Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic (PSG) | MIGUEL MEDINA / AFP

Paris le regrettera

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Un champion impuissant, des outsiders qui enfoncent le clou, un derby de la Garonne narcotique, et des buts. Beaucoup de buts. Tour d'horizon des enseignements de cette deuxième journée de Ligue 1.

Avec une moyenne de 2.55 buts par match (soit 51 en deux journées), la Ligue 1 est d'attaque. Entre ceux qui étonnent (Rivière, déjà auteur de quatre réalisations), et ceux qui confirment (Lacazette, Payet, et Gignac), les avant-centres semblent bien plus en verve que les années précédentes. Comment l'expliquer ? La toute-puissance économique de Paris et Monaco encourage t-elle les équipes à se projeter vers l'avant ? Et si, au lieu de les enfoncer, les nouveaux riches de la Ligue 1 avait libéré ses autres pensionnaires ? Trop tôt pour le dire. Mais ironie du sort, les ultra-favoris de ce championnat de France, les mêmes qui brandissaient l'Hexagoal en mai dernier, siègent à une pauvre 13e place. Dimanche soir, les Franciliens ont encore laissé filer deux précieux points dans la course au titre (PSG - AC Ajaccio, 1-1). Une rencontre, dont on s'époustoufle encore du score nul affiché sur le grand écran du Parc des Princes. Certains pointeront du doigt la stérilité parisienne. D'autres se contenteront d'expliciter le pourquoi du comment en un seul mot : Ochoa. 

Ochoa la main chaude 

En 1970, bien avant ce PSG-Ajaccio, un match de Coupe du Monde oppose l’Angleterre au Brésil. Pelé exécute une tête au ras du poteau, que tout le monde voit déjà au fond des filets. Pelé lui-même crie « Goal ». Mais Banks repousse le ballon d'une manchette au dessus de la transversale au prix d'une remarquable détente. A la fin du match, Pelé rend hommage à Banks en déclarant : « J'ai marqué un but mais Banks l'a arrêté ». Hier soir, Ibra, Cavani et consorts auraient pu affirmer, écoeurés :"Nous avons marqué 17 buts mais Ochoa les a arrêtés". 38 centres, 12 corners, 39 tirs dont 17 cadrés, 81% de possession de balle, les joueurs du Paris Saint-Germain se sont heurtés à un mur, qu'ils n'ont réussi à franchir qu'une seule fois (Cavani, 86e). En dehors du missile de l'attaquant uruguayen, les tentatives franciliennes étaient aussi fructueuses que des coups d'épée dans l'eau. Avec 11 arrêts, Ochoa semblait touché par la grâce. Sans parler des deux tirs qui s'écrasaient sur la barre du rempart mexicain, et les nombreux sauvetages sur la ligne des défenseurs insulaires. En face, Salvatore Sirigu n'a pas eu à se détendre une seule fois. Il a simplement été chercher le ballon au fond de ses filets sur la seule tentative corse, cadrée par Benoît Pedretti (9e). Largement supérieurs mais globalement peu inspirés, le PSG a payé cher le prix d'un jeu qui repose sur des exploits individuels. Zlatan ne contredit pas :"Edinson a fait son travail, pas moi", a t-il déclaré à l'issue de la rencontre. A oublier.

Les troubles fêtes creusent déjà l'écart 

Plus au sud, ça rigole. Contre Evian, les Marseillais se sont imposés sans vraiment forcer. Gignac avait ouvert rapidement le score (18e) au terme d'un joli enchaînement contrôle-crochet-frappe, et Payet enfonçait le clou en deuxième période (67e). En dehors de ces deux coups d'éclats, pas grand chose à signaler. Non loin de là, à Monaco, on a assisté à une résurrection. Celle d'un attaquant formé à Saint-Etienne et longtemps considéré comme un grand espoir de l'équipe de France. Après un séjour toulousain infructueux, Emmanuel Rivière accepte de rejoindre le club princier, alors en Ligue 2. Mais qui aurait cru que l'ancien Stéphanois réussirait à se faire une place auprès des Falcao et consorts ? Contre Montpellier, il plante un triplé. En face, Montano avait répondu à un penalty de Falcao. Presque anecdotique. La nouvelle bonne prestation de Yohann Gourcuff, en revanche, ne l'est pas. Ca faisait un certain temps que le milieu offensif lyonnais n'avait pas enchaîné deux matches de bonne facture. A Sochaux (victoire 3-1), il marque même le troisième but de son équipe sur une jolie passe de Benzia. Avant ça, l'attaquant des Bleus U19 avait d'ailleurs été décisif sur deux autres buts lyonnais : sur la première réalisation de Lacazette, il est à la passe avant d'être à la conclusion d'une action initiée par Grenier. Benzia, 18 ans. Vous avez dit précoce ? 

Ils inquiètent déjà 

Dans la lignée des Marseillais, Lyonnais et Monégasques, Saint-Etienne a confirmé face à Guingamp (1-0). Après leur déroute contre l'OM la semaine dernière (1-3), les Bretons ont certainement pris conscience qu'il sera compliqué de viser autre chose que le maintien. Stérilité toujours, les derbys de la Garonne obéissent bien souvent à un triste tradition; celles de confrontations serrées et pauvres en but. Malheureusement, le match de samedi n'a pas vraiment échappé à la règle. Face à des Bordelais réduits à dix pendant plus d’une heure, le TFC n’est jamais parvenu à trouver la solution et doit concéder un match nul (1-1). La faute à un Cédric Carrasso des grands soirs, qui a repoussé tous les assauts toulousains, notamment sur deux faces à faces à bout pourtant. Penneteau lui, en revanche, n'a pas été aussi héroïque.  Pour son retour sur son île natale, le Valenciennois s'est incliné à face à son ancien club, Bastia (0-2). Réputé pour se montrer tantôt infranchissable, tantôt plus perméable qu'un grain de sable, Penneteau a commis sa première bourde samedi soir : suite à une mésentente avec son défenseur Lala, le ballon profite au neo-Bastiais Gianni Bruno, qui n'a plus qu'à pousser le ballon au fond des filets. Cadeau toujours, Jérémy Pied et Cvitanich ont profité de deux boulettes de la défense rennaise (victoire des aiglons 2-1). Quant à Lorient et Reims, ils ont respectivement pris le dessus sur Nantes, et plus surprenant, sur Lille. Des Nordistes, qui se préparent à perdre Florian Thauvin, que Michel Seydoux envisage de lâcher pour 10 millions d'euros. Selon Canal+; le LOSC se fait à l'idée que Thauvin n'évoluera jamais avec le maillot frappé du Dogue et serait désormais prêt à le céder.. mais pas à l'OM. Ébranlés sur le terrain et en coulisses, les Lillois sont certainement revenus de la Champagne avec une belle gueule de bois.  

Jean Charbon