un carton rouge et deux cartons jaunes qui auront une incidence dans quinze jours."
Franck Dumas (entraîneur de Caen) : "Je suis forcément frustré car on pouvait faire de bonnes choses ce soir. En deuxième période, j'ai dit aux gars de continuer à jouer, peu importe le score, il ne fallait pas avoir peur. C'était un match plaisant, mais c'est effectivement un peu rageant car nous aurions pu égaliser, même si je sais que nous aurions aussi pu en prendre un ou deux de plus. Même si on a été largement mené, nous n'avons pas arrêté de jouer, nous nous sommes battus, alors forcément la défaite est rageante."
Frédéric Antonetti (entraîneur de Rennes) : "C'était un match particulier, très ouvert, car en deuxième période Caen est parti à l'abordage. Après, nous avons encore du travail, car il fallait être plus solides défensivement, et faire preuve d'un peu plus de lucidité sur les phase offensives, car nous avons eu l'occasion d'aggraver la marque. Nous avons aussi souffert physiquement, car nous ne sommes pas habitués à jouer tous les trois jours. Ce que je retiens, c'est que nous avons pour le moment un bilan positif, avec sept points en quatre matches, et une qualification en Coupe d'Europe."
Alain Casanova (entraineur de Toulouse): "On a fait une première mi-temps presque parfaite tant sur le plan physique que tactique. Notre plan de jeu était le bon. Nous avons fait beaucoup d'efforts, nous avons eu des occasions pour éventuellement +breaker+. En deuxième mi-temps j'ai l'impression que nous avons payé cette débauche d'énergie. Paris est revenu dans le match et on leur a donné confiance. Nous avons eu beaucoup de mal à endiguer leurs offensives. Je regrette quand même que le score soit si lourd car avec un peu plus de réussite le match nul aurait été pratiquement logique."
Didier Deschamps (entraîneur de Marseille): "Frustration c'est peu, c'est une énorme déception. On prend un but sur une touche longue pour nous, on prend un but de 80 mètres. C'était un match très agréable à regarder, pour moi beaucoup moins. C'est évidemment un mauvais résultat pour nous. Il faut relever la tête, en passant par le travail. Trois points, ce n'est pas suffisant. Depuis le début de la saison, on est puni dès la moindre erreur."
Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "Il n'a jamais été question de défendre en reculant. On sait qu'il ne faut pas laisser leurs joueurs jouer. Heureusement on a gagné au mental parce que ce n'était pas notre meilleur match de la saison. Ils ont gagné la bataille au milieu. A la mi-temps, je leur ai dit qu'il fallait hausser notre niveau de jeu collectif. Heureusement on a égalisé vite et à partir de là j'ai aimé mon équipe. On a effacé le retournement du Trophée des champions contre l'OM. Les trois (joueurs) qui sont entrés nous ont beaucoup aidés. Il y a eu de bonnes choses. Marseille est en droit de se montrer déçu de ne pas avoir pris un point. Un petit clin d'oeil à Moussa (Sow), il le mérite bien."