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Les Parisiens Nenê et Hoarau | AFP - JEAN-PIERRE CLATOT

Paris ne se cache plus

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Si le PSG n'a fait qu'effleurer la tête de la Ligue 1, il n'effleure à personne que l'équipe d'Antoine Kombouaré jouera les premiers rôles jusqu'au bout. Sur la pelouse de Gerland, Paris a affiché une maîtrise technique et des vertus morales que seul Edel est venu perturber d'une mauvaise relance. Deuxième à un point du duo Marseille - Lille, le club de la capitale est plus jamais candidat au titre.

Un équilibre trouvé

Fini les questions sur la complémentarité entre Hoarau et Erding ou le cas Sessegnon. Trois mois après une fin d'été désespérante (1 victoire en quatre journées), Antoine Kombouaré a réussi à convaincre le public, les observateurs et les derniers sceptiques. En se fixant sur un 4-4-2 offensif qui permet à chacun de s'exprimer, les nuages se sont vite dissipés au dessus du Parc des Princes. Depuis début septembre, le PSG n'a perdu qu'une seule fois (contre Auxerre 2-3 le 24 octobre) et confirme à chaque journée sa solidité. Devant deux râtisseurs (Makelele, Chantome ou Bodmer) évoluent un quatuor qui pèse sur les défenses. Grâce à Nenê - Erding (ou Luyindula) - Hoarau - Giuly, Paris joue haut et se projette très vite devant. La tour de contrôle Hoarau y est un point d'ancrage essentiel et ouvre des espaces pour ses coéquipiers. La victime collatérale de ce système est le Béninois Sessegnon, relégué sur le banc, et rarement transcendant quand il foule la pelouse.

Une ombre en défense

Si on ventait le potentiel offensif parisien dès le mercato, des doutes subsistaient sur sa défense. Un défenseur central était même recherché jusque dans les ultimes minutes du marché estival. Sans le sou, Paris allait devoir faire avec, ou plutôt sans. Après plusieurs match à taton, des choix fiables s'imposaient d'urgence. En alignant l'ancien valenciennois Tiéné dans le couloir gauche et en repositionnant Armand dans l'axe, Kombouaré trouvait un début de réponse à des défaillances chroniques. A Lyon, Armand fût l'un des meilleurs éléments du PSG, à la fois rassurant et tranchant. Sur les côtés, Jallet et Tiéné tiennent la route et savent apporter le surnombre en attaque. S'il reste encore du travail dans les automatismes, le principal défaut se situe juste derrière, dans les buts. Coupable sur les deux buts lyonnais dimanche, Apoula Edel n'a pas encore prouvé qu'il avait le niveau dans ce type d'équipe. Les appels du pied du Niçois Ospina et les rumeurs persistantes de Ruffier ou Douchez ne jouent pas en faveur de l'Arméno-camerounais dont le contrat expire en juin prochain. Un cas à régler rapidement dans un sens ou dans l'autre. Pour Kombouaré, la balle est dans le camp d'Edel : "A la fin du match, j'ai dit à Edel de relever la tête et de retenir cette erreur. C'est un compétiteur. A lui de montrer qu'il a oublié cette faute sur les matches qui viennent."

Le dernier cap à franchir

Paris joue bien et engrange des points. Mais c'est toujours au moment de gravir la dernière marche que le PSG coince. Ce fût le cas contre Auxerre fin octobre et dimanche à Lyon. Un nul 2-2 à l'OL reste un bon résultat mais la victoire offrait deux points de plus et le fauteuil de leader. Ce petit pas est le plus dur pour un club qui sort de plusieurs saisons chaotiques. "Il faut franchir un palier, confirme l'attaquant international Guillaume Hoarau. Nous titillons la première place, nous la touchons mais nous ne parvenons pas à nous y installer." Kombouaré n'en fait pas un plat et espère être premier à la dernière journée. Jusqu'ici, il retient les progrès de son équipe et son état d'esprit. "J'ai beaucoup de fierté, avouait-t-il après le nul à Gerland. On est costaud et on ne se désunit pas. C'est encourageant pour l'avenir. Ce soir, il ne manque pas grand-chose pour gagner. Quand on a la mainmise sur un match, il ne faut pas faire de cadeaux. C'est ce qui nous manque et nous avons perdu deux points." Le mot de la fin revient à Sylvain Armand qui ne se prend pas la tête, au contraire. "Ce n'est peut-être pas plus mal de ne pas se positionner en tête trop tôt. On verra à la trêve où nous en serons." La partie de cache-cache n'est donc pas terminée.