Lyon Paris-SG Cissokho Giuly duel 11 2010
Cissokho (Lyon) et Giuly (Paris-SG) se battent pour le ballon | AFP - JEAN-PIERRE CLATOT

Paris rate le coche à Lyon

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Lyon a arraché le match nul in extremis (2-2) contre le PSG ce dimanche soir, Gomis égalisant à la 87e minute. Paris remonte tout de même au 3e rang. En enregistrant une sixième défaite consécutive, à domicile contre Sochaux (3-0), les Caennais se placent de plus en plus dans une situation préoccupante, demeurant en 18e place au terme de cette 15e journée de Ligue 1. La victoire acquise à Auxerre (2-1) permet à Toulouse de se donner un bon bol d'air frais.

Lyon égalise à 10 contre 11

Pour trois minutes, le PSG a manqué de reprendre la place de leader ce dimanche à Gerland. Victimes d'une égalisation sur le fil de Gomis, très entreprenant, les Parisiens peuvent s'en vouloir d'autant qu'ils évoluaient en supériorité numérique à ce moment du match. Dans ce match alerte, les Lyonnais ont attaqué les premiers. Ils dominaient le début de la rencontre et Gomis inquiétait Edel à deux reprises avant que Bastos n'oblige le portier arménien à une belle manchette sur un tir vicieux du pied gauche (15e). Paris réagissait ensuite mais Giuly se faisait contrer in extremis par la défense centrale locale (25e). A la demi-heure de jeu, Gomis remisait de la poitrine pour Bastos qui tentait sa chance des 20 mètres. Le tir puissant de l'extérieur du pied gauche du Brésilien frôlait la barre transversale de la cage parisienne. Juste avant la mi-temps, le match s'emballait. Toulalan sauvait les siens juste devant Camara avant que Gomis, bien lancé par Bastos, ne tire juste à côté du but adverse (44e). Dans cette première période assez intense, il n'avait manqué que les buts (0-0).

Dès l'entame de la seconde période, les Gones –sans Toulalan qui s'est ressenti de sa blessure contractée contre Schalke (l'ancien Nantais était remplacé par Jean II Makoun)- étaient très près d'encaisser un but, le centre travaillé de Nene passant juste devant Hoarau. Cinq minutes plus tard, un boulet de canon de Bastos passait juste à côté du poteau gauche du but d'Edel qui semblait battu (52e). Lyon ouvrait d'ailleurs le score deux minutes après: Lisandro se débarassait du marquage adverse, donnait à Kallström qui feintait le tir pour transmettre à Cissokho sur le côté gauche de la surface. Le latéral lyonnais tentait sa chance du gauche et profitait d'une faute d'Edel (qui ne bouchait pas l'angle) pour envoyer le cuir au fond des filets (1-0, 54e). Dans la foulée, Lisandro mettait le feu à la défense parisienne et Lyon manquait de doubler la mise. Le PSG réagissait mais Giuly se trouvait hors-jeu et il n'avait pas marqué de toutes façons (59e). Le match venait de vraiment s'animer en un quart d'heure. Moins de dix minutes après l'ouverture du score, le PSG égalisait: Bien lancé par Makelele, Hoarau partait à la limite du hors-jeu: l'ancien Havrais rentrait dans la surface rhodanienne, effaçait Lovren et adressait un centre tendu du gauche pour Nene qui marquait de la tête en se jetant, son 8e but de la saison (1-1, 63e).

Malheureusement pour Paris, Tiéné, blessé, cédait sa place à Ceara quelques instants plus tard. Le tournant du match survenait à neuf minutes du terme. Nene s'échappait dans l'axe et Cissokho le déséquilibrait: l'arbitre donnait un carton rouge au défenseur de l'OL et offrait un penalty à Hoarau qui le transformait (1-2, 83e). La Messe semblait dite mais Lyon parvenait à égaliser sur une grosse bourde d'Apoula Edel, décidément peu en veine ce dimanche soir: le gardien parisien se loupait sur son dégagement qui arrivait directement sur Gomis à 25 mètres du but. L'international tricolore fonçait et ajustait Edel d'un beau tir du gauche (2-2, 87e). Le Paris-SG poussait en toute fin de match mais –malgré un tir à côté de Sessegnon à bout portant et une frappe de Gomis touchant le petit filet- le score n'évoluait plus. Le match nul était finalement assez logique même si les deux équipes, qui auraient pu l'emporter, peuvent nourrir des regrets.

Caen coule, le TFC se relance

Auxerre a longtemps été réputé pour sa science. Contre Toulouse, à l'Abbé-Deschamps, ils ont reçu une leçon en la matière. Un sprint de Braaten pour déborder sur le côté droit, le Norvégien se recentre et parvient, en angle fermé, à tromper d'une frappe entre les jambes le gardien de but auxerrois dès la 8e minute. Et si Quercia touche le montant droit du but de Valverde en reprenant un centre de Ndinga (18e), c'est le TFC qui double la mise. Un corner renvoyé par la défense visiteuse aboutit dans les pieds de Grichting, qui frappe des 35m. Le ballon est contré, revient dans les pieds de Sissoko qui file comme le vent au nez et à la barbe du défenseur bourguignon, mais sa frappe est repoussée par Sorin, le ballon allant dans les pieds de Santander qui marque dans le but vide (35e). L'espoir revient dans le camp auxerrois lorsque Sammaritano déborde sur le coté gauche et centre pour Traoré qui réduisait l'écart (56e). Mais malgré une forte pression en fin de match, l'AJA ne parvenait pas à égaliser, et Toulouse mettait ainsi fin à une série de trois défaites consécutives.

