Javier Pastore au sol
Javier Pastore (Paris SG) reste au sol | FRED DUFOUR / AFP

Paris ne rigole plus

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Que le 18e s'impose chez le premier n'a rien de choquant, c'est même rafraîchissant pour l'idée qu'on se fait du sport. Mais quand il s'agit d'un couac du PSG, on ressort du carton les spectres d'une crise automnale dont les contours sont dessinés depuis longtemps. Une sorte de tradition. Y a-t-il vraiment le feu à Paris ? Pas qu'on sache. Antoine Kombouaré a même été confirmé par Leonardo en personne. Qu'on se le dise : TOUT VA BIEN.

D'un rapide coup d'œil sur le classement, rien n'a bougé. Paris est toujours leader devant Montpellier. La rouleau-compresseur qatari, euh parisien, continue d'écraser la Ligue 1. Seule la bande à Loulou Nicollix résiste encore et toujours à l'envahisseur. Les irréductibles héraultais font mieux que ça. Vainqueurs de Massilia (Marseille) 1-0, ils sont revenus à hauteur du PSG (30 pts), ne prenant pas la tête pour un but (Paris a une meilleure différence de buts : +14 contre +13). De son côté, le PSG a confirmé son piètre nul à Bordeaux par une défaite à domicile contre Nancy (1-0). Face à un bloc lorrain compact et solidaire, les Parisiens ont manqué d'inspiration et de rythme. Le coup de la panne ? Pas vraiment car cette équipe régale autant qu'elle fatigue. Et quand la courbe du jeu s'inverse, on crie très vite au scandale. Après le match, Kombouaré a logiquement protégé ses joueurs mais n'a pas éludé les difficultés actuelles : "En terme de jeu, oui on ralentit... Ce type de match, on a les a déjà joués par le passé. Nancy a été très solide et a aussi eu un peu de réussite avec des arrêts exceptionnels du gardien. Ca ne voulait pas sourire. Leur but nous a fait très mal. On a osé plus, on a joué plus haut mais on aurait pu jouer 3, 4 heures sans marquer. " Avec 30 pts au compteur quand Lyon ou Marseille n'en compte que 23 et 18, on ne peut pas parler d'échec. Paris reste leader. Mais l'attente autour de cette équipe est si forte que la moindre contre-performance suscite les commentaires et ravive les rumeurs d'un changement d'entraîneur.

Bien avant le coup de sifflet final, Leonardo avait déserté la corbeille. Direction les vestiaires. Entre les briques du Parc, un tête à tête avec les joueurs dont rien ne filtrera. "Leonardo vient tout le temps dans les vestiaires et cela ne regarde que nous ce qui s'y dit", a sèchement répondu Kombouaré en conférence de presse. Si le manager brésilien n'a pas évoqué l'avenir du coach devant le groupe, il a peut-être mis la pression en vue du prochain déplacement à Marseille. Quelques minutes plus tard, "Leo" est apparu détendu et déterminé face à la presse. Mise au point. "Quand on perd un match chez nous, c'est toujours triste. Mais on a aussi fait beaucoup de choses positives, a rappelé le Brésilien. On a parlé beaucoup ces dix derniers jours, mais plus en dehors du club que dedans. Avec l'entraîneur et dans le vestiaire, tout est clair. Le groupe sait ce qui se passe: il ne va rien se passer. Antoine Kombouaré a la pleine confiance du club. En quatre mois, il a fait beaucoup de bonnes choses. Sa situation n'a jamais changé. Il est l'entraîneur. On n'a jamais désespéré. Le projet a commencé le 6 août et on n'en est qu'à la 14e journée." En gros, n'attendez aucune décision avant la trêve. Pour l'instant, Paris est leader, le public soutient Kombouaré et l'OM arrive.

Absent de la course au titre, l'OM en est déjà à sauver sa saison en battant Paris. Mais avant ce nouvel épisode du Clasico, les Phocéens espèrent valider leur billet pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions contre l'Olympiakos. Après il sera temps de penser au PSG. Les Parisiens n'ont eux pas de Ligue Europa cette semaine et vont mettre quelques jours à ruminer leur défaite contre Nancy. "C'est sûr que ce n'est certainement pas la meilleure façon de préparer Marseille, avoue Kombouaré. Il faut repartir de l'avant. On est toujours la meilleure défense." On se rassure comme on peu. A y regarder de plus près, ce match au Vélodrome ressemble à un tournant de la saison car une défaite pourrait plonger le PSG dans une tornade difficilement contrôlable. L'entraîneur parisien y perdrait lui aussi une grande partie de son crédit auprès des qataris. A l'inverse, en s'imposant chez son rival sudiste, Paris repartirait gonflé à bloc au moins jusqu'à Noël. Dimanche, seul le résultat va compter. Personne ne fera le difficile sur la qualité du jeu olympien ou parisien.