A Caen, en revanche, la série noire continue. La réception de Sochaux n'a pas permis aux hommes de Franck Dumas de relancer la machine, en encaissant un sévère (3-0) qui rime avec un sixième revers consécutif. Les Normands ont pourtant tenu durant presque une mi-temps, ne craquant que sur un corner tiré par Martin pour la tête décroisée au premier poteau de Perquis qui trompait Thébaux à bout portant (41e). Et pour enfoncer un peu plus une équipe en plein doute, rien de mieux que de doubler la mise juste après la pause, et c'est Ideye qui s'en chargeait en reprenant un nouveau coup de pied arrêté de Martin (50e). Signe de la malchance de l'équipe locale: El-Arabi ratait l'immanquable aux 6m à l'heure de jeu, passant à côté de l'occasion de réduire l'écart et de relancer les siens. Pour corser l'addition, Maurice-Belay s'enfonçait en plein dans l'axe et envoyait une frappe du gauche croisée qui se logeait dans le petit filet opposé de Caen (63e). Ce septième revers de la saison des Caennais leur complique sérieusement la tache dans l'optique du maintien.

Réactions

Francis Gillot (entraîneur de Sochaux): "On a de la chance de mener à la mi-temps. Le contenu n'était pas extraordinaire jusqu'alors, j'attendais mieux après le match de Lorient. Mais en 2e mi-temps on a vite marqué, c'était beaucoup mieux et ensuite on a géré tout ça avec quelques contres. Mais on aurait pu faire la différence un peu plus. Caen n'a pas été chanceux. ça fait deux matches qu'on ne prend pas de but et nous on remarque, ça devient intéressant. Caen nous a posé des problèmes en première. Ce n'était pas si facile que ça. C'est une bonne chose de ne pas avoir pris de but. On n'a jamais cédé malgré des situations chaudes. On a un peu plus de maturité que la saison dernière".

Franck Dumas (entraîneur de Caen): "Catastrophique. Deux coups de pied arrêtés deux buts, c'est anormal. C'est très difficile à accepter. Ce qui me dérange, c'est qu'on est toujours dans la réaction. J'ai une équipe qui doute énormément en ce moment. Il faut mettre beaucoup plus de tripes et de courage sur le terrain pour s'en sortir. Je ne sais même pas s'il y a un mal: la qualité à l'entraînement est là. C'est l'investissement. Il y a beaucoup de peur, les joueurs se regardent dans les yeux mais il n'y en a pas un qui gueule plus haut que l'autre. Il manque plusieurs aboyeurs. Ce sont des bons mecs, mais pas pour la Ligue 1. A mon époque on avait affaire à des mecs. J'ai connu des moments difficiles dans certains clubs mais ce qui nous a souvent sauvés, c'est le courage et la volonté et si on oublie d'avoir ça, ça va être très difficile. Ce matin, j'avais même fait un briefing sur les performances et les manques individuels et ce soir il n'y a rien. La solution est dans le comportement et la volonté. Je vais tout changer. Je suis en train tranquillement de monter en énervement donc cette semaine va être sympathique."

Claude Puel (entraîneur de Lyon): "Il y avait de  la déception dans le vestiaire car je considère que nous avons livré un gros  match. Il y a eu une belle performance de chacune des deux équipes avec  notamment la récupération du ballon et les attaques rapides de la part du PSG.  Pour notre part, nous avons fait un match plein après une rencontre européenne  mercredi. C'est bien d'avoir égalisé en infériorité numérique. Cela démontre le  caractère de mes joueurs. Nous prenons un premier but un peu bête. Il y a eu un  manque de concentration dans l'alignement. Je n'ai rien à reprocher aux joueurs.  Cela aurait été injuste de perdre. C'était un match de haut niveau qui devait se  jouer sur des détails. Nous aurions pu avoir la possibilité de doubler la  marque. Quelques occasions n'ont pas été concrétisées de justesse. C'est dommage  de ne pas avoir fait le break dans nos temps forts."

Antoine Kombouaré (entraîneur du PSG): "Il paraît  que nous avions le match gagné à trois minutes de la fin... C'est vrai que le  premier sentiment est énormément de frustration car nous avions le match en  mains et que nous avions les trois points dans la poche. Edel nous fait une  bévue qui nous coûte la victoire. Je suis super fier de ce qu'ont montré les  joueurs qui ont affiché beaucoup de caractère et de ressources pour revenir au  score puis pour mener. A 2-2, Stéphane Sessegnon a encore une super occasion  pour prendre l'avantage. On est costaud et on ne se désunit pas. C'est  encourageant pour l'avenir."